Nouvelle-Calédonie – Le Caillou à l’heure de la croissance au ralenti

    mercredi 28 septembre 2016

    croissance

    L’année 2010 est probablement la plus singulière de la dernière décennie. La construction de l’usine du nord se traduit dans les chiffres par une envolée conjointe de l’investissement, des importations et de la croissance. (Infographie : DR)

     

    Bien loin des pics à plus de 5 %, mais toujours légèrement supérieur à son équivalent métropolitain (1,3 %, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee)), que penser du taux de croissance de l’année 2015 ?

     

    Pour Romuald Pidjot, qui a mené l’étude pour l’Institut de la statistique et des études économiques de Nouvelle-Calédonie (Isee), le chiffre phare de 1,4 % ne doit pas être pris à la légère. “L’activité économique a connu une période d’expansion exceptionnelle, avec un sommet en 2011. Nous assistons à un ralentissement de l’expansion, mais elle se poursuit tout de même.

    C’est un taux de croissance “à l’occidentale”, analyse Jean-David Naudet, le nouveau directeur de l’Institut d’émission d’outre-mer (IEOM). On peut comprendre qu’il suscite une certaine inquiétude, mais ce ralentissement n’est pas vraiment surprenant.” Au sein des trois institutions impliquées dans l’étude présentée hier, la notion de “phase d’atterrissage” semble faire l’unanimité.

    L’économie calédonienne ne s’effondre pas, elle trouve un rythme de croisière après plusieurs années de croissance effrénée, tirée par le chantier de l’usine du nord. Et en l’absence de nouveau méga projet ou de rebond prolongé des cours du nickel, il paraît illusoire de retrouver un taux de l’ordre de 3,7 %, la moyenne annuelle entre 1998 et 2011.

    Parmi les trois variables qui composent la croissance, l’étude souligne la contribution des exportations. Elles ont progressé de 14 % “sous l’impulsion des ventes de produits du nickel”, dont le volume a largement augmenté. Le niveau d’investissement poursuit, quant à lui, la chute entamée en 2011, avec un recul de 3,8 %.

     

    Consommation, bilan contrasté

     

    La dernière composante, la consommation, présente un bilan contrasté. “Les dépenses des ménages sont en progression de 1,7 %, mais la population a augmenté de 1,8 % sur l’année”, explique Florian Renault, chef des études économiques à l’Isee. “Le PIB par habitant a légèrement régressé et les foyers ont puisé dans leurs réserves pour maintenir leur niveau de vie.” L’analyse en termes de secteurs d’activité, enfin, est marquée par la réduction extrême de la part de l’industrie du nickel.

    Directement affectée par l’effondrement des cours, cette part ne représente que 3 % de la valeur ajoutée calédonienne, quand elle s’élevait à 17 % en 2007. On touche là aux limites de l’exercice. “L’outil ne permet pas d’apprécier le vrai poids du nickel dans l’économie du pays, intervient Véronique Daudin, directrice de l’Isee. Le nickel pèse environ 20 % des emplois, ce qui est une donnée bien plus significative.

    L’instrument est ainsi renvoyé à ce qu’il est : une façon de mesurer l’activité, qui ne suffit certainement pas à décrire la situation ou les évolutions de l’économie d’un pays. De la même façon, la croissance du PIB dit finalement peu de chose de la situation de l’emploi, dont les effectifs salariés ont stagné en 2015 (+0,1 %), comme l’indique l’étude.

    Il est très difficile d’établir le lien entre croissance et emploi, poursuit Florian Renault. Il existe, mais le grand nombre de variables de notre modélisation ne permet pas de l’isoler.

     

    Les Nouvelles calédoniennes

     

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