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Un nouveau procureur général entre en fonction

lundi 28 août 2017

thomas pison

Thomas Pison renoue avec l’outre-mer “avec beaucoup de plaisir et encore plus d’émotion”. (© Florent Collet)

“L’installation d’un nouveau procureur général est “un moment fort de la vie de la cour d’appel”, a rappelé Bernard Simier, substitut général à la cour d’appel de Papeete, lors de son discours de bienvenue à l’adresse de Thomas Pison, qui a officiellement remplacé, vendredi, François Badie, parti à la retraite.

Tout ce que la Polynésie compte d’officiels était donc présent, vendredi, dans la grande salle d’audience du palais de justice de Papeete.

Le président du Pays, le représentant de l’État, deux des trois députés, ministres, représentants de l’assemblée et du Conseil économique, social et culturel, mais aussi tous les colonels et commandants de la gendarmerie, de la police, des douanes et de l’administration pénitentiaire ainsi que les magistrats ont pu découvrir le parcours de celui qui représente désormais le ministère public et donc la société, au sein des cours d’appel et d’assises.

Âgé de 55 ans, Thomas Pison est né à Grenoble. Il a débuté sa carrière en tant que juge d’instruction à La Réunion, puis à Bastia, en Corse, en tant que substitut du procureur.

En 2004, il rejoint Fort-de-France en Martinique, où il a notamment participé à la mise en place du Groupement d’intervention régional (GIR) permettant, entre autres, l’arraisonnement de narcotrafiquants.

Il a ensuite été nommé procureur de la République à Ajaccio, en Corse, puis à Nancy, en 2012, où il exerçait avant d’être nommé en Polynésie.
Il est désormais procureur général près la cour d’appel de Papeete. Une promotion pour lui, ce qui en fait également le plus jeune à exercer cette fonction en outremer.

Thomas Pison s’est également distingué en tant que président de la Conférence des procureurs de la République, où son discours, en décembre 2015, dénonçant le manque de moyens des parquets avait beaucoup fait parler.

À Papeete, il aura notamment pour missions de mener à terme les projets déjà lancés, tels que la modernisation du casier judiciaire, et devra jouer un rôle d’animation et soutien juridique. “Jamais l’ennui ne vous gagnera, car en Polynésie française, il se passe toujours quelque chose”, a conclu Bernard Simier.

 

Expérience de la justice de terrain

 

Régis Vouaux-Massel, premier président de la cour d’appel, s’est réjoui, de son côté, de la “solide expérience de la justice de terrain” de Thomas Pison, qui a été juge d’instruction dans quatre régions différentes, l’invitant tout de même à ne pas se fier à son expérience en outre-mer pour exercer en Polynésie en raison du statut d’autonomie.

De son côté, le nouveau procureur général n’a pas caché “renouer avec l’outre-mer (…) avec beaucoup de plaisir et encore plus d’émotion”.

S’il a jugé trop prématuré et “difficile de fixer véritablement une feuille de route”, promettant de “découvrir ce territoire avec la plus grande humilité et (de) s’en imprégner pour construire”, il a fixé trois axes pour répondre à une attente.

“Le judiciaire a une place prépondérante dans la société, il y a une attente forte du citoyen qui attend transparence et égalité de la justice.”

Il entend ainsi donner “lisibilité et cohérence” à l’action de la justice, et faire preuve de “détermination” notamment pour lutter contre les principaux fléaux identifiés en Polynésie et contre lesquels le garde des Sceaux, venu en Polynésie en mai, avait jugé comme priorité : les violences intrafamiliales, la délinquance des mineurs et les atteintes à la probité.

Il souhaite aussi jouer le rôle de facilitateur et d’appui au tribunal de première instance. Il entend également développer la culture de la gestion, un moyen de justifier les demandes de moyens “pas pour le confort, mais pour le bon équilibre des forces de notre démocratie contre la délinquance”. Il promet ainsi que face “aux demandes sans cesse plus importantes de la chancellerie, il me faudra les filtrer pour que le parquet se concentre sur l’action publique”.

Celui qui n’avait pas hésité à dénoncer le manque de moyens de la justice ne compte pas perdre sa liberté de parole ni son franc-parler en arrivant au fenua. Il l’a démontré en interview à l’issue de l’audience lorsqu’il a été question de la propagation de l’ice.

“C’est préoccupant, notamment pour les jeunes d’ici, car ce produit est une véritable merde, ce n’est pas très correct, mais c’est la réalité. Ceux qui en prennent sont très mal après.”

Sa nouvelle promotion n’est donc pas un moyen de le condamner au silence.

“En devenant procureur général, j’espère ne pas perdre cette capacité à passer des coups de gueule sur les moyens, même s’il y a des choses qui vont mieux, honnêtement. En Polynésie, les moyens sont quand même bons, même s’ils peuvent être améliorés.”

 

Florent Collet

 

 

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