MOOREA – “Un pôle scientifique en Polynésie française devenu compétitif au niveau international”

    samedi 14 novembre 2015

    Le 10 mars 1985, Richard Gump, propriétaire d’un vaste foncier situé en baie de Paopao, inaugurait un bâtiment qui servira de base polynésienne pour une antenne de l’Université de Berkeley. C’était le début d’une grande aventure axée sur la recherche scientifique. Plusieurs missions lui étaient confiées : la recherche fondamentale, de service public et appliquée, ainsi que l’éducation. 
    Durant les premières années, la station ne disposait que d’un bâtiment destiné à quelques chercheurs. Pour ces premiers scientifiques, il leur fallait avant tout comprendre le site et déterminer l’utilité d’une telle station sur une île comme Moorea.
    “Aujourd’hui, nous avons un pôle scientifique en Polynésie française devenu compétitif au niveau international”, explique Neal Davies, directeur de la station. Avant d’en arriver à ce statut, il aura fallu de nombreuses heures de recherche, la présence de nombreux scientifiques, étudiants ou confirmés, pour rédiger des thèses ou mener des recherches en post-doctorat. 
    Et, bien sûr, des mécènes, comme Gordon Moore, inventeur du processeur Intel, un ancien de Berkeley, qui a décidé d’apporter son obole, permettant d’une part la construction de l’actuel bâtiment qui sert de laboratoire, de salle de conférences et de bureaux, ainsi que de quelques unités construites en montagne pour le logement des étudiants. 
    Et ils sont nombreux à passer par cette station. En effet, c’est en 2004 que les premières recherches fondamentales ont été lancées, en particulier sur les récifs coralliens, qui ont fait de cette station le premier réseau américain de recherche sur l’étude du corail. 
    En 2006, c’est le lancement du vaste programme biocode, mené en collaboration avec le Centre de recherches insulaires et observatoire de l’environnement (Criobe) et le Pays, et qui consiste à mettre en place un inventaire numérisé de toutes les espèces marines et terrestres de Moorea (hors monde microbien). 
    En 2010, des études sont engagées sur les liens entre la société, l’homme et l’environnement. En 2011, des chercheurs se lancent sur les problèmes d’acidité de l’océan. 
    Dans le cadre de ses services publics, la station s’est attaquée à la mouche pisseuse, en collaboration avec le service du développement rural, a mené des travaux d’entomologie, ainsi que sur le plan de gestion de l’espace maritime et les changements climatiques, et a “inventé” un fare durable avec l’OPH. 

    De nombreux étudiants chaque année

    L’éducation n’est pas en reste avec de nombreux étudiants en pré ou post-doctorat. Les premiers sont arrivés en 1991 dans le cadre de leur licence en biologie et géomorphologie d’une île tropicale. Depuis, la relève est assurée tous les ans. 
    Berkeley, c’est aussi un mariage, celui de la station scientifique avec l’association Te Pu ‘Atiti’a, créée en 2002. Un mariage qui s’est concrétisé en premier lieu par une convention qui permet aujourd’hui à cette association culturelle, présidée par Hinano Murphy, de bénéficier d’une partie du foncier Berkeley. 
    S’en est suivi la construction de quelques fare traditionnels à vocations éducative et culturelle, l’aménagement d’un amphithéâtre qui a servi de nombreuses fois pour des prestations en plein air, et d’un jardin aux plantes médicinales ou nourricières. 
    L’objectif essentiel est d’établir un cadre d’échange et de travail entre la communauté scientifique et locale, tant sur un plan éducatif que sur le patrimoine et la culture, “pour faire de nos enfants les futurs gestionnaires d’un patrimoine culturel et environnemental”, souligne Hinano Murphy.
    De nombreuses personnes ont fait le déplacement, hier, pour rendre hommage à tous ces chercheurs, dont Éric Clua, chargé de mission à la direction de l’État pour la recherche et la technologie, Gérard Siu, président du premier cluster maritime polynésien et ancien élève de Berkeley, Serge Planes, directeur du Criobe, et Jean-Yves Meyer, délégué à la recherche pour le Pays. Après une présentation du site, tout le monde a été convié à un ma’a Tahiti proposé par l’association Te Pu ‘Atiti’a. 

    De notre correspondant Jeannot Rey

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