Le nouveau directeur régional de Polynésie 1ère prend ses marques

    samedi 3 décembre 2016

    Avec ce nouveau poste à Pamatai, Gérald Prufer aura dirigé tour à tour chacune des stations outre-mer de France Télévisions, sauf Saint-Pierre-et-Miquelon. Il porte un intérêt particulier à l’expression des cultures ultramarines. (© Polynésie 1ère)

    Avec ce nouveau poste à Pamatai, Gérald Prufer aura dirigé tour à tour chacune des stations outre-mer de France Télévisions, sauf Saint-Pierre-et-Miquelon. Il porte un intérêt particulier à l’expression des cultures ultramarines. (© Polynésie 1ère)

     

     

    Gérald Prufer, le nouveau directeur régionale de Polynésie 1ère, est arrivé il y a 15 jours au fenua. Originaire de Martinique, il fait ses débuts à FR3 Lorraine en 1981. Suivent plusieurs affectations dans les outre-mers et à Paris. En 1998, il est nommé rédacteur en chef de RFO Mayotte, puis de RFO Martinique en 1999. Défenseur des langues régionales, il crée le JT de 13 heures en créole. Il est ensuite directeur régional de Wallis-et-Futuna en 2001, puis de RFO Nouvelle-Calédonie en 2002 et, en 2005, directeur régional de RFO Réunion. Après un retour au siège parisien en 2008, il devient directeur régional de Mayotte 1ère en juin 2010, puis de Guyane 1ère en septembre 2014.

     

     

     

    Vous êtes arrivé au fenua il y a 15 jours. Quelle est aujourd’hui votre perception de Polynésie 1ère ?

    D’abord, je suis très content d’être là, c’est un vieux rêve. Après avoir dirigé pratiquement toutes les stations outre-mer (de France Télévisions, NDLR), il me manquait Tahiti et Saint-Pierre-et-Miquelon. Tahiti c’est fait, Saint-Pierre-et-Miquelon… ce n’est pas un climat pour moi !

    C’est une station dans laquelle il y a un savoir-faire indéniable, il y a du beau matériel et du personnel très responsabilisé dans le cadre du développement des nouveaux médias.

     

     

    Justement, on parle beaucoup de convergence des médias. Avez-vous trouvé que Polynésie 1ère est bien avancée dans ce domaine, est-ce bien accepté ?

    Sur le plan de l’organisation, c’est fait. Sur le plan de l’acceptabilité, il y a encore une marge de progression et tout l’art pour moi sera d’amener non seulement l’ensemble des rédactions, mais aussi tout le personnel de la station à cette convergence.

    La formation est permanente et la formation sur les nouveaux outils, notamment les smartphones, fait partie de nos priorités en 2017.

     

     

    Comment concilier cela avec les suppressions de postes qui ont été annoncées à France Télévisions ?

    L’entreprise France Télévisions a perdu du jour au lendemain, par décision présidentielle, 400 millions d’euros (47,5 milliards de francs, NDLR). Avec 400 millions en moins, une entreprise normalement constituée met la clé sous le paillasson.

    France Télévisions a encaissé le choc, mis en place un plan de départs volontaires. Aujourd’hui, sur les cinq années qui viennent, l’effort sera moins brutal, il y aura environ 500 suppressions de postes, soit une moyenne de 100 par an.

    Stations d’outre-mer comme chaînes métropolitaines seront touchées, à une échelle moindre, mais c’est aussi une question d’organisation au sein de la station.

     

     

    Actuellement, quels sont vos effectifs ?

    Nous sommes 158 personnes. Après, c’est vraiment une question d’organisation. Il n’est de force que d’hommes et de femmes, donc c’est à nous, peut-être avec un élément en moins et un élément en plus, à nous organiser pour répondre aux attentes des téléspectateurs.

     

     

    Quelle sera votre politique de production locale, de coproduction ?

    La politique de documentaires de découverte, pas seulement pour le Fifo, mais aussi pour l’ensemble de l’outre-mer, est à discuter.

    Le budget 2017 est en discussion, pour au minimum conserver le niveau de 2016. Après, je souhaite rencontrer les producteurs et influer un peu plus sur la ligne éditoriale que nous souhaitons. Nous ne pouvons pas nous contenter de recevoir des productions, de signer en bas de la page et de n’être qu’un simple guichet d’enregistrement.

     

     

    Quelle ligne éditoriale souhaitez-vous faire émerger ?

    Je voudrais déjà que les documentaires faits en Polynésie soient diffusés bien au-delà de la Polynésie.

    Cela nécessite des accords avec les autres stations du Pacifique, Wallis-et-Futuna et la Nouvelle-Calédonie, puis au-delà, d’aller chercher aux Antilles et dans l’océan Indien des diffusions, même en deuxième partie de soirée.

    Ce qu’on a fait lundi, par exemple, sur la langue, c’est magnifique (Te reo tumu, NDLR). C’est tout à fait diffusable en Guadeloupe, en Martinique, en Bretagne, partout où se pose le problème de la langue. Je souhaite donc que nos productions soient diffusables ailleurs, et deuxièmement, qu’elles soient séquençables sur Internet.”

     

     

    Donc, davantage de documentaires d’information et moins de “documentaires carte postale” ?

    La carte postale, c’est déjà fait. Maintenant, il faut travailler la culture au corps, il faut exprimer véritablement l’âme polynésienne dans le monde d’aujourd’hui.

     

     

    Un message à faire passer ?

    D’abord, saluer les gens des cinq archipels, que je ne connais pas encore, leur dire que je viens apprendre, que j’ai appris l’humilité en Nouvelle-Calédonie.

    Ce n’est pas moi qui vais changer la Polynésie, c’est certainement la Polynésie qui va me changer. Je suis originaire des Antilles, dans les gênes, j’ai plein de choses, il y a l’histoire, l’esclavage, l’abolition, Aimé Césaire… et je vais apprendre, comme j’ai appris à Mayotte, en Guadeloupe, en Calédonie, et mettre toutes mes connaissances au profit de la Polynésie.

     

     

    Propos recueillis par Caroline Perdrix

     

     

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