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Nouvelle-Calédonie – Une comptable de la NMC détourne 150 millions de francs

jeudi 2 mai 2019

La NMC, qui comptait 668 salariés en 2017, approvisionne l’usine de Gwangyang, en Corée.

La NMC, qui comptait 668 salariés en 2017, approvisionne l’usine de Gwangyang, en Corée.

Elle avait scrupuleusement tout archivé. Sur son ordinateur, la direction et les cadres de la NMC ont retrouvé des dizaines d’ordres de virement frauduleux. Pas un ne manquait. En ouvrant le tiroir de son bureau, ils ont eu le souffle coupé. Ils y ont découvert les signatures du vice-président et du directeur administratif soigneusement découpées. Cela lui permettait, grâce à une méthode de collage, d’auto-signer les ordres de virement et de détourner l’argent.

Mais comment les cadres de la Nickel Mining Company (NMC) ont-ils pu être dupés à ce point par cette comptable considérée comme un bon élément au sein de la société ? “Elle faisait partie de la famille NMC, on ne comprend pas”, souffle sans s’attarder une responsable de l’entreprise, en quittant le palais de justice.

Quelques minutes plus tôt, les juges du tribunal correctionnel de Nouméa se sont penchés sur l’histoire de cette comptable, accusée d’avoir détourné une petite fortune à la filiale de la SMSP (Société minière du Sud Pacifique) du groupe Sofinor. Pendant huit ans, de 2010 à 2018, la salariée a volé plus de 150 millions de francs.
Absente au procès

Dix-sept minutes d’un procès où la mère de famille d’une trentaine d’années a brillé par son absence. Le dossier qui se dresse face à la présidente, Évelyne Camerlynck, est volumineux. Des milliers de feuilles comptables, de rapports d’investigations et de retranscriptions d’auditions. Conclusion des spécialistes en délinquance financière de la section de recherche de la gendarmerie et du GIR (groupe d’intervention régional), le système mis en place par la comptable était “extrêmement difficile à tracer” et “chronophage”.

Sa première technique, début 2010, a consisté à “créer en comptabilité une opération au débit d’un compte fournisseur, générant ainsi une écriture qui laissait supposer que la société devait de l’argent à ce fournisseur”, décrit Me Frédéric Descombes. “Un ordre de virement était donc généré. Elle imitait ensuite la signature des responsables pour transférer l’argent sur son compte”, révèle l’avocat de la NMC.

 

Voitures, voyages, maison…

 

Les années passent et la trentenaire détourne chaque mois des centaines de milliers de francs, sans que personne ne s’en aperçoive. Jusqu’à ce que la NMC renforce ses procédures de contrôle. “J’ai adapté à trois reprises ma méthode”, avait spontanément raconté la comptable aux gendarmes. Au début de l’année 2018, une procédure de contrôle quasi imparable est mise en place.

La comptable a un instant de panique. Elle réalise deux virements de six millions “dans un comportement presque suicidaire”, note Me Descombes, et disparaît du jour au lendemain. Ses collègues et amis ne la reverront plus.

“Avide d’argent”, d’après la juge, l’employée a mené la belle vie, s’achetant des voitures, une maison, des billets pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande ou encore un quad pour son fils. Et même si les 150 millions détournés ne “représentent que 0,07 % des flux financiers annuels de NMC”, “il faut une sanction exemplaire pour qu’elle ne recommence plus jamais et vis-à-vis des centaines de salariés pour que le message soit clair. Quand il y a de tels agissements, c’est la case prison, direct”, a plaidé Me Descombes.

Message entendu par le parquet. Quatre ans de prison et la confiscation des scellés ont été requis par le procureur Richard Dutot. Le jugement a été mis en délibéré. La comptable qui aimait trop l’argent risque un séjour au Camp-Est.

 

Les Nouvelles calédoniennes

 

 

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