Nouvelle-Calédonie – Interview du président du groupe d’experts de l’ONU, Flavien Misoni

    vendredi 26 août 2016

    président

    Flavien Misoni a remis le rapport de l’ONU au président du Congrès et au représentant de l’État qui le transmettra
    à la ministre des outre-mer. (Photo : LNC)

     

    “Il faut inciter tous ceux qui en ont le droit à s’inscrire”

     

    Les émissaires de l’ONU ont remis hier leur rapport d’observation sur la préparation de la liste référendaire. L’occasion pour leur président, Flavien Misoni , d’exprimer son souhait d’un scrutin irréprochable.

     

    Les travaux d’établissement de la liste référendaire se sont-ils déroulés de façon plus sereine que ceux concernant les listes provinciales ?

    Lors du démarrage des travaux, comme il s’agissait d’une première expérience, il y a eu beaucoup de discussions, notamment pour établir une méthodologie de travail. Il y avait une certaine appréhension.

    Mais à partir de la deuxième semaine, un climat de sérénité s’est installé. Cela ne veut pas dire qu’il y avait toujours consensus, il y avait parfois des désaccords, mais ils ne s’exprimaient pas dans un climat de tensions.

    Ces travaux ne sont pas terminés, ils vont se poursuivre en 2017 et 2018, et je crois que la méthode mise en place va permettre aux choses de bien se dérouler et de continuer sur cette lancée.

     

    Quelles sont les principales recommandations formulées dans votre rapport ?

    Il y en a plusieurs. Nous avons beaucoup insisté sur la nécessité de récupérer tous ceux qui n’ont pas été pris en charge par le fichier.

    Cela concerne une partie des personnes de statut civil coutumier, cela concerne aussi les jeunes majeurs qui ont parfois des difficultés à établir leur lien de filiation avec des parents déjà inscrits, et tout autre électeur qui aurait un droit légitime à figurer sur la liste de la consultation.

    Nous avions déjà suggéré dans notre rapport sur la révision de la liste provinciale qu’une campagne de proximité soit effectuée pour inciter les gens à s’inscrire sur la liste générale. Nous formulons la même recommandation pour l’établissement de la liste référendaire.

    Il faut inciter tous ceux qui le peuvent à faire cet acte volontaire d’inscription pour que les commissions administratives puissent ensuite les faire figurer sur la liste spéciale.

     

    Avez-vous senti des velléités de fraude ou de tricherie ?

    Dans notre rapport, vous ne trouverez pas de chapitre sur la fraude. Mais il y a certainement beaucoup de développements à opérer pour améliorer le travail technique, faire mieux pour gagner la confiance des parties prenantes.

    Et c’est à travers cette première phase d’établissement du fichier que s’obtiendra la confiance des acteurs et des électeurs eux-mêmes au moment de la consultation.

    Le rapport que nous déposons aujourd’hui vise précisément à suggérer des dispositions pour qu’en 2017 et 2018, ce travail soit complété au mieux afin qu’on arrive à l’échéance de la consultation avec un fichier électoral crédible et exhaustif.

    Tous les acteurs doivent se mobiliser pour ça, y compris la presse. J’insiste sur le fait que l’existence d’une inscription d’office pour une grande partie des électeurs figurant déjà sur la liste générale n’exclut pas non plus des démarches volontaires.

    Chacun peut aller vérifier à la mairie de son domicile s’il a bien été inscrit et, si ce n’est pas le cas, faire le nécessaire. Deux démarches valent mieux qu’une.

     

    Quel regard porte la mission de l’ONU sur la revendication de mouvements indépendantistes visant à obtenir l’inscription automatique des personnes de statut civil coutumier non inscrites sur la liste générale ?

    Notre mandat est cadré. C’est une mission technique. C’est-à-dire que l’on travaille avec les textes qui existent. Aux autorités maintenant, à partir des difficultés posées, de voir si les réponses passent par les textes tels qu’ils sont ou si les textes méritent des aménagements.

    Nous nous réjouissons que cette question du fichier du statut civil coutumier va être prise en charge. Je comprends que des concertations vont s’engager dès la semaine prochaine.

    Les questions politiques, nous ne les avons pas abordées. Cela sortait du périmètre de notre mandat.

     

    La mission a-t-elle néanmoins subi des pressions ?

    Nous nous réjouissons tout d’abord d’avoir été accueillis. Nous avons travaillé en toute neutralité et en toute indépendance. C’est le premier principe de travail des experts du système des Nations unies. Je ne dirais pas que nous avons subi des pressions, non.

     

    Les Nouvelles calédoniennes

     

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