Mort du patron de Total : un aiguilleur du ciel novice, un conducteur de chasse-neige qui « perd ses repères »

mercredi 22 octobre 2014

Un aiguilleur du ciel novice, un conducteur de chasse-neige qui perd ses « repères » : les circonstances de la mort du patron de Total se précisent alors que les experts russes et français commencent à analyser les boîtes noires du Falcon. Plus de 24 heures après la collision entre le Falcon de Christophe de Margerie et un chasse-neige sur une piste d’envol de l’aéroport moscovite de Vnoukovo, les témoignages et les premiers éléments de l’enquête officielle permettent de dessiner à grands traits les circonstances qui ont conduit au crash de l’avion à 23H57.
 
• Un conducteur perdu sur la piste ?
Selon l’avocat de Vladimir Martynenko, le conducteur de chasse-neige que les enquêteurs russes accusent d’avoir travaillé en état d’ébriété, l’employé était sobre. « Il a pris des médicaments le matin même mais je ne pense pas que cela ait pu avoir un effet », selon Alexandre Karabanov.
Dans les premières images de son interrogatoire montrées par les télévisions publiques russes, le conducteur dit avoir « perdu ses repères » et n’avoir pas entendu l’avion fondre sur lui. « J’ai perdu mes repères et je ne me suis pas rendu compte que j’entrais sur la piste de décollage, donc on peut considérer que j’y suis entré », déclare-t-il.
« L’avion était en train de décoller, je ne l’ai pratiquement pas vu ou entendu parce que ma machine fonctionnait (et faisait du bruit) et qu’il n’y avait pas de lumière », dit-il. « Et il y a eu le choc ».
Son avocat a souligné que son client n’était pas le seul à travailler ce soir-là. Une colonne de déneigeuses se déplaçait lorsque Vladimir Martynenko a eu « un petit incident ». Il est sorti de son véhicule pour regarder où son véhicule avait heurté un obstacle. « Il a pris un retard de 30 à 40 secondes, assez pour perdre de vue la colonne », a ajouté l’avocat, précisant qu' »à son avis », « le convoi a quitté la piste, mais l’aiguilleur du ciel n’a pas remarqué qu’un véhicule restait encore » sur la piste.
L’avocat fustige les médias qui accablent le conducteur de 60 ans et rappelle que « la tâche d’assurer la sécurité des vols incombe à l’aiguilleur du ciel ».

• Une novice dans la tour de contrôle ? 
Selon une source au sein de l’aéroport de Vnoukovo parlant à l’AFP sous couvert de l’anonymat, l’aiguilleur du ciel qui contrôlait le décollage de l’avion de Total était une jeune recrue. « C’est une jeune fille qui avait été embauchée en août », a indiqué cette source à l’AFP. Selon la presse russe, elle sortait tout juste de l’École supérieure de l’Aviation d’Oulianovsk, sur la Volga, et était « stagiaire ».
Mais toujours selon la presse, elle opérait toutefois sous l’œil vigilant d’un contrôleur du ciel réputé, Alexandre Krouglov, connu surtout pour avoir empêché le crash d’un avion en 2007 à Vnoukovo.
Le rôle du conducteur du chasse-neige, la responsabilité des aiguilleurs du ciel, ainsi qu’une possible erreur des pilotes et la météo sont toujours au centre de l’enquête menée par les experts russes et français arrivés mardi soir à Moscou.
Les enquêteurs ont débuté l’analyse des boîtes noires en commençant par « la copie des informations d’un enregistreur de bord » et vont étudier « la situation météorologique » et le plan de vol de l’appareil, a indiqué le vice-président du Bureau d’enquête pour la sécurité de l’aviation civile russe (MAK), Sergueï Zaïko. L’analyse des données de vol doit prendre « 2 à 3 jours ».

AFP

      Edition abonnés
      Le vote

      Le Kitesurf :

      Loading ... Loading ...
      www.my-meteo.fr
      Météo Tahiti Papeete