“Notre seule option : l’allégement du Tuhaa Pae en attendant la fin des travaux”

    jeudi 13 août 2015

    Les habitants de Tubuai ont des avis divergents sur les travaux engagés dans le chenal, qui sont, pour beaucoup, source de nuisance ou d’incompréhension. Le Tuhaa Pae qui ravitaille les Australes et dont le tirant d’eau n’est pas adapté aux profondeurs actuelles du chenal, essuie même des critiques, certains estimant que “c’est le bateau qui doit s’adapter et non la nature.” Jean-Paul Fa Shin Chong, capitaine du Tuhaa Pae IV, répond aux interrogations des îliens.

    LDT Quel est votre point de vue au sujet des travaux du chenal  ?
    Jean-Paul Fa Shin Chong : Au départ de Papeete le navire est vraiment chargé, Rimatara et Rurutu sont desservies en premier afin d’alléger le navire, pour pouvoir aborder par la suite Tubuai. C’est une question de sécurité, le dragage du chenal reste nécessaire. À certains endroits, il n’y a qu’un mètre d’eau, ce sont les endroits à faible tirant d’eau où ces travaux sont nécessaires. Une étude a été réalisée par les ingénieurs de l’entreprise Boyer. Le navire rencontre donc des difficultés lorsqu’il est à pleine charge. Pour éviter le problème, nous devons desservir Rapa et Raivavae puis Rurutu et enfin Tubuai, afin d’avoir la marge nécessaire pour entrer dans le chenal. Les précautions sont prises afin que le chargement ne mette pas en péril la sécurité du navire, de son équipage, et de sa livraison dans les temps. Des consignes qu’il faut respecter et suivre scrupuleusement. Nous devons tout le temps être prudents… On essaye de repartir avant la marée basse.
    L’année dernière, l’hélice du navire a percuté le fond : une situation qui s’est vite chiffrée en millions pour l’armateur. Notre seule option est l’allégement du navire en attendant la fin des travaux.
    J’ajoute que l’élargissement du chenal pourrait aussi permettre aux croisiéristes d’emprunter cette voie, et donc, d’augmenter la fréquentation touristique, ce qui serait bénéfique pour l’économie de l’île. Cela permettrait aussi au Tahiti Nui de faciliter ses opérations en s’amarrant directement au quai.

    Concernant les tarifs, certains disent que le transport sur le Tuhaa Pae est trop cher…
    Le barème est fixé par le gouvernement, et nous sommes tenus de le respecter. C’est vrai qu’il y a aussi une question de monopole, mais nous n’en profitons pas du tout. D’ailleurs au départ de Tubuai, nous partons plutôt à perte. C’est difficile tout de même pour nous. Nous devons rentabiliser le bateau : heureusement que les agriculteurs qui embarquent en réfrigéré nous confient leurs récoltes car ce n’est pas sur les bouteilles de gaz vides à rapatrier sur Tahiti que nous faisons des bénéfices. Au retour de Tubuai vers Tahiti il n’y a pas grand-chose dans les cales. Notons que Tubuai et Rurutu restent quand même les îles des Australes les plus rentables pour le navire. Raivavae est desservie un voyage sur deux, sans oublier Rapa. D’ailleurs l’équipage demande à ce que les îles de l’archipel soient desservies correctement… c’est un souhait naturel puisque pour la plupart, ils sont originaires des Australes.

    Un dernier mot pour nos lecteurs  ?
    Il n’y a qu’un seul bateau qui ravitaille les Australes et le transport par avion, cela reviendrait trop cher. Nous faisons de notre mieux. Je pense qu’il faut trouver un terrain d’entente pour les deux parties. Les associations, la commune. Il faut aussi consulter la population et son maire. Nous essayons vraiment de satisfaire la clientèle des Australes. Trouvons un terrain d’entente et travaillons ensemble, pour la population.

    Propos recueillis par notre correspondant TTT

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