Moorea – Moorea Rahui souhaite imposer le principe d’une gestion lagonaire communautaire

    lundi 12 septembre 2016

    rahui

    Le bureau et une partie des membres de l’association Moorea Rahui étaient en réunion, samedi dernier au matin, à Haapiti. Une seconde importante réunion constitutive aura lieu samedi 1er octobre. Il sera notamment question de la mise en place des comités rahui et toohitu. (Photo : Jeannot Rey/LDT)

     

    Alors que le plan de gestion de l’espace maritime est en cours de révision

     

    La décision d’instaurer le principe du rahui comme moyen de gestion des ressources du lagon de Moorea a été prise suite à la réunion du 30 juin, organisée par la commune et le Pays, qui avait pour motif de rassembler toutes les parties prenantes impliquées dans le plan de gestion de l’espace maritime par le biais de leurs activités lagonaires (pêche et activités touristiques notamment).

    On nous a déconnectés durant cette réunion…”, explique Pierre Teissier, vice-président de Moorea Rahui.

    On est venu nous demander ce que nous voulions puisque nous étions en désaccord avec ce mode de gouvernance qui était proposé. Nous avons expliqué que nous étions favorables au rahui et on nous a répondu : ‘OK, faites-le’.

    Nous l’avons pris au mot et aujourd’hui, nous sommes en situation de pouvoir présenter l’association Moorea Rahui, avec son président Damas Brothers, et les grandes lignes que nous allons définir pour la bonne marche du rahui.

     

    Moorea Rahui veut mettre en place “un mode de gestion du lagon basé sur la notion de respect”.

     

    Pierre Teissier, qui tient aussi le rôle de porte-parole, explique que “pendant dix ans, lorsque le PGEM a été mis en place, il était prévu des représentants des pêcheurs au sein de cette structure”.

    Ils sont venus mais, pendant ces dix années de travail, tout ce que les pêcheurs ont demandé de mettre en application ne l’a pas été. Ils ont été écoutés et c’est tout. C’est le comité du PGEM qui appliquait les directives.

    Aussi, pendant dix ans, nos pêcheurs ont été frustrés, mécontents, surveillés et parfois verbalisés. Nos pêcheurs n’ont jamais autant subi d’aléas que depuis la mise en place du PGEM. Ces pêcheurs se sont alors retrouvés et ont décidé de se retourner vers le rahui.

     

    Des comités rahui jusqu’au toohitu

     

    L’association Moorea Rahui compte instaurer ce système de gestion traditionnelle sur l’ensemble du lagon de l’île.

    Pour l’instant, le bureau précise qu’il en est au “tronc commun”. “C’est une longue et lourde tâche qui nous attend et, pour l’instant, nous ne pouvons pas présenter ce que sera le rahui car nous n’en sommes pas encore là.

    Pierre Teissier souligne que l’association est actuellement au stade des compositions, à commencer par les comités rahui pour chacune des communes associées.

    Chaque comité sera dans sa zone et ces comités auront des liens directs avec le comité toohitu (un comité des sages pour l’ensemble de l’île, NDLR). Le comité toohitu prendra quand il le faudra les décisions de gestion d’après toutes les remontées des comités rahui.

    Aujourd’hui, les nécessités ont changé. Le lagon de Moorea est devenu une plateforme économique pour des investisseurs.

    Que trouve-t-on ? Des activités touristiques et des mouillages pour voiliers mais, en dix ans, on ne s’est pas penché sur le secteur de la pêche, mis à part l’instauration des aires marines protégées. Nous voulons revenir en arrière et faire des propositions à la commune et au Pays, par l’intermédiaire d’une gestion globale de notre lagon.

    Nous avons des doléances déjà prêtes que nous récupérons des cinq secteurs. Lorsque nous aurons tout rassemblé, nous ferons des propositions pour que l’ensemble des parties de Moorea soient prises en compte dans le cadre de la gestion de ce patrimoine qu’est le lagon. Ce que nous voulons, c’est être considérés.

     

    Avec la population, l’État et le Pays

     

    Moorea Rahui évoque la mise en place ultérieure d’un référendum.

    À chacun des secteurs ou communes associées de s’exprimer. Si des communes souhaitent intégrer le principe du rahui, elles le pourront. Si d’autres préfèrent la gestion au travers du PGEM, nous ne sommes pas contre.

    Les gens choisiront, nous sommes en démocratie. Aujourd’hui, le bureau de Moorea Rahui est conscient du fait que, pour aller de l’avant, il est nécessaire que tout le monde soit dans un même panier et s’accorde sur des principes réglementaires pour la mise en place du rahui.

    Moorea Rahui compte bien travailler avec les autorités locales (Pays et commune), ainsi qu’avec l’État. Ainsi, lors d’une importante réunion où seront officialisés les différents comités rahui et toohitu, le 1er octobre à Haapiti, des représentants de chaque groupe politique seront invités.

     

    Quant à l’image d’une double réglementation qui se profile pour un même lagon (PGEM et rahui), le porte-parole de Moorea Rahui s’explique :

    Il existait quelque chose, une richesse, et nous sommes conscients que ce quelque chose ne nous appartient plus. Donc, par l’installation du rahui, nous venons déclarer nos droits. Nous ne sommes plus des enfants adoptifs, mais des enfants naturels.

    Nous demandons à ce que l’on rende ce patrimoine aux enfants naturels plutôt que de les laisser aux enfants adoptifs qui n’ont pas été capables de gérer. À ce qui existe, nous disons, non ! Il faut ramener à la population ce qui lui appartient. 

    Aujourd’hui, le PGEM nous demande une nouvelle fois de rentrer dans sa structure. Mais à quoi nous servons puisqu’on ne veut pas nous écouter…

     

    De notre correspondant
    Jeannot Rey

     

        Retrouvez dans notre édition du jour :       

    • Plus de photos
    • Encadré : Secteurs et comités

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete