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Moorea – Le Pays veut redonner vie à l’hôtel Cook’s Bay

vendredi 1 septembre 2017

hôtel cooks bay

Façade ouest de l’hôtel offrant une vue exceptionnelle vers la passe Avaroa et le fond de la baie de Paopao. (© Jeannot Rey/LDT)


Le Pays lance un appel à projet pour réactiver l’activité du site de l’hôtel Cook’s Bay, à Moorea. Un investisseur local s’était déjà manifesté il y a un an et demi mais il semblerait que le dossier n’ait pas abouti. Cet hôtel, fermé depuis 19 ans, dont le gros œuvre peut être réhabilité présente un fort potentiel pour une nouvelle structure résidentielle ou touristique.

Dix-sept mois après une première annonce d’appel à projet concernant l’ancien hôtel Cook’s Bay à Moorea, le gouvernement relance cet appel qui consiste donc à réhabiliter l’établissement laissé à l’abandon depuis plus de quinze ans et en faire un nouveau complexe hôtelier (ou touristique).

Lors du lancement du premier appel à projet, un investisseur s’était manifesté : l’entreprise polynésienne JLP qui est à l’origine d’une structure hôtelière à Haapiti gérée sous la formule originale d’appart-hôtel.

Ce second appel à projet proposé par Tahiti Nui Aménagement et développement (TNAD) attributaire du site laisse à penser que la première proposition d’un investisseur local n’a pas abouti. À croire que cet ancien hôtel traîne derrière lui, un mana qui l’empêche de tourner rond, à en juger par son histoire depuis qu’il est sorti de terre.

Ouvert en 1985 sous le label Ibis, cet établissement coquet, aux allures coloniales de par son architecture qui rappelle les maisons des années 1900, a connu cinq propriétaires avant qu’il ne devienne propriété du Pays en 2009 et a dû affronter trois liquidations judiciaires.

L’Hôtel Ibis, du groupe Accor, devenu Baie de Cook puis Cook’s Bay est, depuis 19 ans fermé au public et n’a reçu depuis, aucun traitement de faveur, tant au niveau de l’entretien de sa structure que de son jardin. C’est un hôtel fantôme offert à la vue du public, et en particulier des croisiéristes qui débarquent à quelques mètres de là, où est implantée la nouvelle gare maritime des paquebots de Paopao.

 

Un hôtel de 600 millions de francs

 

L’annonce d’une éventuelle reprise à vocation touristique est donc une bonne nouvelle. Des idées de transformation avaient été lancées ces dix dernières années, sans pour autant se concrétiser.

On se souvient des projets de “maison de retraite de luxe” ou encore d’une “Université de la mer”. Aujourd’hui, on évoque davantage l’idée d’un complexe à vocation touristique, comme ce qui était prévu au départ.

L’hôtel Ibis avait ouvert ses portes le 15 octobre 1985 sous l’enseigne précise “Complexe Ibis-Kaveka-Village”, du fait de l’hôtel Kaveka construit deux ans auparavant et qui appartenait en partie, aux mêmes investisseurs privés.

L’Ibis rassemblait à lui seul 76 chambres avec salle d’eau. Son coût global avoisinait les 600 millions de francs dont 40 % provenant de capitaux privés et 60 % de capitaux métropolitains. C’est l’un des premiers établissements qui a bénéficié de la défiscalisation. Le foncier était géré sous forme de bail, et restait la propriété d’un résident local, Pierre Sachet.

L’hôtel Ibis a eu pour directeur lors de son ouverture, Jean-Noël Epely. Le personnel était composé de 44 personnes qui avaient reçu une formation préalable en effectuant des stages à l’Ibis de Papeete (lui aussi laissé à l’abandon sur le front de mer).

L’hôtel avait pour cadres, des professionnels de l’hôtellerie pour la plupart venus de l’extérieur, certains ont fait souche depuis en Polynésie comme Philippe Sizaret, à l’époque directeur de restauration de l’Ibis.

 

Restaurant sur un motu

 

Cet hôtel avait un charme indiscutable bien que le choix de sa structure ait privilégié le bâtiment plus que le bungalow. Créé par deux architectes, Michel de Brouin de Paris et Alain Pauchard de Papeete, l’hôtel était réalisé en béton entièrement recouvert de bois, ce qui lui donnait un aspect néocolonial.

La petite particularité : son restaurant, aujourd’hui disparu, était implanté sur le petit motu situé en face de l’hôtel (débarcadère du Keke 3) accessible par une passerelle qui reliait le motu à l’hôtel principal.

L’hôtel Ibis a bien travaillé durant les toutes premières années de son activité, mais, la concurrence et surtout le choix de la clientèle, plus habituée aux 3 et 4 étoiles, disposant de chambres spacieuses, s’était davantage porté sur les “grands hôtels” qui venaient de s’implanter sur l’île.

L’Ibis connaîtra une première faillite un peu moins de cinq ans après son ouverture. L’hôtel fut repris assez rapidement par la famille Rey propriétaire du Bel-Air et surtout du Moorea Lagon. Cette famille polynésienne d’hôteliers tiendra tant bien que mal l’hôtel, rebaptisé Baie de Cook, jusqu’en 1992, date où il fut racheté par Greg Hardy actuellement propriétaire du Kaveka.

Ce professionnel du tourisme implanté à Moorea à ce moment-là, depuis une vingtaine d’années, changera une nouvelle fois le nom de l’établissement qui devient de Cook’s Bay Hôtel.

Les affaires reprennent, Greig Hardy trouve les bonnes filières commerciales, locales et internationales, et l’hôtel travaille très correctement jusqu’en 1998 où son propriétaire décide de le vendre à un couple de métropolitains, François et Béatrice Michel. Ils garderont l’hôtel ouvert quelques mois.

Une sombre histoire de détournement a entraîné la faillite de l’établissement qui fermera ses portes en 1998 pour ne jamais rouvrir. L’hôtel est mis en liquidation, le personnel est licencié et le bâtiment est mis en vente aux enchères. C’est la famille Wane qui achète le complexe, qui se sépare assez rapidement de tout le mobilier pour revendre le complexe en 2009 au Pays après avoir fait l‘acquisition du foncier (4 500 m2) auprès de Pierre Sachet.

Depuis, Le Cook’s Bay est un hôtel abandonné. Des pans de bois de décoration de sa façade s’écroulent, quand ils ne sont pas pris d’assaut par la végétation. La piscine de 170 m2 est toujours là, au centre du complexe, mais remplie d’une eau croupie, et le restaurant du motu a disparu du paysage.

Certes, le repreneur devra envisager de gros travaux, mais le complexe actuel à deux atouts à proposer, le gros œuvre en béton qui est intact, et le site, à l’entrée de la baie de Cook, qui est exceptionnel. Un beau défi en perspective.

 

De notre correspondant Jeannot Rey

 

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