Nouvelle-Calédonie – Alerte a la roussette

    mercredi 6 mai 2015

    Qui aurait pu se douter que les roussettes du Parc forestier étaient porteuses d’un vilain germe ? Le Nipah virus fait son apparition sur le Caillou. Découvert en 1999, il tire son nom du village où il a été identifié, en Malaisie.
    Cette nouvelle forme de « zoonose », transmissible des animaux à l’homme et inversement, a été identifiée lundi sur trois roussettes du parc par les services de la Davar (direction des affaires vétérinaires, alimentaires et rurales). Par précaution, la protection autour du personnel a été renforcée, les animaux euthanasiés, et leurs onze colocataires mis en quarantaine.
    Si la chauve-souris de type Pteropus représente le réservoir naturel, le porc peut constituer un hôte amplificateur de la maladie. Elle se manifeste alors par des signes respiratoires et parfois neurologiques. L’infection se transmet d’un sujet à l’autre par les sécrétions de l’animal (urine, salive, excrément). En contact direct avec ces déjections (plaies au pied ou à la main par exemple ou salive), l’homme peut être contaminé. L’infection se traduira par des symptômes grippaux et respiratoires, des maux de tête, une désorientation et un coma, à l’issue potentiellement fatale.
     
    Suspicion. A ce stade, les autorités sanitaires ne sont pas en mesure de dire à quel moment le virus est apparu en Calédonie. Les roussettes infectées provenant d’une saisie à Yahoué, qui remonte à 2010. Elles auraient donc pu être infectées avant d’entrer au parc. Le contraire semble peu probable. « Il est possible qu’il soit apparu il y a de nombreuses années », indique Sonia Backès, membre du gouvernement en charge de l’agriculture, à l’occasion d’une conférence de presse hier.
    Vu que la chauve-souris ne présente aucun signe pathologique, se pose la question de savoir comment le laboratoire d’analyse a su qu’il fallait isoler précisément ce germe, chez cet animal et dans cette réserve.
    Réponse : un expert du Muséum national d’histoire naturelle de Paris est passé par là, fin 2013. Sur ses conseils, la Davar et les responsables du parc ont engagé une batterie de prélèvements sur les animaux. « Mais nous n’avions aucune suspicion, on a juste étendu nos recherches à d’autres maladies émergentes, dont le Nipah », développe Valérie Campos, chef du Sivap (service de l’inspection vétérinaire, alimentaire et phytosanitaire). Découverte « fortuite » ? « Un peu », admettent les autorités sanitaires.
     
    Enquête. Mais pas de place pour la psychose. Le risque pour l’homme reste « faible », rassure Jean-Paul Grangeon, chef de la Dass (direction des affaires sanitaires et sociales). « La contagion n’a pas l’air systématique, souligne Almudena Lorenzo, directrice du parc. Elles sont en permanence collées en grappes dans l’enclos et, jusqu’à présent, les autres n’ont pas été infectées, ». Qui plus est, « le risque est plus réel pour la leptospirose » renchérit Jean-Paul Grangeon. Le danger, c’est qu’il n’existe encore aucun vaccin pour le Nipah virus. Seuls les symptômes peuvent être traités.
    Avant d’en arriver à un scénario catastrophe, une enquête sanitaire est en cours. Elle s’oriente désormais vers la mise en place d’une veille cartographique. Il s’agit de savoir, dans le milieu sauvage, quelles roussettes sont porteuses du virus. En parallèle, le laboratoire d’analyses s’attaque à l’état de la population porcine. Les 400 prélèvements sur des porcs (dont 100 sur des porcs sauvages) en sa possession devront passer l’examen des microscopes.
     
    LNC

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