MOOREA – Le projet Resccue à la rescousse des écosystèmes de l’île

    vendredi 30 octobre 2015

    Le comité permanent du plan de gestion de l’espace maritime (PGEM) s’est réuni mercredi pour éplucher les différentes demandes d’occupation temporaire des résidents, ainsi qu’un projet scientifique de station d’écologie.
    Il a surtout été question du projet Resccue, dans le cadre du programme de révision du PGEM lancé l’année dernière.
    Resccue a pour objectif d’associer les populations au maintien des écosystèmes, en valorisant les services que ces derniers leur rendent.

    Le comité permanent du plan de gestion de l’espace maritime (PGEM) de Moorea, qui s’est réuni mercredi, avait notamment pour sujet le projet Resccue (Restoration of Ecosystem Services against Climate Change Unfavorable Effects – lire ci-contre), qui entre dans le cadre du programme de révision du PGEM lancé l’année dernière.
    La philosophie de ce projet de restauration des services écosystémiques et adaptation au changement climatique ? Pour que les écosystèmes continuent à fournir aux populations les services dont elles dépendent, il convient de les restaurer, les maintenir, voire les renforcer afin d’augmenter leur résilience et garantir leur productivité.

    Budget pour le fenua : 775 millions de francs

    Resccue vise donc en premier lieu à trouver des solutions économiques et financières à long terme pour assurer le maintien des services écosystémiques dans les îles du Pacifique, tout en renforçant la gouvernance des communautés locales et leur capacité de gestion des risques.
    Celles-ci contribueront ainsi à la préservation d’une biodiversité exceptionnelle et à l’adaptation des sociétés et des populations insulaires au changement climatique. Moyennant un budget de 775 millions de francs pour la Polynésie française, deux sites seront particulièrement concernés, Mangareva aux Gambier et Opunohu à Moorea.
    Mercredi, il a surtout été question du programme d’intervention Resccue à Moorea, qui débutera par la réalisation d’un plan de gestion ayant une visibilité sur cinq ans.
    Parmi les points forts, Resccue apportera un appui solide au programme de révision du plan de gestion de l’espace maritime qui a débuté courant 2014 et qui poursuit, parfois difficilement, son objectif pour la réalisation d’un outil de travail encore plus adapté à la population, prestataires et pêcheurs notamment.  Plus ciblé sur Opunohu, Resccue travaillera sur l’organisation des mouillages des plaisanciers et prestataires lagonaires, et sur le problème d’érosion des berges du site de Ta’ahiamanu.
    Il accompagnera également les agriculteurs vers un changement des pratiques agricoles, et apportera une action contre le recul du trait des côtes et sur l’érosion des plages.
    Resccue sera officiellement lancé aujourd’hui, à Teavaro, pour des actions et réflexions à concrétiser pour une période étalée sur trois ans.

    De notre correspondant Jeannot Rey

    Station d’écologie et poses de corps-morts

    Lors de sa réunion ordinaire, les membres du comité permanent du PGEM ont également étudié six demandes d’occupation temporaire du domaine public maritime pour l’installation de corps-morts pour l’amarrage d’engins à louer (bateaux sans permis et pédalos), pour des bateaux d’excursion mais aussi pour la régularisation de deux remblais (Haapiti). L’entreprise Top Jet Moorea a par ailleurs présenté son projet de bouées tractées sur le plan d’eau de Maharepa.
    Quant à Serge Planes, directeur du Centre de recherches insulaires et observatoire de l’environnement (Criobe), il a fait le déplacement pour présenter aux membres du comité permanent son projet de station d’écologie, qui prévoit de prendre place sur la barrière récifale de Tiahura.
    Comme tout projet innovant, cette station d’écologie a suscité de nombreuses questions et interrogations, plus particulièrement quant à son implantation. Il a été convenu d’une rencontre avec la population afin que les parties concernées puissent en savoir plus sur l’utilité scientifique de cette structure et s’entendre sur cette réalisation qui permettra de faire des recherches scientifiques in situ et sous l’eau, dans le cadre du programme du développement scientifique de la station de Opunohu.

    Le projet Resccue

    Commencé en janvier 2014 pour s’achever en décembre 2018, Resccue (Restoration of Ecosystem Services against Climate Change Unfavorable Effects) est un projet régional mis en œuvre par la Communauté du Pacifique (CPS), avec des sites pilotes dans quatre pays et territoires du Pacifique (Polynésie française, Fidji, Nouvelle-Calédonie et Vanuatu), représentatifs de la diversité socio-économique, écologique, géographique et culturelle de la région. La CPS a pour tâche d’assurer la coordination régionale du projet, en partenariat étroit avec les gouvernements et administrations des pays et territoires concernés, la sélection et la contractualisation des opérateurs, ainsi que le suivi et l’évaluation des activités.
    “Il est un fait indéniable, les populations insulaires du Pacifique sud, en raison de leur isolement géographique, de l’étroitesse de leurs territoires et de leur culture, sont extrêmement dépendantes de leur milieu naturel pour leur activité et leur survie. On parle ici de pêche, d’agriculture, d’eau potable et de la protection littorale… Le risque d’appauvrissement des ressources naturelles hypothèque leurs opportunités économiques et menace leur sécurité alimentaire et économique. La préservation des écosystèmes constitue donc un enjeu essentiel à l’échelle régionale”, souligne les rapporteurs Jean-Baptiste Marre, de la CPS, et Eliane Garganta, de la direction de l’environnement.

    Christian Monnier prend sa retraite

    Il l’a annoncé mercredi au comité permanent, cette réunion sera très probablement sa dernière au sein du comité de gestion du PGEM, dont il a été l’un des membres influents depuis de nombreuses années. Sa démission sera effective le 30 novembre, après 29 ans passés au service de la pêche, aujourd’hui devenu direction des ressources marines et minières.
    Christian Monnier a débuté ses activités dans l’aquaculture, aux bassins de crevettes et de chevrettes de Opunohu, dont il a été le gestionnaire pendant six ans, jusqu’à la privatisation des sites en 1992. D’où son transfert aux bureaux du service de la pêche où, durant cinq ans, il était rattaché en premier lieu à la perliculture, en plein essor. Puis il a été affecté aux affaires de gestion des lagons. C’est à ce moment-là qu’il a intégré l’équipe chargée de mettre en place le PGEM de Moorea. Une retraite donc bien méritée pour Christian Monnier et son épouse Pascale, sage-femme de Moorea, qui a décidé d’accompagner son mari dans cette démarche.

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