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NOUVELLE-CALÉDONIE – 1 200 jeunes rencontrés pour choisir la bonne voie

mercredi 19 juillet 2017

NC jeunes

Habitants du squat de Tina, Rivaldo, Belinda et Kamen l’observent, voire le vivent au quotidien : “Des jeunes enchaînent les petits contrats parce qu’il faut qu’ils ramènent de l’argent, mais ils ne s’en sortent pas”. (©Photo : LNC)

Le bruit et l’ombre ne laissent planer aucun doute, un avion passe non loin de Tina. Près de l’eau, dans le squat, à Nouméa, Charles Némia échange avec quelques jeunes. Des filles et garçons qu’“il ne faut pas laisser dans la nature”, insiste le référent. “Ils peuvent ajouter une pierre à l’édifice.”

Depuis le début de l’année, à l’initiative du vice-président du gouvernement Jean-Louis d’Anglebermes, un programme peu banal est déployé : aller à la rencontre de la population sur tout le territoire afin de recenser les besoins en termes de projet “emploi-formation” et l’aider à trouver le chemin.

Plus de 1 200 jeunes, éloignés d’un travail, parfois un peu perdus, ont été écoutés, dont 250 à Koutio, Montravel, Numbo, ou encore ici, dans le squat de Tina. Comme Kamen, originaire de Lifou “où j’ai grandi”. La demoiselle, âgée de 26 ans, et mère de deux garçons en bas âge, a quelques diplômes en poche, un BEP carrières sanitaires et sociales ainsi qu’un bac pro accompagnement, soins et services à la personne.

Mais la vie ne fut pas que tendre. Décès de la maman puis du papa quasiment coup sur coup, absence du concubin… Pourtant une idée est bien claire : “Je suis intéressée par les métiers de la santé, aide-soignante et infirmière. Je n’ai pas les possibilités de financer une préparation aux concours comme au Greta.”

Les beaux-parents donnent un coup de main en ce moment, pour le quotidien. Kamen souhaite trouver “une aide” pour préparer ses examens.

Chocolaterie et cinéma

 

À deux pas, un grand gaillard, au profil de footballeur, amuse un poupon. Lui aussi de sang drehu, Rivaldo “habite au squat de Tina depuis tout petit”. Une fois gagné le baccalauréat économique et social “du premier coup”, cap fut mis sur une recherche d’année universitaire. Le choix s’est arrêté sur une licence anthropologie, sociologie, science politique. En attendant, à Nouméa, “j’ai travaillé dans une grande surface, le cinéma, une chocolaterie…”

L’université est à Lyon, dans l’Hexagone. Soit. Deux bourses sont accordées et le sac est posé dans l’avion. “Quand je suis parti, la situation de mes parents était bonne, ils travaillaient.” .  Et le tableau s’est soudainement dégradé, l’emploi a disparu. “C’était critique pour tous les deux”, claque Rivaldo, au rapide débit de paroles.

“En fait, je savais que ça n’allait pas. Donc je suis revenu” sans avoir validé la première année de cours. L’étudiant a 20 ans et se pose des questions. Mais l’objectif du diplôme demeure. Belinda écoute, calmement. La jeune fille a, elle, arrêté le lycée, a obtenu le Bafa, le brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur, et s’est aperçue “que j’aimais bien travailler au milieu des enfants. Puis j’ai fait des petits boulots, à gauche à droite.” Un jour, alors qu’une visite à la MIJ s’annonçait pour lancer une candidature au recrutement en gendarmerie, l’œil est accroché par la formule du service volontaire européen.

Bingo, “j’ai choisi la Roumanie”, observe Belinda, 24 ans, aux racines plantées du côté d’Ouvéa. Pendant l’année, là-bas, dans la nation d’Europe du sud-est, “j’ai été formée à travailler dans les écoles, à assister les professeurs, à donner des cours de français et d’anglais…”Depuis son retour en Nouvelle-Calédonie en mai, l’intention est de décrocher le brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport, le BP JEPS, un diplôme d’État. Les dossiers se retirent en octobre. L’attente.

Autour de Charles Némia, la remarque est entendue. “Il y a trop de jeunes dans la nature, ils ont abandonné, ils ont essayé de réussir mais la motivation n’est pas éternelle.” La liste des noms est longue.

 

Les Nouvelles calédoniennes

 

 

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