Nouvelle-Calédonie : hommage aux leaders indépendantistes tombés il y a 30 ans

mercredi 14 janvier 2015

La mort de Marcel Nonnaro et d’Éloi Machoro sont une page d’histoire à Canala, de la tribu de Mia à celle de Nakéty. “Ce n’est pas un souvenir, mais un devoir de mémoire”, juge Louis Kotra Uregei, du Parti travailliste.
La tragédie est survenue il y a trente ans. Le 12 janvier 1985, la tension est extrême, après la disparition du jeune Yves Tual, tué la veille sur la propriété familiale de Boulouparis.
Les deux leaders indépendantistes, accompagnés d’une trentaine d’hommes, sont encerclés par les gendarmes, dans une vallée de La Foa, sur la route menant à la tribu de Oui Poin. Tôt le matin, des coups de feu résonnent. Le décès par balles de ces fidèles de l’Union calédonienne (UC) est constaté au petit matin. L’état d’urgence et un couvre-feu sont décrétés sur le territoire.
Trois décennies se sont écoulées et l’empreinte d’Éloi Machoro est toujours vive. Au-delà du portrait retrouvé sur les murs ou les tissus, “ce qui reste, c’est l’image d’un combattant qui a résisté à l’ordre colonial”, note Boaé, 14 ans, venu de Poya. La photo du coup de tamioc sur l’urne le 18 novembre 1984 a fait le tour du monde et participé à une réputation.
“Dans le camp indépendantiste, il reste une figure emblématique. Dans l’autre camp, c’est le terroriste, le sanguinaire”, observe Olivier Houdan, porte-parole de l’association ayant pour but d’ériger un mémorial aux victimes des Événements. Selon l’historien, les opposants ont monté en épingle une image négative du militant à la célèbre moustache, la période étant propice à ce genre de déformation.
 
Quelles que soient les opinions politiques, le natif de Nakéty incarne toujours aujourd’hui la lutte pour la reconnaissance de l’identité kanak. Voilà pourquoi toute la famille indépendantiste, des composantes du FLNKS à la Dynamik unitaire Sud, a rendu des hommages, et a rappelé sa volonté d’unité dans la perspective de voir émerger “une nouvelle nation” en 2018.
De Nonnaro et Machoro, “je retiens leur engagement, au-delà des convictions, jusqu’à la mort”, indique Hervé Magueï Tein-Taouva, maire UC de Kaala-Gomen, qui rejoint une analyse de sa camarade de parti, Caroline Machoro.
“Des jeunes voient dans Éloi un héros, c’est bien d’avoir quelqu’un en qui se reconnaître”, estime la sœur du combattant disparu il y a trente ans. “Mais il faut aussi qu’ils puissent savoir exactement pourquoi cet homme-là a fait cela. Et c’est peut-être là qu’il y a un manquement.” Pour beaucoup des présents à Canala, c’est d’abord aux parents de fournir les éléments de compréhension. L’histoire est complexe et elle ne doit pas être le terreau de mauvaises interprétations.
 
Les Nouvelles calédoniennes
 
 

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