Moorea – Le don du sang dans un court métrage

    vendredi 6 novembre 2015

    “Silence, on tourne !” Le drone est envoyé dans les airs, prêt à survoler la scène du pardon.
    Elle se déroule dans un petit bassin naturel d’eau de mer du platier extérieur, où trois personnes attendent le clap décisif pour jouer leur rôle. Il y a Dorothée ou tatie Roro, la prêtresse qui prononcera une incantation, Roselyne (la maman) et Ananda (la fille) en pleine réconciliation.
    Une prise parmi tant d’autres. Sébastien dirige le drone pour les vues aériennes, depuis la petite régie en niau située à une vingtaine de mètres de là. 
    Black Stone production,  de Charlie et Moana, est aussi sur le coup, sous l’œil attentif de Jérôme Schmitt, producteur, metteur en scène, réalisateur, responsable de la section cinéma audiovisuel (CAV) du lycée Paul-Gauguin et professeur d’histoire-géographie.
    “C’est du vrai plaisir avec les élèves que de partager ce travail en classe pour la préparation et sur le terrain”, explique-t-il.
    C’est lui qui est à l’origine du script en collaboration avec ses élèves.
    L’histoire se déroule aux Tuamotu. Deux adolescents, l’un biologique (Taaroa), l’autre faa’amu (Manuarii) se retrouvent sur leur île natale en l’absence de leurs parents. Taaroa en profite pour dénigrer et rejeter Manuarii, arguant qu’il n’est pas du même sang. 
    Suite à un accident dans un parc à poissons, Taaroa est sauvé grâce à un apport de sang de son frère Manuarii. 

    Des points au bac

    “Il s’agit d’un film d’une douzaine de minutes qui met en exergue la culture polynésienne, le principe du ho’oponopono (art de vivre qui vient de Hawaii, NDLR) avec trois minutes en reo Tahiti”, explique Jérôme Schmitt.
    L’équipe (acteurs et encadrement technique) est composée de 17 adolescents et huit adultes.
    Les élèves, de la seconde à la terminale, sont issus de la section CAV, ouverte depuis deux ans. La finalité de cette option,  au coefficient 2, est de réaliser un court métrage et d’obtenir des points supplémentaires au bac.
    Au-delà de l’expérience de tourner un film, il y a aussi  la découverte d’un métier, celui qui touche celui de l’audiovisuel. 
    “Les élèves se rendent compte de toute la technique qui est nécessaire, de la préparation, détaille Jérôme Schmitt. Un film cela commence par un casting, des répétitions, puis vient le tournage, avec toutes les problématiques du cadrage de tel ou tel plan.”
    Arrivée en début de semaine pour trois jours de tournage à Moorea, l’équipe a tourné les différentes scènes à la tombée de la nuit ou de jour sur les deux motu Fare One et Tiahura.
    L’apprentissage a été celui attendu, à savoir des répétitions, des refaits, du travail et des temps d’attente pour la bonne lumière, parfois entre deux grains… Bref, le cinéma, ce n’est pas toujours du cinéma !  

    De notre correspondant Jeannot Rey

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