Moorea – L’association Moorea Kitesurf s’interroge

    vendredi 23 septembre 2016

    kitesurf

    Vatea Quesnot, président de Moorea Kitsurf, et Frank Vétier ne comprennent pas cette décision de la Commune de faire appel de la décision du tribunal administratif. (Photo : J Rey/LDT)

     

    Lors de la visite du haut-commissaire de la République à Moorea, il y a de cela un mois, le maire de l’île, Evans Haumani, avait annoncé sans donner trop de détails, sa décision de vouloir faire appel du jugement prononcé le 12 juillet qui annulait l’arrêté communal interdisant la pratique du kite surf sur trois zones précises du lagon de Moorea.

    Depuis la fin de la semaine dernière, cette décision a été rendue officielle, enregistrée à la Cour administrative d’appel de Paris le 25 août. La Dépêche a rencontré le bureau de l’association Moorea Kitesurf qui ne comprend pas une telle attitude de la part du premier magistrat de l’île, et notamment, ce refus de communiquer avec les membres de l’association depuis plus d’un an. De son côté, Evans Haumani donne les raisons de sa décision.

     

     

    La Dépêche de Tahiti : Quand avez-vous appris que le maire faisait appel de la décision ?

    Vatea Quesnot président de l’association Moorea Kitesurf : Je l’ai appris par personne interposée, une personne qui travaille au tribunal administratif et qui nous a confirmé que la commune faisait appel. (Appel enregistré à la Cour administrative de Paris le 25 août 2016).

     

    Avez-vous depuis rencontré le maire ?

    Non, absolument pas. Je me suis rendu à la mairie, il était dans son bureau, on m’a fait attendre pour une éventuelle rencontre, et puis finalement le message a été le suivant : “Le maire ne peut pas vous recevoir.”

     

    Avez-vous fait une demande officielle pour une rencontre ?

    Nous avons envoyé un courrier de demande de rencontre pour poursuivre dans notre démarche, à savoir, mettre en place une réglementation. Ce n’est pas parce que l’on a gagné au tribunal que l’on doit faire n’importe quoi.

    On veut continuer, on veut mettre cette réglementation en place et passer à autre chose. Ce qui aurait pour conséquence d’avoir des zones de baignade, des zones pour la pratique du kite, et comme ça, il n’y aura plus de souci.

     

    Que pensez-vous de cette décision de faire appel du jugement de première instance ?

    Les mots me manquent pour dire ce que je pense. On continue dans le grand “n’importe quoi”. Pourtant, le directeur de cabinet nous avait bien dit : “Nous allons respecter la décision du tribunal.”

    Il est clair que suite à la décision du tribunal, la commune ne peut plus intervenir. Ce qui ne les empêche pas de filmer ce que nous faisons, devant chez moi, nous prendre en photos, etc.

     

    Qu’allez-vous faire ?

    Ils font appel, nous, on continuera notre démarche judicaire.

     

    Est-ce que de votre côté, vous avez entrepris des actions depuis la mise en application de l’arrêté pour apaiser les tensions ?

    Nous avons mis une ligne d’eau pour bien délimiter les zones et en particulier, celle qui interdit la navigation des kite-surfeurs. Cette ligne est bien visible, elle se situe à droite de la plage utilisée par les clients de l’hôtel de façon à bien séparer la zone des baigneurs et celle des kite-surfeurs.

    De même pour la plage : nous ne l’utilisons pratiquement plus, puisque nous avons décidé de nous placer à l’extrême droite du site. Cet “aménagement” est respecté, et si nous croisons un kite-surfeur qui ne le respecte pas, nous l’informons de ces dispositions à suivre. Et je peux vous dire que tout se passe très bien avec tout le monde.

    Aujourd’hui nous attendons l’avis de notre conseiller juridique, qui nous dira ce qu’il y a lieu de faire. Nous n’avons pas l’habitude de ces formalités, j’imagine que nous allons recevoir un courrier nous avertissant de cette saisie d’appel. Et nous continuerons de faire ce que nous avons à faire pour nous défendre.

     

    Quel est votre sentiment personnel sur cette affaire ?

    C’est un grand gâchis, tout le monde est perdant dans l’histoire, Moorea, les prestataires, le maire qui se donne une mauvaise image, nous ne comprenons pas la vraie raison de cet acharnement sur les kite-surfeurs, c’est devenu une histoire de personne à personne qui n’a rien à voir avec la sécurité publique, il faut arrêter de dire ça. On nage dans le ridicule.

     

    Propos recueillis par notre correspondant
    Jeannot Rey

     

        Retrouvez dans notre édition du Vendredi 23  septembre 2016 :       

    • Article : Frank Vetier – “Ce que nous demandons, c’est d’officialiser une réglementation avec, si nécessaire, de la répression.”
    • La position du maire, Evans Haumani
    • Sauvé par un kite-surfeur

     

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