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Nouvelle-Calédonie – Édouard Philippe borne le chemin jusqu’au référendum

mercredi 6 décembre 2017

édouard philippe calédonie

Devant les 54 membres du Congrès de Nouvelle-Calédonie, Édouard Philippe a défini, hier, les étapes qui précéderont le référendum sur l’indépendance prévu d’ici novembre 2018. (Photo : Fred Payet/AFP)

Après quatre jours d’immersion en terre calédonienne, le Premier ministre Édouard Philippe a défini, hier, les étapes qui précéderont le référendum sur l’indépendance prévu d’ici novembre 2018, mesurant “les risques” de ce moment “sensible” pour le Caillou en paix depuis 30 ans.

S’exprimant devant les 54 membres du Congrès de Nouvelle-Calédonie, le chef du gouvernement a salué “l’héritage” et “les acquis” des 30 dernières années, en rendant un hommage appuyé aux “géants” qui ont balisé le chemin de la paix, qualifiant ainsi les acteurs des accords de Matignon signés en 1988, Michel Rocard, Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur.

Ils ont ouvert “le chemin qui permet de dépasser les haines et les violences, sans pour autant parvenir totalement à effacer les peurs, les souffrances, le souvenir des victimes”, a-t-il estimé.

Plus largement, il a salué le processus de paix en cours dans l’archipel après les affrontements meurtriers entre indépendantistes kanak et loyalistes “caldoches” dans les années 80. Dans le sillage des accords de Matignon, l’Accord de Nouméa a instauré en 1998 une décolonisation progressive débouchant sur une consultation sur l’indépendance.

“Vous avez fait fructifier ici un actif immatériel d’une valeur inestimable. Ce qui a été fait est unique et incroyablement précieux”, a déclaré le Premier ministre.

Estimant que l’échéance électorale constituait “une richesse, une opportunité”, il a cependant reconnu qu’elle était aussi “un moment tellement sensible”, présentant “évidemment des risques”. “Je les mesure, ces risques (…) mais j’ai confiance”, a-t-il insisté.

Alors que la vie politique calédonienne est figée en deux blocs, au sein de la population, l’inquiétude est palpable face à la difficulté des dirigeants locaux à éclairer l’après-référendum. La séquence électorale de 2017 a de surcroît conduit à une radicalisation des discours.

Mais hier, Édouard Philippe a affirmé sa volonté d’aborder les enjeux avec “respect”, “humilité” et “responsabilité”, face “à l’immensité de la tâche”.

“N’ayons pas peur de nos peurs”, a-t-il ajouté, se voulant rassurant : “La consultation aura lieu” et “l’État est totalement engagé pour que le scrutin se déroule dans des conditions de transparence telles qu’il ne puisse pas être contesté”.

La formulation de la question posée par le référendum devra être “sans ambiguïté, compréhensible” et “binaire”, a-t-il ajouté. Devant la presse plus tard, il n’a pas voulu “préjuger de la réponse”.

C’est au “peuple calédonien” de se prononcer, a-t-il déclaré au Congrès.

Il a proposé un Comité des signataires de l’accord de Nouméa pendant “la première quinzaine de mars” et des discussions autour de “quatre thèmes de travail” afin d’aboutir, d’ici la fin du premier semestre 2018, à “un socle d’analyses et de valeurs permettant d’avancer”.

Seront évoqués “le bilan” de l’accord de Nouméa, “les compétences transférées ou à transférer” de l’État français à l’archipel, “la place de la Nouvelle-Calédonie dans le monde” et “les valeurs et projets qui font consensus”.

En dépit de l’importance de la question institutionnelle, Édouard Philippe a souhaité que “les urgences de la vie quotidienne”, telles que la sécurité, la transition énergétique, la jeunesse ou encore l’industrie du nickel, ne soient pas “oubliées”.

Un discours apprécié d’un bout à l’autre de l’échiquier politique calédonien.

Édouard Philippe devait quitter l’archipel hier soir. 

 

AFP

 

 

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