Moorea : un colloque sur le requin pour mieux le protéger

    lundi 20 octobre 2014

    Durant cinq jours, scientifiques, prestataires, membres de secteurs associatifs ou d’organisations proches des pouvoirs publics de la région Pacifique ont échangé leurs connaissances et leur point de vue sur les relations qui existent entre le requin et l’homme au travers de plusieurs activités telles que la pêcherie, l’écotourisme, la culture, la perception de l’homme sur l’animal et l’intégration de la science dite participative. (Lire La Dépêche du mardi 14 octobre). Vendredi dernier, une synthèse de ces travaux a été rédigée sous la forme de recommandations préconisées à des groupes d’experts pour arriver à une meilleure gestion en termes de conservation. Le document sera transmis au travers du programme régional océanien pour l’environnement (PROE) du secrétariat de la Communauté du Pacifique (CPS) et de l’association Island First (rattachée à l’Onu) pour qu’ils le remontent au niveau des États. Pour Serge Planes directeur du Criobe, centre qui est à l’origine de ce colloque, tout s’est déroulé dans une vraie atmosphère d’échange de connaissances et d’expériences à une échelle régionale du Pacifique.

    De notre correspondant Jeannot Rey

     

    Extraits du rapport final

    • Données sur la conservation
    Les requins et les raies ne sont pas en mesure de suivre le rythme avec les niveaux actuels d’exploitation. Un sanctuaire de requins peut être efficace car il génère des données qui peuvent servir à évaluer l’efficacité de la politique pour réduire la mortalité de requin.

    • Éco-tourisme
    Le shark feeding est une alternative très demandée. Les avantages de l’éco-tourisme de requin et raies sont : économiques, de conservation, de connexion avec la nature. Il améliore l’image des requins, permet la collecte de données, et est favorable à l’éducation et à la sensibilisation. Les éventuelles incidences négatives sont : la santé des animaux, la sécurité des personnes, le fonctionnement de l’écosystème…  Une ligne de conduite devra être trouvée pour que les avantages dépassent les risques.

    • Valeurs culturelles
    Les Polynésiens ont des valeurs culturelles associées aux requins, elles contribuent à motiver ou renforcer les efforts de conservation. Ces valeurs culturelles doivent être incorporées dans les messages axés sur le tourisme. Mais il existe un risque considérable, celui de ne pas convenir dans certains cas, au développement du tourisme.

    • Image négative du requin
    L’image négative de requins parmi le grand public doit être améliorée afin d’influencer les décisions politiques. Scientifiques et opérateurs de plongée doivent faire preuve de prudence pour s’assurer que la ressource est présentée correctement. L’industrie du tourisme, y compris les opérateurs de plongée, devrait être encouragés à présenter les messages de conservation de requin aux touristes et aux plongeurs.

    • Pêche
    Bien que le commerce des ailerons de requin soit en baisse, les marchés de viande de requin se développent. Bien que l’inscription de nouvelles espèces de requins à protéger soit accueillie comme un outil supplémentaire pour la conservation, il n’est pas susceptible d’inverser la surpêche et son efficacité doit être démontrée. Les nouvelles technologies (e-surveillance, satellite, drone) sont essentielles pour mieux surveiller les captures. Les quotas et les limites des prises doivent être appliqués dès que possible.

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