Nouvelle-Calédonie – Centre de radiothérapie de Koutio

    lundi 3 octobre 2016

    radiothérapie

    Le directeur du centre de radiothérapie de Nouvelle-Calédonie, Patrick Cottin, accueillera aujourd’hui les premiers patients. (Photo : LNC)

    Le centre de radiothérapie installé à Koutio reçoit aujourd’hui ses premiers patients. Autant de personnes qui ne sont plus obligées de quitter la Calédonie pour se soigner. Point d’étape avec son directeur, Patrick Cottin.

     

     

    Vous attendiez entre 350 et 400 patients cette année. Comment les choses s’annoncent-elles ?

    Nous avons eu une drôle de surprise ! Nous projetions de recevoir huit à dix patients pour le premier mois. Nous en avons neuf par semaine et sept pour le mois de novembre. Nous dépasserons certainement les prévisions.

     

    Comment expliquez-vous cette affluence ?

    Principalement par le fait que des patients qui devaient partir en évasan ont préféré attendre et être soignés en Calédonie. D’autre part, même si cela ne représente que 8 à 10 % de l’activité, nous allons recevoir également les personnes qui ont besoin d’un traitement palliatif. Elles n’étaient pas traitées jusqu’alors pour des questions de coût.

     

    De combien de personnes est constituée votre équipe ?

    L’équipe sera complète le 1er novembre avec l’arrivée de notre second médecin. Nous serons alors quatorze. Trois bénévoles de la Ligue contre le cancer seront également à nos côtés. L’une d’entre elles sera en permanence à l’accueil pour renseigner les patients. Nous serons donc entre 16 et 17 personnes en temps réel.

     

    Le Réseau oncologie sera aussi dans vos locaux. Est-ce habituel dans les centres français ?

    Il y a obligation, quand un centre de radiothérapie ouvre, de signer une convention d’association avec le réseau oncologie. Ici, il implique une cinquantaine de médecins spécialistes issus des secteurs public et privé

    .Ils participent régulièrement aux réunions de concertation pluridisciplinaires au cours desquelles sont traités les dossiers des patients atteints du cancer. Le réseau s’installera dans nos locaux en décembre.

    Or, la Calédonie a été plus loin que la métropole. Elle n’a pas voulu d’une simple convention, mais nous a donné conjointement l’autorisation d’exercer.

     

    Le fait que l’autorisation d’exercer a été donnée conjointement à un centre privé et au réseau oncologie est une première nationale. Quelles seront les répercussions économiques de l’ouverture du centre sur la Cafat (caisse de protection sociale, NDLR) ?

    Une estimation a été réalisée par la Cafat et la direction des affaires sanitaires et sociales. Sur la première année, 2017, l’économie est estimée à 300 millions de francs.

     

    D’où proviennent ces économies ?

    Nous sommes de 1 à 1,5 % moins cher que la métropole et l’Australie sur les traitements. Ce n’est donc pas là-dessus que les économies se font mais sur les évasan. L’autre levier repose sur la limitation des arrêts maladie. L’objectif est d’arriver à les diviser par deux.

     

    Continuer à travailler est-il compatible avec un traitement de radiothérapie ?

    Pour les personnes en longue maladie ou en soins palliatifs, ce n’est malheureusement pas possible, comme pour certaines tumeurs. En revanche, pour les tumeurs primaires, donc au démarrage, il est même fortement conseillé de continuer à travailler ou de conserver une activité. De plus, attaquer très tôt les tumeurs peut permettre d’éviter d’en arriver aux longues maladies.

     

    Le choix d’un centre privé fait grincer certaines dents…

    Choisir un opérateur privé a été un sacré pari politique. Mais d’une part, nous allons faire faire des économies à la Cafat. D’autre part, le centre reverse des impôts directs et indirects à la Calédonie.

    Un exemple : la masse salariale de 12 millions par mois, avec 43 % de charges sociales. Ou encore, le pouvoir d’achat des familles de nos salariés qui est très important puisqu’ils sont très qualifiés et qu’ils vont consommer en Calédonie.

    Et puis, il est difficile de chiffrer le bien-être familial, social quand un malade n’est pas obligé de quitter la Calédonie pour se faire soigner. 

     

    Propos recueillis par
    Les Nouvelles calédoniennes

     

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