Mort subite chez les sportifs des îles du Pacifique : une étude souligne que les Polynésiens sont particulièrement exposés

    samedi 4 juin 2016

    Le Dr Jean-Claude Chatard, médecin et chercheur à l’Unité de médecine du sport du CHU de Saint-Étienne, était de passage au fenua, il y a quelque temps, dans le cadre d’une grande étude sur la prévention de la mort subite chez les sportifs des îles du Pacifique.
    Il explique que si “la pratique du sport est bénéfique pour la santé, dans de rares cas –1 à 2/100 000 par an–, la compétition s’accompagne d’accidents très graves dont le plus redouté est la mort subite”.

    Statistiques qui ne sont malheureusement pas sans rappeler le drame survenu samedi dernier, au terme de la course du Trophée de l’Amiral (lire notre édition du lundi 30 mai).
    “Ces anomalies sont presque toutes cardio-vasculaires. Elles sont principalement détectables par l’électrocardiogramme (ECG) mesuré au repos. Il a déjà été montré que la fréquence des anomalies cardiaques est très variable selon les ethnies. Par exemple, les basketteurs américains ou bien les footballeurs professionnels d’origine africaine ont un risque beaucoup plus élevé que les sportifs ‘blancs’, appelés aussi ‘caucasiens’.

    Il n’existe aucune étude scientifique sur la prévention de la mort subite des sportifs des îles du Pacifique.
    Une collaboration médicale a donc été engagée avec l’aide financière du Fonds de développement du Pacifique entre la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, les îles Samoa et Fidji, la Nouvelle-Zélande et quatre laboratoires de recherche médicale de Saint-Étienne et Rennes.

    Et les populations sportives polynésiennes, mélanésiennes, caucasiennes et métisses ont été plus particulièrement étudiées.”
    Cette étude inédite a concerné plus de 2 000 sportifs, principalement de Nouvelle-Calédonie (1 285), de Polynésie française (426), de Fidji (113), et de onze autres pays. La répartition ethnique était équivalente pour les Mélanésiens, les Polynésiens, les Caucasiens et les métis. Et les premiers résultats ont démontré qu’au total, “5 % des sportifs ont présenté des pathologies cardio-vasculaires”.
    “Chez 40 athlètes, les pathologies présentaient un risque de mort subite, poursuit le Dr Chatard.

    Les autres anomalies étaient surtout valvulaires et le plus souvent d’origine rhumatismale. L’incidence des maladies cardio-vasculaires a été 1,5 à
    2,6 fois plus fréquente chez les sportifs polynésiens (8 % de la population polynésienne) que chez les sportifs mélanésiens (6,5 % de la population mélanésienne), caucasiens (4,4 % de la population caucasienne) ou métis (3,2 % de la population des métis). Elles ont été également réparties chez les filles et les garçons (5 % contre 5,2 %). L’incidence des pathologies cardio-vasculaires présentant un risque de mort subite a été trois à quatre fois plus fréquente chez les Polynésiens que chez les Mélanésiens, caucasiens ou métis.”

    En conclusion, le Dr Chatard explique que “cette étude souligne l’importance de la prévention des morts subites chez les sportifs des îles du Pacifique”. “La population polynésienne, quelle que soit l’origine géographique, est particulièrement exposée. Les causes de morts subites sont détectables par l’ECG de repos et l’échocardiographie, en particulier pour les valvulopathies rhumatismales. Des recommandations sont en cours de rédaction sous forme d’articles scientifiques.”

    V.H.

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