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Ne supportant pas la séparation, il tente d’écraser son ex-épouse

mardi 28 novembre 2017

justice tribunal

Des moyens supplémentaires avaient été mis en place pour éviter tout débordement pakumotu. (© Florent Collet)

Déploiement de forces de l’ordre inhabituel, au palais de justice, lundi, où toute personne entrant était soumise à un contrôle d’objets métalliques.

La raison : le passage en comparution immédiate de celui qui aurait été désigné, selon ses propres dires, comme le “chef de la police du royaume pakumotu”.

En janvier 2014, des coups de feu avaient été tirés contre la police venant procéder à une interpellation. Toutes les précautions ont donc été prises pour éviter un éventuel débordement.

Hier, ils étaient nombreux à être venus assister au procès de F.P. Cet homme de 62 ans vivait une relation de couple depuis plusieurs années, s’était marié en décembre 2016, pour finalement divorcer en septembre afin de profiter d’un régime plus favorable de la CPS.

Mais la situation s’est envenimée lorsque sa conjointe a réussi à décrocher un emploi, après des années de recherche.

L’homme a déjà montré, par le passé, son degré de jalousie et de possessivité, par exemple en se fâchant quand sa femme disait bonjour à son cousin, ou lorsqu’elle se rendait chez sa fille, l’homme étant jaloux du conjoint de cette dernière.

Il s’était d’abord montré inquiétant, en allant insulter son ex sur son lieu de travail, avant de la menacer. “Fais attention à toi. Je vais te tuer”, avait-il notamment répété.

Le calvaire s’était poursuivi pour la femme, qui était partie se loger chez son cousin. Pas de quoi décourager le mari déchu, qui avait poursuivi sa femme et son cousin en voiture, en proférant des menaces et en percutant le véhicule.

Il avait également interpellé le cousin, quelques jours plus tard, aux abords du marché. Mais la discussion avait rapidement tourné à la bagarre.

 

“Il voulait l’écraser”

 

La tension était encore montée d’un cran, quelques jours plus tard. Alors qu’elle descendait du bus, sa femme avait remarqué à F. P. qu’il était garé juste derrière. Au moment de traverser, il avait alors accéléré.

“Il voulait l’écraser. La femme a juste eu le temps de l’éviter”, a relaté un témoin. “Je me souviendrai toujours de cette haine qu’il avait dans les yeux”, raconte la femme à la barre.

Elle explique également pourquoi F. P. refuse la séparation. “Il souhaite me garder pour le nourrir car il ne travaille pas.”

L’homme a reconnu les faits durant son audition mais refuse d’endosser certains torts, une fois à la barre.

Il conteste ainsi avoir percuté le cousin. “C’est un menteur. D’ailleurs, ce n’est pas son cousin. Ils veulent se mettre ensemble. C’est normal que je sois jaloux”, clame F. P., en adressant un regard noir audit cousin.

F. P. a un sentiment de toute puissance. Il est manipulateur et ne supporte pas la frustration, estime l’expert psychiatre, en raison notamment de carences affectives.

 

La liberté, premier des droits

 

Enfant d’un ancien adjoint au maire de Paea alcoolique et violent, il avait été rapidement placé chez une tante, où il avait été maltraité, avant de devenir SDF.

Engagé comme commando, il a participé à des missions en Afghanistan et au Liban. Il a également été choqué après un accident de la route où il avait perdu un cousin et un ami.

Le procureur s’est inquiété du “décalage” entre la réalité des faits matériels et la conception qu’en a le prévenu.

Il a mis en avant le sentiment de toute puissance de F. P., refusant que sa conjointe travaille.

“En 2017, ce genre de comportement n’est plus du tout acceptable. Aujourd’hui, un être humain, quel que soit son sexe, son âge ou son origine, a des droits. Le premier d’entre eux, c’est la liberté. Ce que vous avez ce n’est pas de l’amour, c’est de la rage et de la jalousie. Et il faut se faire soigner. Je n’ai aucune confiance en vous. Rien de ce que vous avez fait aujourd’hui montre que vous avez tourné la page.”

Avant de requérir trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis avec une mise à l’épreuve de trois ans avec obligations de soins et l’interdiction d’approcher les victimes. Il sera suivi par les juges.

F. P. a été ainsi été conduit en détention sous bonne escorte et sous le regard désapprobateur de ses comparses pakumotu.

FC

 

 

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