N-Calédonie: élection d’un nouveau gouvernement dans l’incapacité de gouverner

    jeudi 1 janvier 2015

    Un nouveau gouvernement collégial a été élu mercredi en Nouvelle-Calédonie, après la chute du précédent le 16 décembre, mais faute de désignation d’un président sur fond de divisions à droite, il ne peut gouverner.
    Les 54 élus du Congrès de ce territoire très autonome étaient convoqués pour élire au scrutin de liste proportionnel les 11 membres du gouvernement.
    En vue de ce vote, cinq listes avaient été déposées : deux indépendantistes, reflétant les principaux courants du FLNKS (Front de Libération Nationale Kanak Socialiste) et trois non-indépendantistes, étiquetées Calédonie Ensemble (CE, centre doit), Front pour l’Unité (FPU, proche UMP) et Union pour la Calédonie dans la France, (UCF, également proche UMP).
    A l’issue du scrutin, la composition du nouvel exécutif était strictement identique à celle du précédent, en terme de casting et d’équilibre, avec six « ministres » de la droite non-indépendantistes et cinq indépendantistes.
    Les choses se sont gâtées lorsque le gouvernement a tenté à huis clos d’élire à la majorité son président.
    Les trois formations non-indépendantiste, qui se déchirent, ont présenté deux candidats : Cynthia Ligeard (FPU), présidente sortante, et Philippe Germain (CE).
    Aucun des deux n’a pu l’emporter. Mme Ligeard a obtenu deux suffrages et M.Germain trois. Les indépendantistes, qui n’entendent pas jouer les arbitres des querelles loyalistes, se sont abstenus ainsi que la seule membre UCF du gouvernement.
    Ce blocage aboutit à une situation assez cocasse où le gouvernement précédent, qui est le même que celui nouvellement élu, va expédier les affaires courantes dans l’attente de l’élection d’un chef de l’exécutif.
    Le haut-commissaire de la République devrait reconvoquer le gouvernement pour une nouvelle tentative si un accord était trouvé. « Ca risque de durer tout le mois de janvier d’autant que ce sont les grandes vacances d’été. Le FPU va marchander son soutien puis il va voter pour notre candidat », confiait-on dans les rangs de Calédonie Ensemble, premier groupe loyaliste au Congrès avec 15 élus.
    Si « la situation venait à perdurer », ce parti réclamerait de nouvelles élections provinciales.
    L’exécutif est tombé le 16 décembre lorsque les trois ministres CE ont démissionné en bloc, en rétorsion au refus du FPU de voter une série de nouveaux impôts destinés à renflouer les caisses de l’archipel.
    Cette démission a sonné le glas d’un Contrat de gouvernance solidaire (CGS), signé dans la douleur entre les frères ennemis non-indépendantistes, au lendemain des élections provinciales de mai 2014, pour garantir la stabilité des institutions.
    « Nous n’avons pas voulu nous soumettre à Philippe Gomes (leader de CE et député UDI,ndlr) alors il provoque une destabilisation des institutions qui n’a pas lieu d’être », a déclaré Grégoire Bernut, chef du groupe FPU au Congrès.
    Chez les indépendantistes, cette crise a été tour à tour qualifiée « d’affligeante », « de grande mascarade de la droite » ou « d’instrumentalisation des institutions ».
    Divisés, les deux poids lourds du FLNKS ont toutefois des analyses différentes, l’Union Calédonienne imputant « l’entière responsabilité à Calédonie Ensemble », tandis que le Palika y voyant « le résultant d’une déconfiture de toute la droite ».
    Cette crise intervient alors que s’est ouvert en mai le dernier mandat de l’accord de Nouméa (1998), qui organise la décolonisation progressive de l’archipel avant un référendum d’autodétermination d’ici 2018.     

    AFP

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