MOOREA – Tehau Adrien de la Motte, un Polynésien né à Toulon au parcours solide

    lundi 11 janvier 2016

    Tehau Adrien de la Motte est un jeune qui se prépare au métier d’avocat international des affaires. C’est à Moorea que La Dépêche de Tahiti a rencontré ce jeune prodige qui a déjà fréquenté le prestigieux cabinet d’avocats au monde et les bureaux des Nations unies. Un retour au pays n’est pas exclu, mais en attendant, Tehau compte se former au barreau new-yorkais dès l’obtention du barreau anglais prévu en mars.

    D’origine marquisienne de par sa mère et française de par son père, Tehau Adrien de la Motte fait partie de ces enfants qui ont appris à profiter de leur ouverture multiculturelle pour embrasser la vie sans complexes.
    Tehau est né à Toulon d’un père militaire, Bruno de la Motte, qui avait rencontré sa vahine, Marguerite, Kerita Titipahiani Nahaaiitoofa une quinzaine d’années plus tôt, lors d’une fête organisée dans la rade de Papeete à bord d’un navire de guerre américain. Sa mère dansait dans la troupe de Coco Hotahota, invitée pour l’occasion.
    Le couple aura quatre enfants, Teiki Gabriel, Tehina, Claire et Tehau, chacun d’eux nés au gré des mutations du chef de famille, Brest, Tahiti, Lorient et Toulon.
    Tehau vivra trois ans dans sa ville natale, avant de déménager pour Londres pendant quatre ans. C’était l’époque où la France et l’Angleterre avaient un projet commun de flotte de défense.
    C’est dans la capitale anglaise qu’il connaîtra ses premiers bancs d’école, maternelle et primaire, dans un établissement français, puis dans une école anglaise.
    “Je suis devenu bilingue dès mon plus jeune âge.” Tehau ressentait déjà du plaisir à vivre en Angleterre, mais la profession du père de famille oblige la famille de la Motte à déménager, cette fois-ci pour Paris.
    Tehau est placé dans un lycée international situé dans le quinzième arrondissement, établissement qu’il fréquentera jusqu’à sa majorité.
    Durant son adolescence, la Polynésie n’était pas pour autant mise de côté. Régulièrement, Tehau et ses parents effectuaient des séjours durant les vacances afin de conserver les liens familiaux. D’autant qu’une des sœurs, Tehina, s’est installée en Polynésie pour exercer son métier d’enseignante.
    “J’ai personnellement gardé des liens étroits avec la Polynésie, autant que si j’y étais né. Bien que parisienne d’adoption, ma mère a toujours conservé ses traditions, telles qu’organiser des bringues à la maison ou faire partie dans une petite troupe qui rassemble quelques Polynésiennes spécialistes du ukulele.”
    Le bac en poche, l’esprit “bringue” un peu dans la tête, Tehau ne perd pas pour autant le nord et décide de retourner à Londres pour préparer une licence en droit et chinois.
    “J’avais 14 ans lorsque je me suis intéressé au mandarin. Dans mon lycée parisien, le chinois était une des langues étrangères proposées en seconde langue, après l’espagnol. Je suis donc devenu assez rapidement trilingue, avec le français.”
    Après une première année à Londres, Tehau réside un an à Pékin dans le cadre de son cursus, suivant des cours intensifs de mandarin. Il revient à Londres après avoir touché le sens des affaires des Chinois. “Le milieu du droit et du business commençait à bien m’intéresser du fait de son caractère international.”
    Durant les quatre années qui ont suivi, Tehau travaille pour l’obtention de sa licence en droit et chinois pour le barreau anglais qu’il terminera en mars 2016. Entre-temps, il a effectué une année de conversion et un stage de quatre mois aux Nations unies.
    “Deux voies m’intéressaient, la politique et le droit des affaires. Mon objectif est de devenir avocat international spécialisé en droit des affaires, c’est-à-dire avoir différents barreaux.”
    Son diplôme d’avocat en poche, Tehau devra donc se trouver un cabinet d’avocats, mais en même temps, il compte passer le barreau new-yorkais pour obtenir la double qualification, voire une triple qualification avec le barreau français.
    “Le mandarin aura sa place car les échanges dans le milieu des affaires sont nombreux entre la Chine et l’Europe ou les États-Unis. Je serai donc un intermédiaire intéressant de par mes qualifications. Ce qui m’intéresse dans cette voie, c’est son aspect international. Je savais que je voulais travailler un peu partout dans le monde, être en contact avec des personnes aux quatre coins du monde. Le fait que les affaires se traduisent par des échanges internationaux, cela implique de nombreuses jurisprudences. C’est à cela que je me prépare.”
    Malgré son jeune âge, Tehau a déjà acquis une solide formation de par ses nombreux stages effectués. “J’ai travaillé dans un cabinet d’avocats quai Branly à Paris, puis à Buenos Aires (Argentine) durant quatre mois et ensuite dans le premier cabinet d’avocats dans le monde Clifford Chance, après avoir été lauréat d’un concours pour un essai rédigé sur les opportunités de fusion et acquisition en Chine.”
    Tehau a aussi travaillé pour la commission du droit international des Nations unies, chargée de résoudre les problèmes juridiques en créant des lois internationales. Enfin, Tehau a effectué un séjour au Cambodge dans une organisation non gouvernementale (ONG) chargée de venir en aide aux personnes ayant été victimes de kidnapping puis vendues comme esclaves. Il intervenait dans le cadre des formations linguistiques et en particulier l’anglais.
    Et la Polynésie dans tout ça. “Il est vrai qu’avec ma qualification j’aurai des difficultés à trouver une place sauf au travers d’un cabinet qui aurait des relations d’affaires avec l’international. Je pourrais alors faire le lien sur un plan juridique entre les uns et les autres.”
    Il y a quelques jours, il a rejoint ses parents venus retrouver la famille. Après un séjour aux Marquises, où il s’est fait tatouer, c’est à Moorea, où la famille de la Motte a une maison à Teavaro, que La Dépêche de Tahiti a rencontré le futur avocat. Il sortait du lagon après une plongée en bouteille, autre passion du Polynésien au parcours préprofessionnel étonnant.

    De notre correspondant Jeannot Rey

    OTIA 2016-01-14 06:12:00
    Félicitations et bonne continuation ,le travail est toujours récompensé
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