Nouvelle-Calédonie – Le coup de colère d’un collectif contre l’insécurité

    mercredi 5 avril 2017

    NC

    Sans prévenir, une cinquantaine de motards se sont installés devant le haussariat. Le reste du collectif les a rapidement rejoints. Le début d’un bras de fer pour le collectif, qui se veut “pacifiste” mais extrêmement déterminé. (© LNC)

    Ulcérés et bien déterminés à obtenir des réponses. Quitte à muscler l’action. Les membres du collectif contre l’insécurité, créé après la mort d’Aurélie Marcias, ont réussi leur pari, hier matin en mobilisant près de 200 personnes sur un parking à Auteuil. Le point de départ d’une journée marathon, où ils ont obtenu in fine des rendez-vous avec les autorités et les responsables politiques.

    “L’insécurité en Nouvelle-Calédonie touche tout le monde, a clamé en préambule, Johnny Etile, l’un des porte-parole du collectif. On a tous des opinions politiques, mais que les choses soient claires : ce collectif est apolitique. Certains élus et responsables ont proposé de se joindre à nous et on leur a simplement dit non. On n’en veut pas. On ne lâchera rien. On a fait des revendications et on restera mobilisés quoi qu’il en coûte. Ils vont devoir prendre leurs responsabilités.”

    Le ton était donné. Fort d’environ 200 personnes, le groupe a  demandé une rencontre express avec le premier magistrat, Éric Gay. Au bout d’une heure, ils ont obtenu gain de cause. Une heure plus tard, c’était la soupe à la grimace.

    “Éric Gay a failli partir à deux reprises, explique Johnny Etile. On trouve normal qu’il ait pris la mouche suite à ce qu’on a pu écrire. Mais à l’écouter, tout va bien en Nouvelle-Calédonie et il trouve qu’on exagère. Il nous a expliqué les compétences de la mairie et apparemment il ne peut pas faire grand-chose. J’ai été accusé d’amplifier les choses. Mais on a prévu le coup. On va donc bloquer le haussariat.”

    En quelques minutes, la menace est mise à exécution. Devant les grilles du haussariat, les motos s’installent et il reste encore une centaine de personnes prêtes à rester jusqu’au bout. Plus question de reculer.

    De nouvelles discussions débutent pour entrer chez le représentant de l’État. “Nos revendications sont claires, s’acharne l’un des membres. Nous voulons rencontrer un membre du haussariat, le président de la province Sud, le président du gouvernement et les maires du Grand Nouméa et de Nouméa. Il faut qu’ils parlent de sécurité. Est-ce que ça intéresse quelqu’un ici ? Tant que nous n’aurons pas gain de cause, nous poursuivrons notre action.”

    Ces exigences seront difficiles à satisfaire. Mais les membres du collectif évoquent les multiples rencontres qu’ils ont déjà eues avec divers responsables par le biais d’associations. Ils veulent tous les voir en même temps “pour les mettre face à leurs responsabilités”.

    “Le secrétaire général propose de vous rencontrer, explique un policier. Une délégation de 15 personnes peut venir pour discuter. En revanche l’État ne gère pas l’emploi du temps de tout le monde.”

    La foule grogne. “Ce sera tout le monde ou rien. Et s’il veut parler, il n’a qu’à descendre.” Le ton monte. Surtout lorsque Laurent Cabrera fait préciser qu’il ne peut pas s’exprimer en public en période de réserve, avant les élections.

    Dans la colère, certains préconisent de bloquer un axe routier. C’est le statu quo devant les grilles. Jusqu’à ce qu’une issue soit enfin trouvée. Aux alentours de 15 heures, le collectif l’annonce officiellement : “Nous avons obtenu du secrétaire général du haussaire une réunion au plus tard ce vendredi matin avec tous les interlocuteurs demandés. Nous ne voyons pas de raisons qu’ils ne soient pas tous présents”.  
    Sinon, d’ores et déjà, ils annoncent une autre journée de mobilisation.    

     

    Les Nouvelles calédoniennes

     

     

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