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MOOREA – Le Criobe au chevet des poissons-clowns et de leurs fetii

mercredi 24 janvier 2018

Le monde de Némo, le poisson-clown, est étudié à la loupe par les scientifiques du Criobe.

Le monde de Nemo, le poisson-clown, est étudié à la loupe par les scientifiques du Criobe.


Nemo, le petit poisson- clown, dont un dessin animé de Disney a relaté une partie de ses aventures chez les humains, n’a pas fini de faire parler de lui. Toujours au service du développement de son espèce et pour la protection de son environnement, Nemo se met, cette fois-ci, au service des chercheurs. Ceux du Criobe l’étudient, en particulier, par le biais d’un programme scientifique sur l’espèce, en lien avec son environnement.

Les travaux sont menés par Ricardo Beldade. Ce scientifique travaille sur le poisson-clown de Moorea depuis une dizaine d’années, et depuis ces trois dernières années avec son épouse, Suzanne Mills scientifique post-doctorante comme son mari, au Criobe (Centre de recherches insulaires et observatoire de l’environnement), et avec la complicité de quelques étudiants en master pour différentes missions de recherche.

Aujourd’hui, après dix années de suivi sur les poissons-clowns et leur environnement, le monde polynésien de Nemo est devenu le territoire privilégié de nos chercheurs. Ricardo et Suzanne les ont comptabilisés : il y a une population de 700 individus dans le lagon de Moorea, ils savent où les trouver, ils reconnaissent les individus et poursuivent leur démarche scientifique de l’espèce et de leur environnement, et notamment de leur habitat “in situ” ou transposé en laboratoire.

“L’un des travaux de recherche entamé il y a trois ans consiste à connaître le rôle de l’environnement et le rôle parental, sur la qualité des larves suivant des périodes spécifiques, comme par exemple lorsque les lagons de l’île connaissaient un important processus de réchauffement de l’eau, qui entraîne de facto, un épisode de blanchissement des anémones, l’un des sites favoris des poissons-clowns. Les analyses ont été faites, avant, pendant et après cet épisode de blanchissement connu il y a quelques mois. Les chercheurs ont mesuré la fécondité des poissons qui vivent dans les anémones blanchies, et non blanchies. Une chute très significative du nombre d’œufs produits a été observée par certains couples qui vivent dans les anémones touchées par le blanchissement”, explique Ricardo Beldade.

 

Pères, mères et leurs rejetons à l’étude

 

Depuis le début de ces travaux, des rapports ont été publiés sur le poisson-clown de Moorea. Les chercheurs se sont attardés sur les mécanismes qui expliquent la diminution de cette fécondité : hormones associées d’une part au stress (cortisone) et hormones reproductives, (testostérone).

Le constat est sans détour : “le blanchissement des anémones a un impact très fort sur l’organisme qui habite ou vit en association avec ces anémones, tels que les poissons-clowns.”

Au-delà de ces différences de fécondité, les chercheurs s’intéressent aussi aux larves des poissons issues de ces fécondations, pour déterminer leur état de santé, selon qu’elles proviennent de femelles de grande taille ou inversement, de petite taille.

Les chercheurs travaillent sur des différences en nombre, et différences en qualité suivant différents axes : leur capacité de nage, leurs performances, la taille des larves et des nageoires, la coloration des larves et les réserves lipidiques.

“Des tests de parenté sont faits, un génotype de chaque individu est réalisé. Avec ces tests de parenté, on peut par exemple savoir si les larves qui reviennent vivre dans cette île ont été ou non, produites dans cette île. Les larves sont identifiées, de même que les parents.”

En relation avec les étudiants en master actuellement en stage au Criobe, deux projets particuliers sont menés : le premier sur la qualité de l’habitat, d’après la quantité d’anémones dans chaque territoire de poissons-clowns.

“Plus il y a d’anémones plus il y aura de pontes de larve de meilleure qualité que dans un habitat pauvre.”

L’autre projet de master porte sur la partie phénotypique des parents. Les chercheurs s’intéressent aux femelles de grande taille, le principe consiste à échantillonner des œufs de femelles petites et de femelles de plus grande taille pour, après éclosion, analyser les comportements des larves selon leur ligne parentale. 

La famille de Nemo a été choisie comme modèle, car plus simple à travailler. Le poisson-clown est un poisson connu, facile à repérer et que l’on trouve par colonie dans le lagon de Moorea. Aussi, ces recherches ciblées sur cette espèce peuvent être sans problème, étendues à d’autres espèces de poissons lagonaire.

 

De notre correspondant Jeannot Rey

 

 

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