Moruroa Forever, six artistes face à la bombe

    jeudi 29 septembre 2016

    moruroa

    À la fois loin et près du cliché, Andreas Dettloff témoigne à sa façon sur la bombeet ses conséquences. Il expose à la galerie Winkler avec cinq jeunes artistes. (Œuvre : DR)

     

    On ne pouvait pas laisser passer le 50e anniversaire du premier essai nucléaire sans faire quelque chose”, dit Vaiana Drollet de la galerie Winkler. Loin des toiles joliment décoratives qui célèbrent au premier degré les paysages ou l’éternelle vahine, le collectif d’artistes qui s’expose à partir de ce soir et jusqu’au 11 octobre s’empare du nucléaire et de ses conséquences.

     

    Ça n’avait jamais été traité de façon collective et nous avons trouvé intéressant de réunir des artistes de générations différentes”, explique la galeriste. “On a pensé qu’ils allaient avoir quelque chose à dire là-dessus et c’est ce qui s’est produit. Je suis assez heureux du résultat”, déclare, de son côté, Andreas Dettloff.

    Ce dernier, qui avance dans la cinquantaine et qui a participé avec Vaiana Drollet au choix des exposants, est ainsi rejoint par la génération suivante, celle des street artists. Cronos, HTJ, KNKY, Komosulo et THS viennent de l’art urbain, et eux aussi puisent dans les symboles polynésiens comme occidentaux pour s’affirmer.

    Quand je suis arrivé en Polynésie, explique Andreas Dettloff, les peintres de l’époque ne faisaient que des tableaux vahine-cocotiers, et mon travail n’était même pas considéré comme de l’art. Vingt-cinq ans plus tard, ce qui est très agréable, c’est que les jeunes travaillent dans le même sens, et ça devient plus intéressant aussi pour moi de bosser avec eux.

     

    “La question de l’environnement est très dominante”

     

    Andreas Dettloff était, jusqu’en juillet, présent dans l’exposition marquisienne Mata Hoata au Musée du quai Branly à Paris. Il est revenu à Tahiti pour travailler sur cette exposition collective.

    Je fais des va-et-vient. D’ailleurs, l’une de mes dernières œuvres, c’est le bateau pour aller et revenir, dit-il. Les jeunes aussi commencent à faire ça. Par exemple, KNKY ne sera pas au vernissage parce qu’il est à Los Angeles. Ce qui est bien, c’est que ces gens-là cherchent aussi à l’extérieur. Ici, il y a de plus en plus de monde et de moins en moins de travail, alors on est obligé.

    Cette génération-là n’a pas vécu les essais nucléaires et l’exposition reflète ce qu’eux pensent aujourd’hui de ce qui s’est passé, notamment sur le plan environnemental. On a quand même détruit deux garde-manger des Tuamotu, définitivement. C’est tragique dans un pays à la fois très étendu et composé de petites îles. La question de l’environnement est très dominante”, poursuit-il.

    Face à l’indicible, l’indescriptible, c’est dans la dérision que les artistes trempent leurs pinceaux. Une quarantaine de pièces sont présentées, faisant appel à la récupération, au détournement, au collage, sur différents supports : “Il y a de tout, des objets, des tableaux-objets, des peintures sur toile. Mais le plus important, ce n’est pas la technique, c’est le message et l’attitude”, conclut Andreas Dettloff.

     

    C.P.

     

         

            Pratique

     

       Galerie Winkler, du 29 septembre au 11 octobre.
       Vernissage ce soir, à 18 heures.
       Ouvert : du lundi au vendredi, de 9 h à 12 h 30 – 13 h 30 à 17 h et le samedi de 8 h 30 à 12h.      
       Contact : tél. : 40.42.81.77

     

     

     

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