Moorea – Kitesurf : une “saisie” de matériel relance le conflit

    samedi 19 mars 2016

    “Cela a bien refroidi de voir jusqu’où ils étaient capables d’aller. Ils n’étaient pas très gentils, quoi…”
    Mardi, la “saisie” du matériel d’un kiteur par la police municipale de Moorea a relancé le conflit qui oppose les adeptes de la glisse aérotractée aux autorités de l’île depuis juillet dernier.
    Apparemment à la demande des riverains de Moemoea, au moins quatre agents municipaux se seraient rendus, dans la matinée, sur le site préféré des kiteurs, à Tiahura, pour faire stopper leur activité.
    Certains témoignages font même état de deux bateaux et quatre voitures de police déployés autour de la résidence.
    “Ils ont sorti l’armada”, commente ainsi Vatea Quesnot, le président de l’association Moorea Kitesurf, passablement remonté.
    Les muto’i se seraient contentés de rappeler à six pratiquants le contenu de l’arrêté du 23 juillet 2015 interdisant la “pratique libre” du kitesurf dans les zones de Tiahura, Temae et Tahiamanu jusqu’en 2020. Mais le matériel d’un septième kiteur aurait été illégalement confisqué.
    “J’étais en train de donner un cours au motu Tiahura quand la police municipale est arrivée en bateau”, raconte le principal intéressé, un professeur de kite qui vit encore de cette activité malgré une baisse de fréquentation d’environ 50 % depuis juillet dernier.
    “Je leur ai montré mes papiers d’autorisation, qui datent de 2004 et ne précisent aucune date d’expiration, et mon diplôme. Sur ce, ils ont confisqué ma planche !”, s’agace-t-il. “Non seulement ils ont fait un amalgame entre les pratiquants libres, visés par l’arrêté, et les écoles de kite. Mais en plus, saisir mon matériel n’est pas du tout de leur ressort…”
    En effet, si l’arrêté municipal sanctionne toute violation d’une contravention de première classe, la saisie des kites n’est, elle, prévue en aucun cas.
    “C’est un peu comme si on saisissait votre voiture parce que vous aviez klaxonné trop fort”, glisse même un gendarme.

    Une réponse du tribunal dans quelques mois

    Les muto’i ‘oire, de leur côté, parlent de “mensonges à répétition” et livrent une tout autre version des faits.
    “Il s’agissait d’une opération habituelle de surveillance de la plage. En nous voyant arriver, le gars a abandonné son matériel. Nous avons donc récupéré son kite sur le motu et l’avons ramené chez lui le lendemain…”
    Quoi qu’il en soit, les pratiquants s’étonnent de cette “descente”, “alors que la tension était vraiment bien retombée ces derniers mois”.
    Après les altercations – constatées par la mairie et contestées par les kiteurs – entre baigneurs et pratiquants, le conflit s’était en effet déplacé sur le terrain judiciaire.
    “On a déposé un recours contre l’arrêté municipal en décembre dernier”, explique ainsi Vatea Quesnot. “Le tribunal devrait trancher d’ici deux ou trois mois.”
    Dans l’attente du jugement, la mairie, dont deux agents ont rencontré hier les kiteurs sous l’égide de la ministre des Sports (lire ci-dessous), ne change pas de leitmotiv.
    “L’arrêté actuel interdit la pratique dans trois zones uniquement, très fréquentées par le public. Partout ailleurs, on peut faire du kite”, souligne-t-elle.
    “Je les mets au défi de nous trouver un endroit praticable en toute sécurité dans la zone nord de l’île”, rétorque Vatea Quesnot. “Le démarrage à Haapiti est très dangereux et kiter à Mareto, c’est comme surfer au lac Vaihiria…” 

    M.G.

    Nicole Sanquer rencontre les kiteurs

    Suite à l’intervention, mardi, de la police municipale sur le site de Tiahura, Nicole Sanquer, la ministre de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports, a rencontré hier les kiteurs de Moorea en présence de deux agents administratifs de la commune qui connaissent bien le sujet : Onyx Le Bihan et Angela Tom Sing Vien. Objectif : tenter de désamorcer le conflit qui oppose les pratiquants, les résidents du lotissement Moemoea et la municipalité depuis la parution de l’arrêté du 23 juillet 2015 qui interdit la pratique libre de ce sport sur trois spots de l’île Sœur.
    À la demande de la ministre, une seconde réunion se tiendra mercredi prochain, en sa présence, entre les kiteurs et les représentants du lotissement Moemoea, les premiers opposants à la pratique de la glisse aérotractée à Tiahura. Le maire, quant à lui, a précisé qu’il attendait la décision du juge, saisi par les kiteurs au sujet de l’arrêté, avant d’envisager une quelconque évolution de la situation.

    De notre correspondant Jeannot Rey

    alex 2016-03-22 00:09:00
    on peut aussi mettre un balisage de bouées jaunes pour délimiter un chenal de départ pour les kiteurs, qui iront évoluer au milieu du lagon, l'autre partie, réservé aux baigneurs... un peu comme ca se passe dans le monde entier...
    C'est pages 24 et 25 du livre : signalisation maritime , volume 3C du SHOM, chapitre LE BALISAGE DES PLAGES et PROTECTION DES BAIGNEURS.
    Merci, c'est gratuit .fin de la polemique, on prends ses responsabilitées a bras le corps, et on bosse un peu pour arreter ces betises.
    hot sa 2016-03-21 09:30:00
    Défoncez vous a l'alcool , sa ne sera jamais interdits par l’État.
    dadi 2016-03-20 08:27:00
    déjà qu'il n'y a plus de touristes, alors là les résidents (le peu qui reste) vont quitter la Polynésie, fermeture des commerces, des entreprises et maintenant des plages pour sportifs, ben dis donc, bel horizon pour les jeunes!!
    MOOREA56 2016-03-19 22:03:00
    Les Kites n'ont qu'à fumer du Paka et comme cela ils planeront .
    Rataro 2016-03-19 13:32:00
    Même commentaire avec rouler à 280km.h-1 en Porsche.
    Rataro 2016-03-19 13:31:00
    Et ben si on peut pas, on peut pas ! Pourquoi serait-ce un DROIT de faire du kite ? Moi mon kiff, c'est le skate à poil. Mais on me l'a interdit sur tout Tahiti ! Je mets au défi les mairies de me trouver un endroit où pratiquer ma passion !
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