Moorea – Partie de Roscoff en Bretagne, à bord de son voilier de 6,40 m

    jeudi 25 août 2016

    voilier

    Durant trois mois, après l’achat de son bateau, Birgit a refait l’intérieur et l’extérieur du “Fleur d’Ajonc”. (Photo : J Rey/LDT)


     

    Birgit Habelt a fêté ses 70 ans au milieu de l’Atlantique

     

    Birgit Habelt, Allemande d’origine, ne compte plus les milles nautiques parcourus. Les transocéaniques ne sont, pour cette navigatrice septuagénaire, qu’une routine, effectuées à l’aller pour visiter des continents et au retour pour retrouver son fils Tammo, qui a élu domicile à Moorea il y a 19 ans.

    Sa dernière aventure relève une nouvelle fois de l’exploit, sachant que cette dame plus menue qu’athlétique, a intégré le monde de la voile à l’âge de 47 ans.

    Avant cette dernière croisière qui lui a permis de parcourir la moitié du globe terrestre, Birgit se trouvait en Espagne depuis trois ans.

    J’avais hérité d’une maison de mes parents, j’ai donc pris du temps pour la retaper et pour la mettre en vente.

    Tout le monde l’aura compris, plus qu’une femme d’intérieur, Brigitte est une “bricoleuse” qui fait pratiquement tout par elle-même.

    Pour moi, il était temps de rejoindre à nouveau mon fils à Moorea après autant d’années passées en Espagne.

    Mais plutôt que de prendre un billet d’avion, Birgit est partie à la recherche d’un petit voilier qui l’amènerait à destination.

    C’est un ami qui avait entendu parler d’un “Muscadet” (voilier de série de 6,40 m construit en 1967). Le bateau se trouvait à Roscoff, ville des corsaires de la côte nord de la Bretagne. J’y suis allée, je l’ai vu, je l’ai acheté et j’ai travaillé dessus trois mois pour le rendre navigable.

    Il fallait effectivement tout refaire. Mettre la coque quasiment à nu, poncer le pont, refaire le gréement etc.

    Pour les travaux, j’avais monté le bateau à Saint-Paul, petite ville à 7 kilomètres de Roscoff. Je travaillais tous les jours, parfois jusqu’à 3 heures du matin. Mon but étant de préparer mon bateau avec une date butoir (octobre) pour quitter les côtes françaises vers les Îles Canaries.

     

    Empoisonnement à la confiture

     

    Le pari a été tenu, et le “Fleur d’Ajonc” a quitté les côtes bretonnes le 17 octobre 2015, avant la mauvaise saison, direction Les Canaries.

    J’ai effectué ma traversée en 27 jours. Une traversée difficile surtout parce que je suis tombée gravement malade, victime d’un empoisonnement à la confiture.

    Son séjour aux Canaries durera plus longtemps que prévu. Dix jours après, elle embarque pour rejoindre les Antilles et précisément la Martinique.

    Un tronçon très symbolique puisque c’est au milieu de l’océan Atlantique que Birgit a célèbré ses 70 ans.

    C’était une journée magnifique, le temps était beau et chaud, une belle brise poussait mon voilier, et j’ai célébré mes 70 ans avec une bouteille de Mouton-Cadet Rothschild.

    À la Martinique, du travail l’attend sur son bateau. “J’ai refait la mâture qui avait un petit problème.

    Puis ce fut la traversée du canal de Panama “avec six personnes à bord, pilote et quatre aides obligatoires pour assurer la sécurité pour un bateau, rappelons-le de 6,40 m de long.

     

    Du courage et des amis

     

    À la sortie du canal, Birgit atteint la ville de Balboa et enfin s’engage sur les deux tronçons de cette traversée d’une partie du Pacifique.

    D’abord celle qui mène aux Marquises, après 37 jours de mer, puis des Marquises à Moorea en 7 jours avec à bord un passager : Tammo son fils venu la rejoindre pour entamer cette partie du voyage en souvenir de celui réalisé 19 ans plus tôt à bord du précédent voilier de sa mère, le “Poco Loco”.

    Depuis son départ de Roscoff, Birgit Habelt aura réalisé 133 jours de navigation pour 20 000 kilomètres parcourus.

    Mais, l’aventure n’est pas pour autant terminée. Ancré en baie de Opunohu dans la petite crique de Urufara, le “Fleur d’Ajonc” est aussi amarré au flanc du “Poco Loco” l’autre voilier de Birgit laissé au mouillage à Moorea depuis près de quatre ans.

    Depuis que je suis arrivée, je me suis mise à le remettre en état.” Le voilier, légèrement plus grand que “Fleur d’Ajonc” n’a en effet bénéficié d’aucun travail d’entretien.

    C’est une coque en plastique donc rien de grave, juste du cosmétique.” Birgit souhaite en effet le remettre en état pour y loger.

    Elle envisage d’utiliser “Fleur d’Ajonc” pour faire ses petites croisières dans la région… On le voit, les rêves de Birgit ne sont pas taris.

    Elle ne manque pas non plus de courage, ni d’amis, comme Clémentine une résidente de Urufara que Birgit connaît depuis 19 ans et qu’elle considère comme l’ange gardien de ses bateaux.

     

    De notre correspondant
    Jeannot Rey

     

    Retrouvez dans notre édition du jour :

    • Plus de photos de Birgit Habelt

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete