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Nouvelle-Calédonie : Les cagous de la rivière Bleue en pleine expansion

mercredi 17 juillet 2019

Entre 1984 et 2015, la population de cagous du parc a été multipliée par douze, passant de 60 à plus de 700 individus. Photos Aurélien Pol

Entre 1984 et 2015, la population de cagous du parc a été multipliée par douze, passant de 60 à plus de 700 individus. Photos Aurélien Pol

“C’est la technique la plus efficace à ce jour”.  Le recensement de la population de cagous de la rivière Bleue a débuté. Pour réaliser cette étude, JeanMarc Mériot, un des seuls spécialistes de l’oiseau emblème du pays, utilise la méthode Létocart, la plus efficace à ce jour, qu’il est seul à mettre en pratique. Les premiers résultats de l’ornithologue tendent à confirmer des théories pour le moins surprenantes.

“En 2019, nous lançons une opération de recensement des cagous”, lance Joseph Manauté, directeur du Parc provincial de la rivière Bleue (PPRB), enthousiaste. Les employés du parc ont de quoi être fiers, leurs efforts ont payé. La population de cagous, espèce protégée, n’a cessé de croître entre 1984 et 2015, passant de 60 à 700 individus environ. “Cette explosion est due au plan de sauvegarde des cagous du PPRB (lire par ailleurs), mis en place dans les années 1980”, souligne Jean-Marc Mériot, le responsable adjoint du PPRB, seul spécialiste des cagous encore en activité dans le pays.

L’ornithologue est d’ailleurs l’unique agent habilité à effectuer ce recensement. “Je suis le seul à maîtriser la méthode de comptage d’Yves Létocard, le premier grand spécialiste des cagous, qu’il a créée en 1984, date du premier recensement. C’est la technique la plus efficace à ce jour.”

Hier, vers 4 heures, Jean-Marc Mériot se réveille dans le logement de passage du PPRB. “Je compte les cagous en écoutant leurs cris. Et ils ne chantent qu’au lever du jour. Il faut que je sois au point d’écoute à l’heure”, souligne-til, en jetant un oeil sur sa montre. Les préparatifs sont rapides. “Je fais ça depuis vingt ans, j’ai l’habitude”.

À 5 heures, le spécialiste monte à bord de son pick-up et prend la direction du point de vue du houp. “Il y a vingt lieux d’écoute sur le parc. Yves en a placé dix-sept, j’en ai ajouté trois.” L’expert a une vue à 360 degrés. “Sur ce point en hauteur, je vois tout à un kilomètre à la ronde, c’est le périmètre d’étude. Quand les cagous chanteront, je pourrais les placer sur la carte”, explique-t-il, carnet de notes en main. “Je me rends sur chaque lieu d’écoute quotidiennement, pendant trois jours, histoire de confirmer mes chiffres. Tu peux avoir un jour où tu n’entends rien et un autre où tu as six ou sept cagous qui chantent. C’est une estimation. A la fin de cette période, je fais le bilan, je constate si c’est le même oiseau ou non…”

Jean-Marc Mériot s’interrompt, tend l’oreille. Un cri en pleine forêt dense humide, milieu de prédilection des cagous, se fait entendre. L’expert se fige et mime un comptage avec ses doigts. « Douze syllabes ! C’est un mâle. Solitaire en plus, sinon plusieurs cagous auraient chanté. J’effectue toujours la différence entre les sexes pour le recensement et j’essaie de déterminer si l’individu est seul ou en famille. » Le recensement s’achèvera au mois de novembre

 

Des cagous dans le maquis minier ?

 

Une analyse sera effectuée à la fin de l’opération pour établir la densité, le sexe ratio et la situation géographique des spécimens entendus. Les deux derniers recensements, en 2009 et en 2015, ont abouti à la même conclusion, soit 700 cagous sur l’ensemble du parc. “Il y a plusieurs théories à confirmer pour cette opération.” Tout d’abord, une éventuelle saturation du milieu de forêt dense humide, mesurant plus de 8 500 hectares. “Les cagous s’approprient des territoires. Peut-être qu’il n’y a plus assez de place pour s’installer. Le chiffre de 2019 confirmera nos hypothèses.” Quant à la seconde théorie, “nous pensons que des individus se seraient installés dans le maquis minier, en périphérie de la forêt dense humide, qui n’est pas initialement adaptée aux cagous, pour pallier ce manque d’espace justement”. Si ces hypothèses sont confirmées, “je devrai ajouter des points d’écoute. Cela induirait que notre Parc se porte très bien.” D’ailleurs, certains lieux d’écoute ne sont accessibles que par voie pédestre. “On peut marcher pendant trois jours parfois et camper trois nuits. Je cherche toujours un successeur pour transmettre mes connaissances. Je n’ai toujours pas trouvé d’intéressé.”
L’appel est lancé.

 

Les Nouvelles calédoniennes

 

 

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