MOOREA – Blessé durant l’incendie de Maharepa, le président des jeunes sapeurs-pompiers raconte

    vendredi 10 juin 2016

    Victime d’un malaise causé par des gaz toxiques lors de l’incendie de Maharepa, dans la nuit de samedi à dimanche, Louis Teariki, sapeur-pompier professionnel de la brigade de Moorea et président de l’association des jeunes sapeurs-pompiers de Moorea, témoigne, après avoir passé quelques jours en réanimation au centre hospitalier du Taaone.

    “Du fait qu’une partie du personnel de garde était en intervention avec notre véhicule de secours sur le site de Maharepa pour amener à l’hôpital de Afareaitu, la femme, blessée au cours de la bagarre par celui qui a ensuite provoqué l’incendie de la maison, j’étais seul à la caserne. Un second coup de téléphone vers 19 heures nous a alertés qu’un incendie venait de se déclarer dans l’un des fare du quartier. Aussitôt, j’ai répercuté tous les appels vers la caserne de Haapiti pour qu’elle envoie une équipe et leurs camions sur place. Après avoir transféré le “18” (numéro d’appel d’urgence) sur le portable, je suis parti avec le camion de Paopao sur les lieux. Arrivé sur place, j’ai vu que les gendarmes étaient là ; je me suis garé près de la maison en feu, là où je pouvais. Une première maison était déjà bien atteinte par l’incendie, et celui-ci commençait à toucher le fare avoisinant.”

    Le sapeur-pompier professionnel, devant l’étendue de l’incendie, n’hésite pas : “Après avoir établi ma lance, j’ai fait une reconnaissance. Il y avait des enfants, des jeunes autour des maisons en feu. Je les ai fait dégager et j’ai pénétré dans une des maisons, sans mon masque, car je n’avais pas vraiment le temps de m’équiper étant tout seul.

    À la recherche d’un bébé

    À l’intérieur de cette maison j’ai de suite repéré un biberon et j’ai donc cherché pour vérifier s’il n’y avait pas un bébé. J’ai fait toutes les pièces sans rien trouver, la maison n’était pas encore en feu mais cela commençait à prendre. J’ai fait un tour de la seconde maison et on m’a confirmé qu’il n’y avait plus personne. J’ai donc commencé à arroser le bâtiment.
    Le feu avait pris de l’ampleur, les fils électriques aériens commençaient à tomber, j’ai avancé sur la plateforme pour, surtout, protéger une quatrième maison qui se trouvait un peu en arrière-plan. Je suis arrivé à cours de réserve d’eau, les renforts sont arrivés un peu plus tard et la lutte a continué.”

    Louis Teariki explique la cause ses malaises : “ Lorsque je suis rentré dans les maisons au début de ma reconnaissance, il y avait beaucoup de fumée, avec le feu qui s’est très vitre propagé, à cause du vent. J’ai commencé à me sentir mal après l’arrivée des renforts. Le feu était maîtrisé et ne pouvait plus toucher la quatrième maison. À ce moment-là, j’ai été voir mon adjoint et je l’ai prévenu que je n’allais pas bien. Je me suis installé près d’un gendarme, avec des nausées etc..

    Détresse ventilatoire

    Je me suis allongé, on m’a amené à l’hôpital à demi conscient. J’ai été évasané à 2 heures du matin. En fait j’étais en détresse ventilatoire, après avoir inhalé une importante quantité de gaz, (fumée, gaz carbonique et cyanure, du fait de plastique en combustion. À l’hôpital, ils m’ont injecté un antidote contre le cyanure, et fait en sorte que je n’ai plus d’oxyde de carbone dans le corps et je n’ai pas d’œdème pulmonaire. Aujourd’hui ça va !”
    À la suite de cette aventure, Louis Teariki tient à remercier toutes les personnes qui l’ont accompagné “à commencer par le haut-commissariat, l’équipe de la protection civile, mes camarades des brigades de Moorea et tous ceux qui étaient à mes côtés.”

    Évasané dimanche matin, sorti de l’hôpital mercredi, Louis Teariki est en arrêt maladie. Il reprendra son service à la brigade de Paopao où il est basé, le 15 juin.

    De notre correspondant Jeannot Rey

     

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete