Moorea – Evans Haumani : “Il n’a jamais été question pour moi de quitter mon parti”

samedi 13 juin 2015

Jeudi, le groupe Tahoeraa a déposé un amendement demandant à inscrire les crédits nécessaires aux études et à la construction du lycée de Moorea. Un amendement rejeté par le gouvernement et la majorité des élus, alors que la ministre de l’Éducation, Nicole Sanquer-Fareata, proposait de discuter du sujet en fin d’année.
Une grande déception pour Evans Haumani, maire de Moorea, pour qui le projet faisait partie des priorités, avec la mise en place du transport public sur l’île. Sanction, ou problème technique ? La Dépêche a rencontré hier le maire de Moorea à son retour de la session administrative, afin de faire le point avec lui, sur sa position vis-à-vis du gouvernement et l’état des projets lancés au début de sa mandature.

M. le maire, beaucoup de bruit courent aujourd’hui sur votre éventuel rapprochement vers l’actuel gouvernement, quelle est exactement votre situation par rapport au Tahoeraa Huiraatira ?
« J’ai toujours été Tahoeraa Huiraatira. J’ai été élu sous l’étiquette du Tahoeraa Huiraatira, je le suis encore et je le resterai. Pour moi, il n’y a aucune ambiguïté, les gens racontent n’importe quoi, il n’a jamais été question pour moi de quitter mon parti. »

Avez-vous déjà été approché pour quitter votre groupe et rejoindre celui mené par Édouard Fritch ?
« Bien sûr que j’ai été approché. Vous savez, en tant que maire de la commune associée de Moorea-Maiao, je suis quelqu’un qui intéresse beaucoup de monde. Cette commune regroupe plus de 17 000 habitants, c’est l’une des plus grosses communes du Pays (la quatrième). J’ai reçu ce que l’on pourrait appeler des “recommandations” du genre : “Si tu ne viens pas avec nous, un autre prendra ta place et cela veut dire que tu quitteras l’assemblée et que tu retourneras à Moorea.” Récemment, le ministre des Sports est venu me voir, il m’a confirmé que si je ne les rejoignais pas, il y avait de forts risques que je sois obligé de quitter l’assemblée. Ce à quoi j’ai répondu :“Si cela doit en être ainsi, il n’y a pas de souci, j’ai été élu avant tout pour servir ma population.” Le faire en tant que maire et conseiller à l’assemblée de Polynésie, c’est bien, mais si je perds mon siège à l’assemblée, je continuerai à servir ma population en tant que maire. »

En avez-vous discuté avec le président Fritch ?
« Non, jamais avec lui, toujours avec quelques ministres et autres représentants de son groupe. »

Quelles sont vos relations aujourd’hui avec le président du gouvernement ?
« Elles sont bonnes, Il n’y a pas de problème entre Édouard et moi. Nous nous connaissons depuis très longtemps. Mais ma position tient aussi au fait que nous en avons discuté avec ma majorité, et tous sont de l’avis que je reste au sein du groupe Tahoeraa. »

Le fait de rester Tahoeraa ne risque pas de nuire à vos relations avec le gouvernement, ce qui pourrait mettre en péril vos projets ?
« Nous avons eu hier (jeudi) notre collectif. Nous avons bien entendu évoqué les projets et les travaux en cours de réalisation à Moorea tels que les travaux routiers et les constructions sur les quais de Papetoai et de Paopao qui sont actés. Les financements sont là, les travaux avancent… Mais j’ai un projet qui me tient à cœur, c’est le lycée de Moorea. Un projet que la population attend depuis longtemps. Hier soir, j’ai déposé un amendement dans ce sens. Or, le ministre de l’Éducation Nicole Sanquer-Fareata a annoncé que le lycée de Moorea n’allait pas se faire pour le moment. Les raisons qu’elle a évoquées sont d’ordres fonciers. Je ne comprends pas. Nous nous sommes rendus sur le site (Terrain Wilder de Pihaena) avant les sénatoriales avec le président Fritch, Albert Solia et des techniciens : tout était en ordre, seulement il faut remblayer le site qui se trouve au-dessous du niveau de la route de ceinture. Ce qui se fait partout. Or là, la ministre a évoqué la difficulté de construire sur ce site, qu’il nous fallait chercher un autre terrain… Bref, le sujet est reporté. »

Qu’allez-vous faire ?
« Certainement pas baisser les bras ! Je vais avaler la pilule, et j’en reparlerai, soit lors du prochain budget 2016, ce qui retarde encore plus la construction du lycée, soit lors d’un prochain collectif en septembre, s’il a lieu. Et si l’occasion se présente, j’en parlerai au président Édouard. Pour tout vous dire, je n’ai pas du tout compris la position de la ministre. »

Pensez-vous qu’il pourrait s’agir d’une sanction par rapport à votre position politique ?
« Certains disent que oui… Personnellement, je ne souhaite pas polémiquer sur le sujet. Encore une fois, je ne tiens pas à rendre plus difficiles nos relations avec le gouvernement, surtout en tant que maire de Moorea. »

Parmi vos projets, quels sont ceux qui nécessitent la contribution du Pays ?
« Il y a bien entendu les constructions scolaires. Nous avons en projet de tout refaire. Actuellement nous sommes à la phase deux de l’école primaire de Teavaro. Heureusement, le budget pour la poursuite des travaux a déjà été acté, donc nous pourrons faire les travaux prévus. Mais nous avons en projet phare, la mise en place du transport public. C’est un projet ambitieux et lourd qui demande la participation du Pays. En ce qui nous concerne, nous poursuivrons ce que nous avons à faire, en l’occurrence les études pour la concrétisation de ce chantier. Si le Pays nous lâche, eh bien nous attendrons 2018 et nous verrons après. »

Qu’en est-il de votre majorité communale ?
« C’est très simple, la commune compte 33 conseillers, nous sommes 18, le camp adverse : 14 et il faut ajouter un conseiller qui a démissionné pour raison personnelle en début de mandature. Notre camp est solide, malgré les bruits que font courir nos adversaires. En fait, ce serait plutôt l’inverse qui risque de se produire. Attendons le prochain conseil. »

Un petit mot sur le bateau communal Tapuae Manu ?
« Nous attendons les deux hélices et deux arbres pour tout changer à ce niveau. Depuis son arrêt technique suite à son échouage (le 22 mai, ndlr), nous avons mis en service un bonitier pour effectuer la navette. Il y en a eu trois depuis. Mais nous avons demandé à remettre en rotation le Tapuae Manu le temps que les pièces arrivent pour qu’il puisse maintenir les rotations habituelles. Elles se feront sur un moteur à vitesse réduite. Ces rotations devraient ainsi reprendre mercredi, le temps que les pièces arrivent…

Propos recueillis par Jeannot Rey

 

gendarmette 2015-06-15 05:00:00
Echouement du bateau à Maiao. C'est un signe du destin. Tapura ou Tahoeraa, reflechis bien Evans
tuhoi 2015-06-13 18:06:00
Bravo mr le Maire. Les pratiques du tapura sont écoeurantes
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