Un musée dédié au street art

    lundi 10 octobre 2016

    ono'u street art

    Une tortue en matière recyclable… de toute beauté ! (© Philippe Collignon/LDT)

     

    Alors que le Festival Ono’u 2016 s’est déroulé du 2 au 8 octobre, à Papeete, et se poursuit jusqu’à mercredi, à Raiatea, le tout nouveau musée dédié au street art a été inauguré, samedi dernier, lors d’une soirée branchée, à Papeete. Ce musée,
    créé en moins de dix jours, met à l’honneur les dernières tendances en matière de graffitis technologiques avec le mapping vidéo ou fresques lumineuses étonnantes et autres réalisations en matières recyclables. Il est situé rue Jeanne d’Arc
    et on ne peut pas le manquer, avec sa pieuvre gigantesque trônant sur la façade extérieure. Explications avec Sarah Roopinia, coorganisatrice du festival Ono’u avec Jean Ozonder.

     

    Quel est le concept de ce musée ?
    Il s’agit de montrer de nouvelles facettes de l’art du graffiti et du street art au-delà des grandes fresques murales que la population a pu déjà apprécier.
    On voulait créer une adresse qui soit une passerelle entre la Polynésie et les grandes capitales internationales qui possèdent déjà des galeries et autres lieux de ce type. Ce lieu intéresse aussi bien les Polynésiens que les touristes d’ailleurs.

    Est-ce un musée amené à perdurer dans le temps ?
    Oui, au moins pour deux ans. Il y a des projets à venir de reconstruction d’une partie du centre Vaima et une partie de ce centre sera donc détruite.
    Il nous a semblé alors intéressant de redonner une seconde vie à cette aile du Vaima, un peu comme la tour Paris 13, temple éphémère du street art, qui avait été aussi réinvestie par des artistes.
    Cet embellissement intérieur et extérieur a une vocation culturelle, mais également pédagogique à travers certaines créations 3D, les graffitis fluo ou encore le mapping vidéo : des réalisations exécutées, qui plus est, par les meilleurs dans chaque domaine.
    J’invite la population à venir découvrir ces créations originales !

    Est-ce gratuit ?
    La visite du musée en avant-première est gratuite, mais pour la suite, à l’instar de tout musée, l’entrée sera payante, mais à un prix très abordable.
    L’objectif étant de permettre au plus grand nombre de partager cet espace. Ce projet est, rappelons-le, financé exclusivement par des fonds privés et des fonds propres, même si le festival est soutenu par la ville de Papeete, le ministère du Tourisme et Tahiti Tourisme.

    Les œuvres seront-elles renouvelées ?
    Oui, c’est aussi dans les objectifs. Il s’agit de créer, avec l’arrivée du musée, des résidences de street artistes avec des guests qui seront invités régulièrement à venir compléter les créations présentées et à continuer également à embellir les murs de la capitale. Ce sera une nouvelle phase de ce festival.

    Et pour la suite du festival ?
    Demain (hier, NDLR), nous partons à Raiatea avec un groupe d’une douzaine d’artistes, d’une part pour découvrir la culture polynésienne avec la visite du marae Taputapuatea, mais aussi avec des balades sur le lagon car cela fait tout de même, pour certains, plus de dix jours qu’ils sont à fond, non-stop dans la peinture !
    Et d’autre part, grâce au partenariat avec la ville de Uturoa, on va créer cinq à six nouveaux murs en plein centre-ville. Le graffiti s’invite aussi chez les Raromatai !

    Combien de murs avez-vous réalisé à Tahiti ?
    Une dizaine plus le musée, réalisé par une vingtaine d’artistes internationaux. Ce fut un challenge extraordinaire à vivre et je remercie au passage tous les bénévoles qui ont assisté les créateurs en leur amenant leurs peintures, leurs déjeuners et leurs boissons pour tenir le timing ! Leur dévouement est remarquable. Nous avons pour ambition, il est vrai, d’apporter un tourisme culturel nouveau pour la Polynésie et cela est possible grâce à tous les partenaires privés et les bénévoles.
    C’est grâce à cette synergie incroyable que ce festival peut perdurer et que cette ambition pourra se concrétiser.  

    Propos recueillis par notre correspondant Philippe Collignon

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