Moorea – Notre patrimoine naturel menacé de disparition

    jeudi 6 octobre 2016

    patrimoine

    Une faune et une flore souvent endémique très menacées si l’on ne fait rien pour la préserver. (Photo : J Rey/LDT)

     

    Biologie de la conservation ou la science de la rareté et de la diversité, tel est l’objet d’un séminaire qui se tient actuellement à la station Gump de Moorea. Une trentaine de scientifiques, responsables du monde associatif et représentants de la Direction de l’Environnement, exposent et débattent sur l’état des lieux de la biodiversité et sur les menaces dont elle fait l’objet. Ce colloque, initié par Jean-Yves Meyer, de la délégation de la recherche en Polynésie en partenariat avec la Gump, a pour intervenant sept spécialistes venus de Paris, de Nouvelle-Calédonie et de La Réunion.

     

    L’intervention de Jean-Yves Meyer en ouverture du séminaire est claire : “La biodiversité terrestre des îles est gravement menacée par les changements locaux et globaux, en particulier les invasions biologiques : miconia, infects, prédateurs volants, fourmis de feu…

    Le chercheur précise : “Les écosystèmes terrestres sont plus vulnérables aux perturbations anthropiques* que les écosystèmes marins, avec des taux d’extinction élevés. De nombreuses espèces endémiques sont aujourd’hui, gravement menacées de disparition.” Et cette situation préoccupante n’est pas aidée par les faibles capacités humaines tant en chercheurs qu’en gestionnaires, mais aussi financières et en infrastructures.

    D’où l’importance et l’urgence de mener une réflexion sur le devenir du patrimoine naturel unique au monde, pour la sauvegarde de la nature dans les îles, et des hommes qui en dépendent.” Le but de cet atelier de travail :  identifier des pistes et trouver des solutions à court, moyen et long terme en matière de recherche scientifique, en étroite relation avec les gestionnaires, que ce soit au niveau local, (Polynésie française) régional (Pacifique), national (France métropolitaine et ultra-marine) et international.

    La biodiversité terrestre de la Polynésie française est, selon Jean-Yves Meyer, coordinateur du colloque, relativement bien connue grâce aux travaux menés depuis plusieurs décennies. Les inventaires floristiques et faunistiques menés sur les cinq archipels ont permis, au fil des années, d’évaluer leurs richesses spécifiques et taux d’endémisme, d’identifier les sites importants pour la conservation et les principales menaces, et de révéler le nombre très élevé d’espèces végétales et animales gravement menacées de disparition.

    Le chercheur cite en exemple la situation de certaines espèces d’escargots, d’oiseaux totalement disparus de notre environnement, de plantes vasculaires* etc. “Certains ont disparus dans les 30 dernières années.” Malgré un cadre réglementaire spécifique et (normalement) adapté en matière de protection de la nature, la Polynésie française est pourtant régulièrement confrontée à de fortes contraintes. Son isolement géographique s’avère une contrainte plus qu’un atout, de même que la dispersion de ses 120 îles : “le nombre actuel d’aires protégées terrestres est faible, peu représentatif de la diversité des habitats naturels et ne permet pas de protéger l’ensemble des espèces menacées ou protégées.

     

    Le patrimoine terrestre moins étudié et donc, moins protégé

     

    Un constat plutôt alarmant qui incite donc à un engagement urgent des chercheurs pour une mise en place de nouvelles initiatives pour une conservation plus efficace de la biodiversité et une gestion durable des écosystèmes terrestre polynésiens.
    Le rôle que tient le milieu associatif dans ce cadre de lutte pour une plus grande préservation a été très important ces quatre dernières décennies ; son engagement à venir sera d’autant plus déterminant que la situation s’est, depuis, aggravée.

    Les recherches en écologie menées en Polynésie française, en termes de financement, de chercheurs et d’étudiants, sont très majoritairement orientées vers les écosystèmes lagonaires et marins. Il n’existe actuellement aucun laboratoire ou équipe de recherche dédié aux écosystèmes terrestres sur ce territoire. D’où l’importance et l’urgence de mener cette réflexion sur le devenir d’un patrimoine naturel unique au monde, mais en régression continue sur sa connaissance et sa conservation” a conclu Jean-Yves Meyer.

     

    De notre correspondant
    Jeannot Rey

     

    • Définitions
      * anthropique : Relatif à l’activité humaine. Qualifie tout élément provoqué directement ou indirectement par l’action de l’homme. Du grec anthropos (homme).
      *plantes vasculaires : Plantes pourvues de vaisseaux par lesquels circule l’eau puisée par les racines. Cette circulation de l’eau, combinée à la structure de la paroi cellulaire, permet aux plantes vasculaires d’atteindre de grandes dimensions.

     

     

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