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Nouvelle-Calédonie – Attention aux fausses coupures de 5 000 F

jeudi 16 mai 2019

Ce sont les billets de 5 000 F qui ont été les plus contrefaits depuis le début de l’année, observent les autorités. Comme en Polynésie française. Photo : Les Nouvelles calédoniennes/Jean-Alexis Gallien-Lamarche

Ce sont les billets de 5 000 F qui ont été les plus contrefaits depuis le début de l’année, observent les autorités. Comme en Polynésie française. (Photo : Les Nouvelles calédoniennes/Jean-Alexis Gallien-Lamarche)

Il palpe délicatement le “bifton”, l’incline d’en avant en arrière, le rapproche de son oreille tout en le froissant. Au bureau de la brigade financière de la police nationale, l’enquêteur se réinstalle au fond de son siège, la mine étonnée. “Ces billets de 5 000 F sont de bonne facture, les faussaires se sont clairement améliorés”, dit-il.

Depuis un signalement de l’Institut d’émission d’outremer (IEOM) il y a quelques semaines, ce policier et un collègue sont sur la trace d’un faux monnayeur que l’on dit déjà prudent et malin. Qui se cache derrière ces faux billets plus vrais que vrais ? Travaillet-il seul ou en équipe ? Quel matériel utilise-t-il ? Est-il basé à Nouméa ou en Brousse ? Les pistes sont, pour l’heure, assez maigres et les indices peu nombreux. Les policiers vont, dans un premier temps, chercher à savoir dans quels commerces ou stations service les billets ont été “refourgués” en contactant les transporteurs de fonds.

“Ce n’est pas évident… Vous imaginez combien de billets de 5 000 F sont encaissés quotidiennement dans une station-service…”, confie une source proche du dossier qui sait bien qu’il faut s’armer de patience dans ce genre d’affaires. “On attend la petite erreur du faussaire qui le fera tomber”, raconte le policier de la “financière”, sourire malicieux en coin.

Depuis 2014 et la mise en circulation des nouveaux francs Pacifique, plus compliqués à imiter, les cas de contrefaçons ont chuté. Cette récente arrivée sur le marché de fausses coupures a donc de quoi inquiéter et pousser à la vigilance.

 

Meilleure qualité de papier

 

“Avant, les billets étaient facilement falsifiables. Les faussaires collaient deux feuilles l’une sur l’autre, et ça marchait. Cette fois-ci, ils n’utilisent qu’une planche et des imprimantes performantes, que l’on trouve sur le marché, pour réaliser ces faux 5 000”, précise l’enquêteur.

Rémi Fritsch, directeur adjoint de l’IEOM, en convient, “la qualité du papier est bien meilleure que les années passées”. Érica Gerbier, du service de la monnaie fiduciaire de l’IEOM, relativise, ces coupures restent tout de même des contrefaçons “grossières” qui seraient facilement détectables pour tous ceux qui connaissent les points de sécurité. Et pourtant, des commerçants se font encore piéger.

Les faux monnayeurs ont plus d’un tour dans leur sac pour tromper leur vigilance. Ils n’utilisent leurs billets, souvent pliés, que lorsqu’il y a du monde à la caisse. Pressé, le commerçant est alors moins concentré pour vérifier l’authenticité de la coupure. “Ils vieillissent les billets avec de la boue, des solvants ou dans une machine à laver”, révèle une source proche de l’enquête.

Les malfrats auraient, par ailleurs, arrêté de produire des coupures de 10 000 F, préférant les billets bleus “sûrement que c’est plus facile à écouler”, estime Érica Gerbier. Le policier poursuit : “Le bleu serait plus facilement imprimable que le rouge”.

La prise de risque est, en revanche, trop importante pour imprimer des billets de 500 et 1 000 F.

 

“C’est la même personne”

 

Un élément intrigue. La Polynésie française fait, elle aussi, face à une recrudescence de faux billets, “deux ou trois millions de francs auraient été mis en circulation”.

“On ne peut pas encore savoir avec certitude si ce sont les mêmes billets, les mêmes faussaires. L’hypothèse d’une même équipe n’est pas encore totalement exclue”, indique-t-on à la brigade financière. Un rapprochement entre les groupes d’enquête est annoncé pour “comparer les numéros de séries”.

En quatre mois, deux fois plus de faux billets ont été retrouvés sur le territoire que sur toute l’année dernière. “C’est la même personne, les billets se ressemblent tous”, est persuadée Érica Gerbier.

Qui se cache donc derrière ces fausses coupures ? “Souvent des gens en manque d’argent qui n’ont pas conscience de ce qu’ils font, que la contrefaçon de monnaie, ce n’est pas rien”, analyse le policier. C’est un euphémisme. La fabrication et l’émission de faux billets sont punies de la peine de trente ans de réclusion criminelle devant une cour d’assises.

 

Les Nouvelles calédoniennes

 

 

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