Nouvel exploit de Philae avant son assoupissement

vendredi 14 novembre 2014

Philae est parvenu à envoyer vendredi soir un nouveau flot de données scientifiques et a réussi une rotation, probablement un dernier sursaut avant qu’il ne s’éteigne samedi faute d’énergie, à l’issue d’une mission d’ores et déjà historique.
Posé sur la comète « Tchouri » à plus de 500 millions de kilomètres de la Terre, le robot a envoyé un signal « montrant qu’il est toujours vivant », a annoncé à l’AFP le CNES, l’agence spatiale française, vers 22H30 GMT (23H30 heure de Paris). « Le signal a été rétabli et les données scientifiques affluent de la comète » Tchouri, selon un tweet de l’Agence spatiale européenne (ESA). « La liaison est arrivée plus tard que prévu. Peut-être que j’ai bougé un peu? », a plaisanté Philae sur son compte Twitter.
Autre bonne nouvelle de la soirée: le robot a réussi à faire un forage de dernière minute même si on ne sait pas encore s’il a réussi à ramener un échantillon de la surface de la comète. « Le premier forage sur une comète est devenu une réalité! », s’est vanté Philae.
La feuille de route du robot est notamment de trouver sur le noyau de la comète des molécules organiques qui ont pu jouer un rôle dans l’apparition de la vie sur Terre, les comètes étant les objets les plus primitifs du système solaire.
Le robot va toutefois entrer en sommeil lorsque ses batteries solaires seront déchargées, « ce qui se produira samedi », à une heure non déterminée, a indiqué l’ESA sur son blog. Les scientifiques craignaient que le robot ne s’éteigne vers minuit, l’empêchant d’envoyer ses données les plus récentes.  « Il y a tant de travail… Je commence à être fatigué… ma batterie approche de ses limites », a tweeté Philae,  précisant qu’il était depuis 56 heures sur la comète.
Philae, qui s’est posé à l’ombre entre des rochers, a d’abord fonctionné avec une pile d’une durée de vie de 60 heures. Mais ses batteries solaires qui devaient prendre le relais ne reçoivent pas assez de lumière pour lui permettre de continuer à être actif.
Nouvelle prouesse du robot: il a également réussi une manoeuvre de rotation qui devrait permettre à ses panneaux solaires de recevoir davantage de lumière à l’avenir car la comète file vers le Soleil.
Cela pourrait permettre au robot de sortir de son hibernation aux alentours de l’été, selon Philippe Gaudon, chef du projet Rosetta au CNES (Centre national d’études spatiales) à Toulouse (sud de la France).
Largué par la sonde européenne Rosetta, le petit robot a atterri mercredi en fin d’après-midi sur le noyau de la comète Tchourioumov-Guérassimenko, une première de l’histoire spatiale qui a tenu le monde en haleine.
Pendant ces trois jours d’activité, le robot a travaillé d’arrache-pied. Ses dix instruments ont été activés.
Les molécules organiques très attendues par les scientifiques peuvent être récoltées grâce à l’échantillon au sol (qui devait ensuite être réchauffé avant de pouvoir être analysé) mais pas seulement. D’autres instruments ont « sniffé » les poussières à la surface de la comète et la récolte a été bonne.
Le robot, qui pèse 100 kg sur la Terre et a une masse d’un gramme sur la comète, a récolté une mine d’images et de données scientifiques, qu’il transmet à la sonde Rosetta qui les envoie sur Terre.
Philae a radiographié l’intérieur de la comète, étudié son magnétisme, fait des images du sol, analysé les molécules complexes dégagées par la surface. « Les résultats de Philae sont extraordinaires », avait d’ores et déjà estimé vendredi après-midi Marc Pircher, le directeur du CNES à Toulouse. « 80% du travail du robot a été fait », avait-t-il assuré avant le flot de nouvelles données.
Cette mission « est unique et restera unique à jamais », a souligné Andrea Accomazzo, directeur de vol de la mission Rosetta, lors du point de presse de l’Agence spatiale européenne (ESA).
« Nous avons réussi à faire fonctionner tous les instruments de Philae. C’est un grand succès. On peut être satisfait », a estimé M. Gaudon.
Les scientifiques espèrent que le robot pourra sortir de son hibernation en août prochain. A ce moment-là, la comète sera très près du soleil.
Quoiqu’il advienne à Philae, la mission Rosetta est loin d’être terminée. La sonde, qui a déjà parcouru 6,5 milliards de km dans l’espace, poursuivra son escorte de « Tchouri » au moins jusqu’au 13 août. C’est à cette date que la comète passera au plus près de l’astre. 
L’atterrissage sur une comète est une première dans l’histoire de l’exploration spatiale, point d’orgue d’une aventure entamée il y a 20 ans, qui a coûté 1,3 milliard d’euros.
 
AFP

      Edition abonnés
      Le vote

      Le Kitesurf :

      Loading ... Loading ...
      www.my-meteo.fr
      Météo Tahiti Papeete