Habillage fond de site

Moorea – Ils squattaient le motu Ahi : ils ont été expulsés

vendredi 9 décembre 2016

motu ahi

Famille et amis sont venus prêter main-forte à Georges Handerson pour le démontage des fare construits illégalement. (© Jeannot Rey /LDT)

 

 

Gendarmes, mutoi, et huissier de justice ont procédé hier matin à l’expulsion de la famille Tarahu du motu Ahi. Ces derniers avaient investi les lieux en 2015. Depuis, une procédure en justice avait été entamée, en référé, en première instance puis en appel. Cette dernière a confirmé l’expulsion des Tarahu, qui leur avait été signifiée… en mars 2016.

 

 

À la suite d’une décision de la cour d’appel en date du 18 février, signifiée le 14 mars 2016, confirmant une décision de première instance déjà rendue exécutoire le 2 juillet 2015, et après plusieurs tentatives de l’huissier demandant à la famille de Wilfrid Tarahu de partir du motu Ahi où elle s’était installée en avril 2015, l’expulsion a eu lieu hier matin en présence des gendarmes, mutoi municipaux et huissier de justice.

Cette expulsion, qui a débuté vers 8 heures en présence de Wilfrid Tarahu et de sa famille, soit une petite dizaine de personnes, s’est déroulée au départ avec un peu de nervosité, comme on peut s’y attendre lors de ce type d’intervention, mais Wilfrid Tarahu, le principal intéressé, a pu être rapidement contrôlé par les mutoi puis expulsé du motu.

Le démantèlement a alors pu s’opérer sans réel problème. C’est un véritable village, qu’en un peu de temps, Wilfrid, sa famille et ses amis avaient construit : la maison pour la famille, huit bungalows destinés à la location touristique, un chalet à deux niveaux avec un appenti qui devait être un restaurant, une maison légère, ainsi que des annexes de buanderie…

 

Bungalows à louer

 

Une grande partie de ces constructions a été financée par un commerçant bien connu de Tahiti, mais qui souhaite rester discret sur son identité. Il a déclaré à La Dépêche :   “J’avais installé huit bungalows en tout depuis plusieurs mois. C’est Wilfrid qui était venu me voir et m’avait demandé d’installer ces habitations destinées à la location.

À ce jour, elles n’avaient pas encore été louées, mais elles étaient aménagées pour ça. Mon objectif, c’était de les occuper quand tout serait réglé sur un plan administratif. Malheureusement, j’ai demandé les documents de location du site, je n’ai jamais obtenu le bail, donc puisque c’est comme ça, j’ai décidé de tout enlever…”

Avec ces bungalows, un vaste restaurant sur deux niveaux : “C’est moi aussi qui ai investi dans cette construction, j’y ai mis des millions au total, et aujourd’hui j’ai tout perdu, je peux faire une croix dessus, c’est ça les affaires !  C’était un projet touristique que nous avons décidé d’entreprendre, Wilfrid et moi : hébergement, restauration avec programmation d’événementiels. Mais voilà, rien n’a été clair avec la situation du foncier.”

 

Longue bataille juridique

 

Une situation conflictuelle connue de tous, mais qui n’a toutefois pas empêché cet investisseur de construire, connaissant tous les problèmes juridiques et demandes d’expulsion qui concernaient ce site.

Ce qui étonne d’ailleurs le propriétaire légal du site, à l’origine de la plainte demandant l’expulsion de Wildrid Tarahu, à savoir Georges Handerson. “Cet investisseur est un commerçant bien connu. C’est gens-là sont avertis et très prudents… Comment a-t-il pu se laisser berner ?”

Et Georges Handerson de poursuivre : “Cette bataille juridique qui se termine aujourd’hui devait être finie depuis longtemps ; nous étions en face de personnes récalcitrantes qui se sont opposées aux décisions de justice. Nous avons poursuivi et fait à nouveau parler la justice… Elle a parlé, maintenant on est arrivé au stade de l’exécution.”

Georges Handerson confirme que la procédure a été un peu difficile au début “Wilfrid Tarahu a essayé de palabrer, peut-être pour gagner du temps, mais les forces de l’ordre étaient là pour mener une mission, elles ont fait ce qu’elles avaient à faire.”

Avec cinq gendarmes et cinq mutoi, des amis du propriétaire légal et quelques membres de la famille sont venus apporter un coup de main. La tâche était conséquente puisqu’il fallait démonter tout ce petit village construit sans aucune autorisation légale, (restaurant compris), dégager ce qui pouvait être sauvé, le reste étant brûlé sur place.

En fin de journée, les choses étaient à peu près rentrées dans l’ordre : “Notre seul souhait aujourd’hui, c’est laisser ce motu revivre simplement comme il était avant, pour qu’il retrouve sa tranquillité”, a conclu Georges Handerson.

 

De notre correspondant Jeannot Rey

 

Georges Handerson, propriétaire légal du motu Ahi

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(© Jeannot Rey/LDT)

“En avril 2015 Wilfrid Tarahu s’installait de force sur le motu Ahi. Un huissier mandaté par moi-même a constaté les faits et Wilfrid Tarahu déclarait sur les ondes détenir tous les titres de propriété et qu’il “ne fait pas de chalala !

Que Georges Handerson produise ses titres de propriété s’il en a.” Sûr de son droit, Wilfrid Tarahu, se croyant chez lui, a abattu des aito et a construit ses premiers fare.

Une ordonnance de référé a été rendue le 19 juin 2015, ordonnant l’expulsion de M. Tarahu sous astreinte de 30 000 francs par jour de retard de même que toutes ses constructions. Décision rendue exécutoire le 2 juillet 2015. Wilfrid Tarahu a fait appel de cette décision.

Un second constat du 18 août fait état de constructions nouvelles. Le 18 février, la cour d’appel confirme cette décision par un arrêté rendu et signifié le 14 mars 2016. Le 18 avril 2016, l’huissier a fait une tentative d’expulsion sans succès. Entre-temps 8 bungalows, un chalet à étage etc, ont été construits.

La suite on la connait, Wilfrid Tarahu a bénéficié largement du délai qui lui a été donné pour partir, à la place il a mis en place des constructions destinées à un business de location. Il répond aujourd’hui de ses actes.”

 

 

Adjudant Christian Pellier-Cuit, commandant adjoint de la brigade de gendarmerie de Moorea

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(© Jeannot Rey/LDT)

““Il y a quatre mois, nous avons reçu un concours des forces publiques, pour procéder à l’expulsion, un concours qui était prêté à Me Lehartel, huissier de justice. Il y a quatre mois j’ai convoqué Wilfrid Tarahu à la gendarmerie pour lui signifier qu’il avait trois mois pour quitter les lieux.

Arrivé à échéance de ces trois mois (le mois dernier), je l’ai fait revenir pour l’avertir qu’on allait procéder à l’expulsion, je lui ai laissé un mois de plus pour démonter les bungalows, et vider les lieux.

Aujourd’hui, nous sommes venus pour faire ce qu’il y avait à faire. Un bateau a été affrété par Maître Lehartel pour dégager ce qui pourra être dégagé, il y a aussi le propriétaire des bungalows qui a consenti de son côté à retirer les bungalows pour récupérer le matériel qui va être ramené sur Tahiti.”

 

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Quelques panneaux subsistent indiquant qu’il s’agit d’une propriété privée, un message rédigé par la famille Tarahu aujourd’hui expulsée, à destination des visiteurs indésirables. (© Jeannot Rey/LDT)

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Après un peu de tension en début de procédure, le démontage des fare a pu se faire sans problème. (© Jeannot Rey/LDT)

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Avec les gendarmes, les mutoi étaient sur place pour empêcher tout débordement de la part des récalcitrants. (© Jeannot Rey/LDT)

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Sur cette dalle en béton où subsistent des cuisinières et des aito vernis, était construit un chalet à étage qui devait servir de restaurant. (© Jeannot Rey/LDT)

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En fin de journée le motu Ahi avait pratiquement retrouvé son état naturel, après le démantèlement des constructions. (© Jeannot Rey/LDT)

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(© Jeannot Rey/LDT)

 

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