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Moorea – Début de dialogue entre les kitesurfeurs et la mairie

jeudi 10 novembre 2016

kite moorea

Les kiteurs avec le maire de Moorea, Evans Haumani, les représentants de la commune et le représentant de l’État et médiateur Raymond Yeddou, tous satisfaits d’avoir pu enfin échanger sur la problématique du kitesurf. (© Jeannot Rey/LDT)


 

Pour la première fois depuis août 2015, la commune et les responsables de l’association Moorea Kitesurf se sont assis autour d’une table. Une rencontre initiée par l’administrateur des Îles du Vent et des Îles Sous-le-Vent Raymond Yeddou, dans l’optique de calmer le jeu et trouver une solution au problème. Après une heure d’échanges, les deux parties se retrouveront, sur le site, puis dans cette même salle, avec le représentant de l’État, et l’espoir qu’une solution soit trouvée.

 

 

La réunion s’est tenue à la mairie annexe de Teavaro hier, à partir de 11 heures. L’association Moorea Kitesurf était représentée par son président, Vatea Quesnot, entouré de son trésorier, Franck Vettier, et de quelques membres du bureau. Côté commune, le maire Evans Haumani présidait la rencontre, aux côtés d’élus et de techniciens, et pour l’État, Raymond Yeddou, administrateur des Îles du Vent et des Îles Sous-le-Vent, médiateur, et surtout à l’origine de cette rencontre attendue depuis longtemps.

Car enfin, les deux parties opposées ont pu quelque part, “vider leur sac”. L’affaire avait, on s’en souvient, pris de l’ampleur en août 2015, lorsque la commune avait pris un arrêté interdisant la pratique du kitesurf sur trois spots de l’île : Temae, Taahiamanu et Tiahura, pour cause de plaintes de riverains. L’association avait alors porté l’affaire en justice qui délibéra, un an plus tard, en faveur des kiters, obligeant le maire à retirer son arrêté.

Deux mois plus tard, la commune faisait appel de la décision, sans qu’entre-temps, qu’aucune communication n’ait pu être établie entre les deux parties. C’est à la suite d’un courrier du bureau de Moorea Kitesurf envoyé au haut-commissaire que l’État, par l’intermédiaire de son administrateur Raymond Yeddou, a décidé de prendre en main cette affaire pour tenter de trouver une ouverture. Après une bonne heure de débat où chacun a pu s’exprimer, parfois avec tension, mais le plus souvent avec raison, une issue vers un déblocage de la situation semble se profiler. Si hier, aucune décision formelle n’a été prise, un grand pas vers un apaisement a bien été franchi.

D’ici une quinzaine de jours, kiters et responsables communaux se retrouveront sur le terrain pour expliquer in situ (à Tiahura) ce qui peut être fait et ce qui ne peut plus être fait. Début décembre, État, commune et kiters se retrouveront dans cette même salle pour, cette fois-ci, tenter de trouver un compromis qui permettrait à chaque partie de se retrouver dans ses attentes.

Les kiters pour la pratique de leur sport, et la commune, une pratique sécurisée qui ne mettrait plus en danger les autres usagers de cette portion du lagon de Tiahura très fréquentée. Si cette entente est bel et bien formalisée, le maire s’engagera alors à retirer l’appel qui pour l’instant, reste toujours en l’état.

De notre correspondant Jeannot Rey

 

 

Vatea Quesnot, président de l’association Moorea Kitesurf : “Nous sommes très heureux d’avoir pu discuter avec tavana”

Vatea Quesnot

(© Jeannot Rey/LDT)

“Nous sommes tombés d’accord sur la mise en place d’une équipe de travail. Nous allons nous réunir dans une dizaine de jours, sur site, (Tiahura), pour déterminer les zones à mettre en place ; puis nous allons nous retrouver avec le chef de la subdivision, Raymond Yeddou, début décembre pour faire un point sur ce qui aura été fait, avec espoir de mettre un point final à cette polémique qui n’a vraiment pas lieu d’être. Nous allons démarrer par le site de Tiahura puisque c’est celui-là qui fait polémique. Nous sommes en phase avec la commune, nos deux parties souhaitent régler ce problème, ce qui ne peut se faire que par la discussion, et mettre en place quelque chose qui soit positif pour l’ensemble des participants.
La commune a apporté ses arguments. C’est effectivement une zone très fréquentée de Moorea. Effectivement il y a une préoccupation du maire sur la sécurité du site, ce qui est tout à fait légitime. Nous le comprenons, nous, en tant que pratiquants, nous avons des devoirs, nous devons respecter les autres qui sont dans la zone, nous en sommes tout à fait conscients. S’il y a des points positifs à tirer de cet arrêté du maire, c’est celui d’avoir fait prendre conscience à la majorité des pratiquants, qu’il ne faut plus faire n’importe quoi. Cette réglementation, on l’espère, va clore ce sujet. Un projet est là, ce sera le document de base sur lequel nous pourrons tous travailler, ensemble. C’est par la discussion que cela se fera et nous sommes très, très heureux d’avoir eu cette réunion, d’avoir pu discuter avec tavana qui a accepté de travailler avec nous. Nous souhaitons aussi remercier spécifiquement Raymond Yeddou, pour sa position de médiateur.”

 

 

Raymond Yeddou, administrateur des IDV et des ISLV : “C’est la voie du dialogue et de la sagesse qui a prévalu”

Raymond Yeddou

(© Jeannot Rey/LDT)

“C’est un dossier qui fait l’objet de beaucoup de passion depuis maintenant plusieurs mois à tel point qu’un conflit est né et a cristallisé les positions entre la commune et les pratiquants de kitesurf. Le maire, légitimement, est soucieux de pouvoir utiliser ses pouvoirs de police et faire respecter la sécurité sur le lagon. Les sportifs, de leur côté, veulent pouvoir pratiquer librement leur sport. Je leur ai rappelé pour ma part que si la mer est un espace de liberté, c’est aussi un espace de responsabilité. Nous avons donc à trouver un consensus pour arrêter une réglementation qui permette de trouver un terrain d’entente. Cette réunion s’est passée dans un excellent état d’esprit avec une volonté d’aboutir. C’est la voie du dialogue et de la sagesse qui a prévalu. Il y a eu des tensions dans ce dossier, mais j’ai noté ce matin, la volonté des uns et des autres de les mettre de côté et de regarder l’avenir. Ce que l’État a proposé, c’est un accord de méthode qui va consister dans les jours qui viennent, à travailler ensemble, à définir une réglementation qui tienne compte à la fois de la possibilité de pratiquer du kitesurf, mais également au maire de bien mettre en œuvre les pouvoirs de police dont il est garant. Le maire, à juste titre, est soucieux de la sécurité. Je reste confiant dans la volonté des uns et des autres de travailler intelligemment, de manière dépassionnée sur ce sujet. Une évaluation sera faite sous un mois, je reviendrai ici faire un point et nous continuerons à utiliser ce dialogue local. Sinon, c’est le juge qui dira le droit, donc au bénéfice d’une partie et au détriment d’une autre. Le maire a formé un appel puisque l’arrêté d’interdiction qu’il avait pris en 2015, a été annulé en première instance, mais nous avons décidé, lors de cette réunion, que si un accord local était trouvé, le maire se désisterait de cet appel, et c’est bien l’accord local entre les deux parties qui prévaudra. Nous n’allons pas perdre de temps, la première réunion sur le terrain aura lieu dans 15 jours, la restitution sous un mois.”

 

 

Evans Haumani, maire de Moorea : “Nous avons pu, les uns les autres, nous exprimer et expliquer nos points de vue”

Evans Haumani

(© Jeannot Rey/LDT)

“Durant cette rencontre, nous avons pu, les uns et les autres, nous exprimer, et expliquer nos points de vue. J’ai écouté les explications des kiters, ils m’ont écouté lorsque j’ai parlé de la pression qui s’exerce sur la commune, d’une part, provenant des plaintes des riverains, et de tous les usagers de cette portion du lagon de Tiahura.
Je suis personnellement un sportif, je n’ai rien contre la pratique du kitesurf. Nous avons tous pu nous exprimer, je pense que nous nous sommes compris, maintenant nous avons décidé de nous retrouver sur le terrain.
Nous allons voir ensemble ce qui pourrait être fait, nous ferons un nouveau point avec tavana hau dans un mois. D’ici là, nous aurons avancé. Je pense que nous prenons, ensemble, la bonne direction pour trouver un terrain d’entente.”

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