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Nouvelle-Calédonie – Les habitants entre compréhension et amertume face aux restrictions d’alcool

lundi 8 avril 2019

Consommer de l’alcool à la rivière, hors aires aménagées, ou dans les quartiers sera sanctionné. (Photo : LNC)

Consommer de l’alcool à la rivière, hors aires aménagées, ou dans les quartiers sera sanctionné. (Photo : LNC)

“Il fallait intervenir avant de pénaliser tout le monde. La petite famille qui aime boire une bière à la rivière avant de déjeuner sera autant embêtée que l’ivrogne.” Samedi dernier, à Dumbéa-sur-Mer, quartier touché par l’interdiction de consommer de l’alcool dans des lieux publics de la commune, Bertrand oscillait entre résignation et incompréhension. “On sait depuis longtemps qu’on n’a pas le droit de consommer de l’alcool sur la voie publique. Ce que je ne comprends pas, c’est qu’on ait attendu qu’il y ait des débordements pour intervenir. C’est comme la vitesse : on attend que les choses se dégradent, alors qu’on devrait insister sur les interdits déjà en place.”

Si les motivations semblent comprises par certains comme Pascale, qui estime que “si ça n’est pas évident de mettre tout le monde d’accord, c’est déjà bien que le maire ait fait quelque chose” face aux débordements évoqués sans relâche dans les conseils des quartiers proches de la rivière (trou des nurses, Dumbéa rivière), des questions se posent sur le cadre du dispositif.

“Combien y a-t-il d’aires aménagées à la plage de Nouré ? S’il n’y en a qu’une tous les 500 mètres, comment vont faire les gens ? Est-ce qu’on aura le droit d’installer notre table de camping ? demande Bertrand. Qu’est-ce que ça veut dire aux heures habituelles de repas ? Et si j’ai envie de me baigner jusqu’à 14 heures avant de déjeuner ?”

 

Afficher et appliquer

 

Quid des contrôles, les contrevenants pouvant être verbalisés par les forces de l’ordre, s’est interrogé un groupe de Nouméens venus pique-niquer avec leurs enfants, samedi dernier, au parc Fayard, et qui ne se sont pas privés de boire une bière en apéritif malgré l’interdiction en vigueur avant même l’arrêté gouvernemental.

“C’est bien de faire des arrêtés mais encore faut-il les afficher, et les faire appliquer. Je n’ai vu personne à l’entrée pour contrôler”, a pointé l’une des mères, qui pense, comme ses amis, que les restrictions de vente d’alcool ont déjà prouvé leur inutilité.

“Je le prendrais mal si on me mettait une amende pour deux bières, renchérit l’un de ses amis. C’est normal que ceux qui abusent soient réprimandés, mais s’ils se le permettent, c’est qu’ils se disent qu’ils ne seront pas inquiétés (…). Des contrôles de vitesse, ça, il y en a, mais il faudrait peut-être faire souffler les gens le week-end dans la journée. Après, on sait bien qu’il n’y a pas de moyens.”

Si certains avouent boire “raisonnablement”, ils partent souvent avant 17 heures pour “éviter les ennuis”. “Un pique-nique, ça devrait rester convivial. Le problème ici, c’est que ça dérape toujours”, se désole Anne (le prénom a été changé), qui aimerait que l’interdiction soit “étendue à tout le pays. On voit les gens boire à l’Anse-Vata ou au Ouen-Toro, ça me fait rire.”

Adèle, du pic aux Chèvres, elle, trouve ça “génial. Les parcs en bas de chez moi sont toujours bruyants, la nuit, à cause de jeunes qui boivent”. Jeunesse qui n’est pas seule responsable nuance Bertrand. “Nous, c’est plutôt les vols, mais c’est vrai que j’entends des voisins se plaindre de ceux qui boivent à la mise à l’eau, confie Corine, de la Pointe-à-la-Dorade. Ça ne changera pas mon quotidien.”

Mais peut-être bien celui d’Ashley, 16 ans, qui ne consomme pas d’alcool et qui espère du changement. “J’ai déjà perdu des proches à cause de ça. Le problème, c’est que tout le monde boit, mes voisins sur le parking comme les jeunes à l’intérieur de mon lycée.”

 

Les Nouvelles calédoniennes

 

 

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