Habillage fond de site

Moorea – Roger Igual, doit détruire sa terrasse, élargie il y a… 15 ans !

mardi 22 novembre 2016

Si les travaux de destruction sont confirmés, c’est pratiquement la moitié de cette surface, côté lagon qui disparaîtra. (© Jeannot Rey/LDT)

Si les travaux de destruction sont confirmés, c’est pratiquement la moitié de cette surface, côté lagon qui disparaîtra. (© Jeannot Rey/LDT)

 

Le restaurant gastronomique Te Honu Iti de Roger Igual est obligé de se séparer de sa terrasse sur pilotis. C’est une ordonnance du tribunal, après une plainte du service de l’Équipement. Pour Roger Igual, perdre sa terrasse, c’est retirer toute l’âme de son restaurant qui accueille une clientèle touristique.

 

 

Par ordonnance du tribunal de première instance remise par voie d’huissier à Roger Igual, propriétaire du restaurant Te Honu Iti, l’une des meilleures adresses de grande restauration de Moorea, une partie de sa structure devra être détruite faute d’autorisation.

L’objet du délit : l’agrandissement d’une terrasse sur pilotis qui s’avance d’un peu moins de deux mètres au-delà de la berge enrochée. Cette extension avait été réalisée il y a une quinzaine d’années. Mais suite à un contrôle exécuté par un agent assermenté du service de l’Équipement cette transformation, qui comme pratiquement toutes celles qui empiètent le domaine public, a été faite sans autorisation préalable, a été dénoncée. “Je sais que je suis en faute, j’ai agrandi ma terrasse qui était un peu trop petite, comme on le faisait avant, c’est-à-dire “on fait et on régularise après…”

Seulement, l’agent du service de l’équipement ne voyait pas les choses de cette façon, et en particulier pour ce restaurateur bien connu en Polynésie française qui a exercé dans les plus grandes adresses de Tahiti et des îles depuis 1969 (avec l’ouverture du Maeva Beach) et qui, depuis un peu plus d’une vingtaine d’années, s’est établi avec son épouse et ses enfants à Moorea en ouvrant Te Honu Iti en baie de Paopao. “J’ai reçu la lettre de l’huissier il y a quinze jours. Elle est très explicite : je suis condamné à détruire ce qui est sur pilotis rapidement, avec obligation de remettre le site en état comme il l’était avant les travaux qui datent de 15 ans. Si je ne le fais pas je devrais débourser la somme de 3,5 millions de francs qui est en fait le montant facturé par l’entrepreneur choisi par l’Équipement pour faire ces travaux de démolition.”

Se mettre en conformité, Roger Igual n’est pas du tout contre. En fait selon le “maître saucier” et chef du Honu Iti, il avait entamé les démarches il y a six mois auprès des services concernés (urbanisme) mais aucune suite ne lui avait été donnée. Pour Roger, l’affaire était classée, et il n’attendait plus que le loyer annuel à payer pour que l’emprise soit considérée en totale conformité..

Mais voilà, il en est tout autrement, Roger a quelques jours pour détruire l’objet du délit qui représente approximativement 1/3 de sa terrasse d’environ 100 m2. Cette extension s’écarte donc du littoral enroché sans bande de sable, comme le sont régulièrement les fonds de baies. “Elle ne s’étend pas beaucoup… environ 2 m de large sur une longueur de 25 m environ. Cet espace retiré enlèvera tout intérêt à ma terrasse. Autant dire que mon restaurant perdra tout le charme qu’il avait.” L’apport de cette extension, permettait aux touristes de déjeuner partiellement au-dessus de l’eau, et de nourrir en même temps les poissons, et en particulier les raies qui ont élu domicile aux pieds des dîneurs.

“J’ai quand même décidé de faire appel de cette décision que je trouve très brutale. Cet outil de travail existe depuis 20 ans, le prolongement de ma terrasse depuis 15 ans, c’est quasiment un état de fait aujourd’hui”, explique Roger Igual qui ne comprend pas cet acharnement. “Je n’invente rien, il suffit de faire le tour de l’île pour voir le nombre de pontons sans autorisation, les remblais très nombreux sur lesquelles ont été bâties des maisons, et là personne n’a rien fait contre. Pourquoi cet agent s’est acharné contre moi et mon outil de travail ?”

Arrivant en fin de carrière, Roger est quelque peu désemparé devant cette décision : “On va détruire partiellement mon outil de travail à une période où économiquement, les choses ne sont pas faciles. Quelle suite donner à tout cela si cette ordonnance est maintenue ? Je me conformerai à ce que l’on m’obligera à détruire, mais je ne serais pas là pour le voir… Cela me fera trop mal.”

De notre correspondant Jeannot Rey

 

 

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