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Nouvelle-Calédonie : Édouard Philippe défend le “rééquilibrage” économique

mardi 5 décembre 2017

“Le projet avance en dépit des difficultés liées au prix du nickel” et de problèmes techniques à l’usine de nickel KNS. (Photo : Fred Payet/AFP)

“Le projet avance en dépit des difficultés liées au prix du nickel” et de problèmes techniques à l’usine de nickel KNS. (Photo : Fred Payet/AFP)

Édouard Philippe a poursuivi hier son déplacement en Nouvelle-Calédonie avec une longue étape en province du Nord, territoire indépendantiste où il a insisté sur les efforts menés depuis l’accord de Nouméa pour un rééquilibrage économique et social.

Au troisième jour de son déplacement sur le Caillou, le chef du gouvernement s’est rendu sur la tombe du leader indépendantiste Jean-Marie Tjibaou, assassiné en 1989, un geste symbolique à moins d’un an d’un référendum historique sur l’indépendance.

Dans la tribu de Tiendanite, dans une nature luxuriante non loin de Hienghène (côte est), il a aussi planté un arbre et salué la mémoire de dix indépendantistes kanak tués en décembre 1984 dans une embuscade tendue par des métis “caldoches”.

Édouard Philippe s’est vu remettre, par l’un des fils de Jean-Marie Tjibaou, un drapeau kanak, “parce que c’est ça à quoi on aspire”.

À Tiendanite, “on est forcément indépendantiste du fait de notre histoire”, a estimé son frère Emmanuel, rappelant qu’en 1917, l’armée avait “maté à la mitrailleuse” l’insurrection des hommes de la tribu qui refusaient de s’engager.

“Ici, on n’a pas de nickel, pas de tourisme, juste notre identité. C’est notre patrimoine”, a-t-il ajouté.

Dans cette province dirigée par Paul Néaoutyine, chef de file de l’UNI-Palika (Union nationale pour l’indépendance), la population s’est longtemps considérée comme la grande oubliée de l’archipel, notamment face à la province du Sud qui concentre 80 % du PIB calédonien et 75 % de la population.

Mais peu à peu, depuis l’accord de Nouméa (1998) qui prévoyait un rééquilibrage territorial en faveur des zones majoritairement peuplées par les Kanak, “le développement économique est au rendez-vous”, a souligné le Premier ministre, qui a visité l’un de ses emblèmes, l’usine de nickel KNS (Koniambo Nickel SAS), à Koniambo.

 

“Se préparer à gérer”

 

“Cette usine constitue un des éléments importants du dispositif de rééquilibrage de l’économie et de la production vers la province du Nord”, a insisté Édouard Philippe.

“Ça fonctionne, de plus en plus de salariés sont originaires de Nouvelle-Calédonie et ont vu leur compétence évoluer”, a salué le Premier ministre. “Le projet avance en dépit des difficultés liées au prix du nickel” et de problèmes techniques.

Autre symbole de ce rééquilibrage, les prémices de la création d’une antenne nord de l’université de Nouvelle-Calédonie, à Baco, qui accueillera 3 200 étudiants d’ici 2020.

“Le taux d’accès des jeunes de la province Nord à l’université est actuellement deux fois inférieur à celui de la moyenne de la Nouvelle-Calédonie”, selon le directeur de l’université.

Paul Néaoutyine a appelé les jeunes à “se saisir de l’opportunité pour se préparer à gérer le pays”.

Édouard Philippe a visité à Baco une zone d’activités située sur des terres coutumières, longtemps dévalorisées économiquement. Désormais, un montage juridique et bancaire spécifique, via la création d’un Groupement de droit particulier local (GDPL), permet de donner des garanties aux investisseurs et aux banques.

 

AFP

 

 

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