Moustiques de Tetiaroa, vos jours sont comptés

    jeudi 13 novembre 2014

    Depuis 2007, le laboratoire d’entomologie médicale de l’institut Louis-Malardé développe des recherches pour venir à bout de l’Aedes polynesiensis, l’un des moustiques vecteurs notamment de la dengue et du chikungunya. Une expérience pilote est menée sur l’atoll de The Brando, où un premier lâcher de moustiques stérilisants a eu lieu en 2012, avec des résultats concluants. L’an prochain, un apport massif de ces moustiques a de grandes chances de réduire très fortement la population d’Aedes polynesiensis.

    Lire notre sujet dans La Dépêche de Tahiti de jeudi 13 novembre

    Stérilisation bio

    Testée en Polynésie depuis 2007, la technique utilisée sur les moustiques à Tetiaroa consiste à infecter le moustique mâle d’une bactérie présente naturellement sur d’autres espèces, la Wolbachia, ce qui a pour conséquence de le rendre stérile et stérilisant.

    L’Aedes aegypti est arrivé à Tetiaroa

    Les études effectuées début 2013 n’avaient pas relevé la présence d’Aedes aegypti à Tetiaroa. Par contre, il a été détecté en mars 2014, sans être établi complètement sur l’île, juste sur le nord du motu Onetahi où est implanté The Brando. “Nous sommes en mesure, du fait de ce faible nouvel établissement, de l’éliminer rapidement avec des méthodes classiques, mais il ne faut pas attendre.” Des propositions concrètes qui ne peuvent encore être dévoilées vont être faites à l’hôtel d’ici la fin de l’année avec des techniques déjà éprouvées à l’étranger. Des “gravitraps”, des pièges qui ont déjà fait leurs preuves en Australie, pourraient ainsi être utilisés. “Le contexte de Tetiaroa est idéal pour ce type de piège parce que c’est confiné et petit.” Pas si confiné que ça finalement. En s’ouvrant au tourisme, l’atoll a également accueilli des visiteurs indésirables.

    Usine à moustiques, pas pour tout de suite

    L’usine de production de moustiques a été amorcée en 2007, et annoncée en 2011 pour 2013. À cette date, grâce au contrat de projets, une nouvelle structure aurait dû voir le jour sur le site du laboratoire d’entomologie de l’institut Louis-Malardé à Paea. En plus de quadrupler sa surface, le laboratoire aurait aussi pu évaluer les différentes techniques de lutte contre le moustique, porteur de maladies infectieuses. Mais cette usine pilote devait notamment permettre de produire à plus grande échelle des moustiques stérilisants, ou incapables de transmettre la dengue, la filariose ou le chikungunya. Le coût de cette infrastructure était évalué à 735 millions et l’État était donc prêt à mettre la main à la poche. Il en fera pour l’instant l’économie, le contrat de projets arrivant à terme à la fin de l’année. “Il y a tout un tas d’opérations qui n’ont pas pu être engagées ou démarrées avant, qui sont tombées à l’eau”, explique Tea Frogier, la ministre de la Recherche, qui visiblement ne regrette pas la mise aux oubliettes de ce projet. “Nous nous sommes un peu précipités. Nous voulons produire des milliers de moustiques sauf que nous n’avons pas encore véritablement les éléments en matière de lutte adaptée à un type de terrain.” Autrement dit, il en est encore question, mais pas pour tout de suite.

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