Nauru – La liberté d’expression réduite

    samedi 16 mai 2015

    Plus rien ne l’arrête. Il y a deux semaines, le gouvernement de Nauru avait bloqué Facebook sur toute l’île. Officiellement, pour « lutter contre la pornographie sur Internet ».
    Mardi, le gouvernement nauruan a passé une nouvelle loi. Cette fois-ci, il interdit tout commentaire, qui pourrait « agiter les haines raciales, religieuses et politiques », et ainsi déstabiliser l’ordre public. Un nouveau délit qui sera passible de sept ans de prison.
     
    Asile. Concrètement, si les migrants détenus sur l’île critiquent leurs conditions de détention ou la lenteur administrative de Nauru, dans le traitement de leur demande d’asile, ils peuvent tomber sous le coup de cette nouvelle loi.
    Les députés d’opposition aussi ont du souci à se faire. Ils critiquent le centre de rétention, mais pas seulement. Et ils affirment être muselés par le gouvernement. L’année dernière déjà, le gouvernement nauruan a interdit aux medias locaux d’interviewer des membres de l’opposition.
    « Le gouvernement nauruan a de quoi être paranoïaque. Après tout, il accueille un centre de rétention, ouvert par l’Australie. Et l’accueil des migrants pose toutes sortes de problèmes : de sécurité nationale, mais aussi géopolitiques », explique Jason Brown, le rédacteur en chef du Pacific Freedom Forum, un réseau régional de journalistes qui milite pour la liberté d’expression.
    Il y a actuellement environ mille demandeurs d’asile dans ce centre de rétention, et quelques dizaines de réfugiés, relachés, vivent librement sur l’île. L’Australie tente de les convaincre d’accepter d’être transférés au Cambodge.
     
    Silence. De son côté, le gouvernement australien garde le silence. Aucun commentaire sur les mesures récentes de Nauru. « Les restrictions imposées sur Internet à Nauru relèvent du gouvernement de Nauru », se borne à déclarer le ministère australien de l’Immigration.
    « Même si l’on met de côté le problème du centre de rétention, Nauru a signé toutes sortes de traités internationaux dans lesquels il s’est engagé à garantir les droits de l’homme et la liberté d’expression. Avec ces mesures, le gouvernement nauruan renie ses engagements. Et je ne pense pas que les contribuables australiens et les pays développés apprécient que l’aide qu’ils donnent à Nauru serve à limiter la liberté d’expression », commente Jason Brown.
    Nauru est sortie grande gagnante du nouveau budget présenté par le gouvernement australien en début de semaine. Contrairement à d’autres pays comme l’Indonésie, les Philippines ou encore le Vietnam, qui voient le montant de leur aide diminuer, Nauru continuera à recevoir de l’Australie le même montant d’aide au développement que l’année dernière – soit environ 30 millions de dollars australiens pour 10 000 habitants.

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