Moorea – Disparition accidentelle de Johnny Arapari

    mercredi 3 février 2016

     Johnny Arapari est décédé lundi après-midi, probablement électrocuté alors qu’il réparait sa pirogue.  L’homme résidant à Afareaitu, était connu pour ses réalisations artistiques en tout genre.  Le corps du défunt a été envoyé hier à l’hôpital de Taaone pour un examen approfondi.
    Johnny Arapari se présentait comme un homme du Monde. Ce qui ne mettait pas pour autant un voile sur son attachement à sa culture polynésienne. Homme d’esprit et au grand cœur, Johnny n’était pas le type de personne calé dans le créneau « métro, boulot, dodo ». Johnny était un lève-tôt, et il observait la nature lorsqu’il mettait les pieds dehors pour comprendre ce que cette journée allait lui donner en énergie et en inspiration. Âgé de 59 ans, l’homme résidait à Afareaitu, commune de ses ancêtres. Issu d’une grande famille, il était le troisième enfant d’une fratrie qui rassemblait quatre garçons et une fille. Son père, connu pour ses excellents matches de tennis, l’avait incité à jouer de la raquette, ce qu’il fit durant sa jeunesse. Mais très vite Johnny s’est écarté du chemin traditionnel de la réussite sociale pour se consacrer davantage à la passion et en particulier au monde artistique. Johnny s’est impliqué, avec un groupe de copains et copines, pour monter l’association « Te pu arioi »   qui a été l’instigatrice du renouveau culturel à la fin des années 70 et au début des années 80, avec comme chef de file spirituel, Henri Hiro… Une association qui a fait monter Johnny sur les planches de la Maison de la culture pour la pièce Ariipaea Vahine, aux côtés d’autres amis tels que Harris Aunoa, Do Carlson, Dominique Arnaud pour ne citer qu’eux.. Johnny était aussi un homme de la terre, passionné par l’architecture traditionnelle. Il a été à l’origine de la création de certaines voûtes montées avec des branches aux courbes naturellement travaillées. Mais c’est quand même la mer qui occupera la plupart de son temps et en particulier ses va’a, à rame ou naviguant à la voile. C’est en travaillant sur l’une d’elles, celle qu’il a construite il y a une dizaine d’années, que sa vie s’arrêtera. Lundi, vers 15 heures, il décide d’y apporter quelques modifications au niveau du balancier. Avec une perceuse, il fait des trous sur les bras de son balancier, la perceuse est reliée à la terre par une rallonge, elle-même suspendue à la branche d’un « purau », lui, les pieds dans l’eau, il travaille sur la pièce de bois… Que s’est-il passé ?  Ce qui est sûr, c’est que Johnny a été aperçu, probablement un quart d’heure après l’accident, par un piroguier, inerte, allongé, le visage hors de l’eau. Les secours ont été contactés rapidement, ces derniers ont tenté de le ranimer, mais il était trop tard. Johnny Arapari avait rendu son dernier souffle.
    Son corps a été transféré le lendemain (hier) au CHT du Taaone pour un examen approfondi étant donné que l’accident s’est produit sur le domaine maritime public. Hier, la date du retour du corps n’était pas encore connue, ni les détails de la veillée ni de son inhumation.
    Johnny avait eu avec son épouse Moea, deux enfants. À sa famille, à ses proches, La Dépêche de Tahiti présente ses sincères condoléances.

    De notre correspondant Jeannot Rey

     

    Erick Monod 2016-02-03 18:42:00
    La pirogue sur laquelle travaillait Johnny a été taillée à Raivavae dans un tronc de manguier et les 7 morceaux assemblés et cousus avec du nape . L'étanchéité des " coutures " avait été réalisée avec de la résine de Uru et de la cire d'abeilles .
    C'est la technique de construction la plus traditionnelle dans le Pacifique et on ne la trouve aujourd'hui qu' à Raivavae et Puka Puka aus îles Cook .
    La partie plate a l'avant permet de se tenir debout et de harponner les tortues dans les eaux peu profondes du lagon .
    Cette pirogue dont j'étais le propriétaire , je l'avais confiée d' abord a Pambrun qui l'avait superbement voilée et circulait de jour comme de nuit entre Tahiti et Moorea .
    Puis Johnny en a hérité et il lui arrivait aussi de venir à la voile faire son marché à Tahiti depuis Moorea .
    Notre ami est mort alors qu'il travaillait sur ce qu'il aimait le plus - notre pirogue - qui est depuis plus de 2000 ans , une des plus belles réalisations de la civilisation polynésienne .
        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete