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Moorea – Evans Haumani : “Il n’y a jamais eu de détournement de fonds publics”

vendredi 24 mars 2017

MOOREA PLAINTE

Les élus autour du maire ont souhaité s’expliquer sur cette enquête qui concerne un éventuel “détournement de fonds publics”, suite à une plainte déposée par un élu. (© J.Rey/LDT)


Depuis vendredi, une plainte pour détournement de fonds publics fait parler dans les couloirs de la mairie de Moorea. Deux enquêteurs de la brigade de recherche sont sur l’île depuis lundi pour entendre une partie des élus. L’affaire remonterait à 2015 et concernerait en particulier, des dépassements de quotas de carburant attribués aux élus.

Tout commence en 2015, c’est-à-dire un peu moins d’un an après les élections municipales qui avaient placé Evans Haumani, élu de Papetoai, à la tête de la commune de Moorea-Maiao. Deux agents de la brigade de recherche s’étaient rendus à cette époque à la mairie de Moorea, dont le siège se trouve à Afareaitu.

Ils avaient rencontré la directrice des affaires juridiques, puis, la directrice générale des services étant absente, ils étaient reçus par Mariano Atiu, directeur de cabinet du maire. Plusieurs affaires intéressaient alors les enquêteurs. En premier lieu, le cas d’un agent prestataire “S.J” embauché par le maire suite à une convention de prestataires de service auprès de la commune. Son rôle consistait à faire un lien entre le maire et les problèmes liés à l’administration de la commune et du Pays ; son contrat avait été établi sur un an.

 

Quotas de carburant

 

Autre sujet abordé par les enquêteurs : des travaux engagés par une élue, Gloria Trafton, maire déléguée de Papetoai, sur son terrain à Tiahura. Des travaux, selon le directeur de cabinet, réalisés en fonction de redevances payées au service de la régie de la commune.

Troisième sujet : les quotas de carburant attribués à chaque élu ayant une délégation de service. Quatrième sujet : celui du véhicule attribué au maire délégué de Teavaro, Paiatua Maihi et ceux au maire de Moorea, Evans Haumani, au titre de véhicule de fonction et du véhicule du planton pouvant être utilisé par les autres agents en cas de nécessité.

Dernier sujet : le shelter (abri) occupé par les bureaux du service social moyennant une convention de location avec un prestataire. “Tout cela a été vérifié, documents à l’appui, délibération du conseil, conventions etc. Les enquêteurs ont eu tous les documents qu’ils ont souhaité avoir pour mener leur enquête. Ils ont eu accès à tous les bureaux administratifs, comptables et techniques, pour vérifier jusqu’à l’état d’horaire de travail de certains agents, l’état de marche des véhicules… Les enquêteurs sont ensuite allés voir l’élu qui a déposé la plainte pour lui demander ses justificatifs. Depuis, ils ne se sont plus manifestés. Plus de question, plus d’entretien, plus rien. Jusqu’à vendredi dernier où nous avons eu la visite de deux nouveaux enquêteurs de la brigade de recherches, toujours suite à une plainte d’un élu”, explique le directeur du cabinet, Mariano Atiu.

Les enquêteurs ont en effet demandé à rencontrer des élus depuis le début de la semaine dans le cadre d’une enquête qui vise le quota des carburants attribués par délibération. Une dizaine d’élus seraient concernés, et de tous bords. Les interrogatoires ont eu lieu mardi ainsi que mercredi.

“Aucun des élus convoqué n’a compris ce qui se passait”, explique le maire de Moorea. “La seule explication que je pouvais leur apporter c’est, éventuellement la suite de cette enquête qui a débuté en 2015, mais je n’avais aucune autre précisons à leur donner.”

Selon les élus entendus par la gendarmerie, on leur reprocherait une consommation plus importante en litres par rapport à ce qui leur a été attribué par délibération du conseil municipal. En clair, on parle de dépassement des volumes de carburant. Si l’on se réfère à la délibération en date du 20 mai 2015, 20 élus (sur 33) ont obtenu leur quota d’un montant de 19 644 francs par mois (diésel) ou 21 204 francs (essence), qui correspondait à l’époque à 120 litres de carburant. Sauf le maire et son premier adjoint, qui ont droit à 200 litres pour un montant de 32 740 francs, ou 35 340 francs selon que le véhicule fonctionne au diésel ou à l’essence.

 

Fluctuation des prix

 

“Le problème, explique Jean-Pierre Maraea, élu de Teavaro c’est que le prix du carburant a beaucoup évolué. Par exemple, l’enquêteur m’a informé, selon un tableau en sa possession, que j’avais dépassé de 15 litres, ma consommation pour l’année 2015. Or, il est arrivé souvent que notre quota en litres ne corresponde plus au quota de 19 644 francs. Si le prix du carburant augmentait, notre quota de carburant diminuait. Par contre, lorsque le prix du carburant baissait, nous obtenions plus de carburant.”

“Tous les élus convoqués ont été interrogés sur cette même problématique”, confirme le maire de Moorea. “Vous savez, les pompistes nous préviennent lorsque nous arrivons avant la fin du mois que notre quota touche à sa fin. En cas de dépassement, cela se traduit obligatoirement par un ordre de recette que l’élu se doit de payer…” Autre précision : la carte, utilisée entièrement ou non, est obligatoirement remise à zéro en début de mois suivant.

À la mairie, on reste serein. “Il n’y a jamais eu de détournement de fonds publics. Il y a eu ces dépassements de quelques litres d’essence dus aux fluctuations du prix de l’essence. Tout cela est facilement démontrable”, explique Paiatua Maihi maire délégué de Teavaro, qui poursuit  : “Nous avons été interrogés sur nos quota de carburant, peut-être qu’ils reviendront pour nous interroger à nouveau sur la convention du shelter, ou sur le contrat de l’agent prestataire, on s’attend à tout. […] On répondra à toutes les questions et on continuera à travailler comme nous l’avons toujours fait.”

 

De notre correspondant Jeannot Rey

 

 

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