Nouvelle-Calédonie : Grogne en bord de plage

mardi 4 novembre 2014

Micros, amplis et discours offensifs étaient de sortie, dimanche, à la plage 1 000 à Nouville. Le Cedhak (Collectif pour le droit de l’homme kanak) et le collectif Touche pas à ma plage ont manifesté contre « la privatisation de cette plage ».
« La construction de cette clinique va interdire l’accès à la plage. Il y a incompatibilité. Ce n’est pas le lieu pour ça », dénonce Warawi Wayenece, du Cedhak. Sans être opposé directement à la construction du Pôle hospitalier privé (PHP), il entend saisir collectivités et Etat sur la question et demander à ce que le projet soit déplacé. « On nous réduit notre espace vital alors que cette plage contribue à évacuer le stress et au bon équilibre psychologique des enfants », poursuit le militant, tandis qu’une trentaine de personnes, dispersées dans leurs véhicules, écoutent à distance les interventions qui se succèdent.
 
Voie. Sauf qu’après vérification, Jean-Jacques Magnin, directeur du PHP, l’affirme : « en aucun cas on ne touchera à la plage ». « Il est prévu un aménagement de l’accès par la DITTT [Direction des infrastructures, de la topographie et des transports terrestres]. Le gouvernement nous a fait savoir que c’était en cours », complète-t-il avant de renvoyer sur Icade promotion, le promoteur à qui a été confiée la réalisation de la polyclinique. Et là aussi, réponse identique.
Lors de la signature du bail avec le gouvernement, en avril, il était prévu que la mairie aménage la plage et y installe quelques équipements de base. Et que dans le cadre de la viabilisation du terrain, la DITTT construise une nouvelle voie, à une dizaine de mètres sur la droite de la première entrée de la plage. L’actuel accès passant sur le terrain du PHP. « Ce décalage est prévu mais n’a pas été mis en œuvre car, il y a un an, il a été gêné », indique Bertrand Zimmerman, directeur d’Icade, en référence à des coutumiers et des riverains qui ont alors empêché ces travaux.
Débuté il y a une dizaine de jours, le chantier du Pôle hospitalier privé doit durer 48 mois. Mais doit s’arrêter à 80 mètres du bord de mer. Estimés à 13,2 milliards de francs, les travaux doivent générer 400 emplois. Etendue sur une superficie de 30 000 m2, la clinique comportera 300 lits et douze salles d’opération. Et de nombreux services : chirurgie de jour, rééducation fonctionnelle, laboratoire d’analyses, maternité, hémodialyse, ainsi qu’un pôle imagerie scanner et une IRM. A terme, une centaine de médecins y travailleront quotidiennement.
 
Réfléchir. Tandis que les engins de Colas s’activent pour tenir les délais d’une livraison en 2018, Pascal Olejniczak, directeur d’exploitation de la clinique Ile Nou-Magnin, s’étonne de la situation. « C’est pourtant positif d’avoir un établissement de santé avec des urgences ouvertes 24 heures sur 24. Au niveau du désenclavement, c’est quand même intéressant », avance-t-il. D’autant que d’ici l’ouverture du pôle, il espère avoir les autorisations provinciales nécessaires pour pouvoir prendre en charge les titulaires de la carte A de l’aide médicale.
Pour réfléchir à la situation, le clan Bétoé, opposé jusqu’à il y a peu au projet (notre édition du 5 août), convoque une réunion publique à laquelle sont invités les habitants de la presqu’île, le Sénat coutumier, les deux collectifs et les médias, ce soir, à 18 heures, devant la maison de Julienne Bétoé, à deux pas du nakamal du Centre de formation des apprentis (CFA).
Dans un communiqué rédigé dimanche, le Cedhak et le collectif Touche pas à ma plage annonçaient pour leur part des manifestations pacifiques les 15, 16, 17 et 18 novembre, devant le haut-commissariat, pour interpeller le président de la République « sur la rétrocession des terres aux Kanak conformément à l’accord de Nouméa ».
 
LNC

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