Nabilla, Loana, Zahia, ces stars fragiles dont on guette la chute

samedi 8 novembre 2014

Nabilla, Zahia ou Loana, des inconnues à la féminité provocante que la téléréalité ou un scandale a changées en stars, mettent leur vie en scène pour rester dans la lumière, une gloire fragile dont on guette la chute.
La presse se passionnait vendredi pour la garde à vue de Nabilla (22 ans), soupçonnée d’avoir poignardé son compagnon Thomas, après une histoire d’amour tumultueuse alimentée par les tweets du couple et suivie en temps réel par la presse people et les réseaux sociaux.  Depuis, Nabilla a été mise en examen dans la nuit de samedi à dimanche pour tentative de meurtre sur son compagnon, blessé au couteau deux jours plus tôt, a annoncé le parquet de Nanterre à l’AFP. Un juge d’instruction a mis en examen la vedette de téléréalité pour « tentative d’homicide volontaire », mais aussi, s’agissant d’un précédent incident au sein du couple survenu en août, pour « violences volontaires aggravées ». Un juge des libertés et de la détention devait statuer dans la foulée sur la demande de placement en détention provisoire formulée par le parquet.
 
« On a fait aussitôt de cette agression un récit apocalyptique, comme si Nabilla était montée trop haut et de manière indue. Certains trouvent scandaleux qu’on parle tant de quelqu’un qui n’est ni artiste ni intellectuelle, n’a pas fait d’étude et s’enrichit. Alors, on aime bien le récit d’une chute qui la fait retomber là d’où elle n’aurait jamais dû sortir… Ça a été aussi le cas pour Loana et sa tentative de suicide », analyse Nathalie Nadaud-Albertini, sociologue des médias.
Armée uniquement de sa beauté pulpeuse, de sa jeunesse et de son aplomb, et de l’expression « Allô, non mais allô quoi! », devenue culte, Nabilla a été la première en France a avoir une émission de téléréalité centrée sur sa vie, pendant plusieurs saisons sur NRJ12. Elle devait y faire le show sans arrêt, avec des apparitions de sa famille et de son compagnon Thomas. Son modèle : l’américaine Kim Kardashian, dont le succès médiatique sans bagage artistique est similaire.   
D’innombrables rumeurs sur internet circulent sur Nabilla, alimentées par chacun de ses posts sur Facebook, Twitter ou Instagram. Son histoire avec Thomas, rencontré sur le tournage des Anges de la téléréalité, a toujours été une affaire publique, comme ce tweet du jeune homme en avril annonçant : « Je confirme que je suis séparé de Nabilla », suivi de selfies tristes postés par la starlette.
« Ces people n’ont rien d’autre à vendre qu’eux-mêmes et donc mettent leur vie en scène », explique Virginie Spies, maître de conférence à l’université d’Avignon et spécialiste de la téléréalité.
 

– Durer –

 
« Elles deviennent presque des personnages de fiction, dont on suit la vie comme une série. Les Loana, les Nabilla, c’est un peu la voisine, pas la star inaccessible, ce que tout le monde peut devenir au détour d’une vidéo qui fait le buzz. Le tout est de durer : elles doivent faire quelque chose tout le temps ». 
C’est à partir de 2001 qu’avec Loft Story la téléréalité a mis le projecteur sur des inconnus, dont la gloire subite a été relayée par de nouveaux magazines comme Public (2003) ou Closer (2005), friands de ces vedettes d’un nouveau genre. 
Les réseaux sociaux ont ensuite été une caisse de résonance idéale, tandis que la téléréalité,  dont le tournage est très peu coûteux, est devenue un filon pour les nouvelles chaînes sans grands moyens de la TNT, comme NRJ12. 
« Les réseaux sociaux comme Twitter, avec des messages courts et des photos choc, sont parfaites pour ces people en quête de +personal branding+. La presse people reprend leurs messages dans ses pages. Mais le principal est le récit de leur vie, le +storytelling+ », souligne Mme Spies. Un outil très utilisé par Zahia, ex-call girl au centre d’un scandale avec des footballeurs devenue créatrice de lingerie, qui poste toujours des selfies très décolletés sur Twitter.
« Avec la téléréalité et les réseaux sociaux, il y a une forme de proximité immédiate avec les people qu’on ne pouvait pas avoir avant », remarque Nathalie Nadaud-Albertini, auteure de « Douze ans de téléréalité, au-delà des critiques morales » (Ed. INA, 2013)
Quelques anciens du Loft ont connu des réussites plus classiques. Kenza Braiga a persévéré dans une carrière radio et vient de devenir animatrice de la matinale de France Bleu Sud Lorraine, et Steevy Boulay est devenu chroniqueur de Laurent Ruquier.   

AFP
 

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