Nouvelle-Calédonie : la croisière suit son rythme

lundi 26 janvier 2015

Ça se bouscule aux portes de la gare maritime de Nouméa. Chaque jour, les géants des mers se succèdent, déversant leur flot de croisiéristes sur le quai.
Et pour cause. Depuis 2009, le Port autonome enregistre chaque année une hausse de 29 % du nombre de passagers, et de 22 % du nombre de bateaux. Si, selon le dernier bulletin de l’Isee, 2014 marque un léger repli des arrivées (-9 % sur un an) par rapport à 2013, la nouvelle année est déjà surbookée. 170 escales sont programmées en 2015, ce qui représente un total de 350 000 passagers.
 
Essor. Comment justifier un tel succès ? En plein essor, le tourisme de croisière bénéficie du circuit de son voisin australien, lui-même en pleine expansion. Idéalement située, la Calédonie est à environ une journée des trois autres destinations du circuit classique : Vanuatu, Fidji et Australie.
Autre facteur de cet enthousiasme : l’image de la croisière touristique rajeunit, et se « démocratise ». « Avant c’était plus réservé aux retraités. Aujourd’hui, les familles, les célibataires et les bandes de copains sont de plus en plus séduits », argumente Vincent Than-Trong, gérant de l’agence Kenua, qui gère la quasi-totalité des escales sur la capitale.
La carte « confort » de la formule « tout compris » y serait également pour quelque chose. Une option qui permet de visiter plusieurs sites, avec une prestation de qualité et à un coût moindre. Le tout sans avoir à défaire les valises. « Avec un premier prix à 800 dollars pour cinq jours sur quatre à cinq escales, c’est aussi cher qu’en avion », remarque Fabrice Lecomte, manager de Lyvaï transport. Une première approche pour le visiteur, qui lui permet d’envisager un retour en long séjour.
Infrastructures. Si le succès est au rendez-vous, au regard de ce que ces passagers dépensent à terre, « l’impact sur l’économie reste mesuré », note l’IEOM dans son dernier bilan. Taxi ou transport en commun, locations de vélo ou de voiture, cafés, bars, snacks, restaurants, excursions, shopping… : sur une courte durée, c’est-à-dire six ou huit heures, un croisiériste dépense près de 5 000 francs, selon l’Isee. Ce qui représente un volume monétaire de 1,6 milliard pour l’année 2013.
Pour gonfler ce chiffre, les autorités publiques visent entre 800 000 et un million de croisiéristes d’ici dix ans. De quoi franchir la barre des 4 milliards de francs. Mais pour absorber un tel flux, encore faut-il des infrastructures adéquates. A ce jour, le quai peine à accueillir deux paquebots. « On est obligé de refuser des escales faute de place », indique Vincent Than-Trong.
Pour répondre à l’explosion de la demande, le Port autonome prévoit dans son schéma directeur 2012-2023, une extension du quai de façon à pouvoir accueillir un troisième paquebot dans la grande rade.
Toujours au rang des infrastructures, le tourisme de croisière souffre de quelques lacunes. Débarqués en plein centre-ville, les touristes peinent à s’orienter faute de signalétique adaptée. Pour y répondre, « un plan de la ville est en gestation, indiquait récemment dans nos colonnes Marie-Noëlle Lopez, adjointe en charge de la dynamisation du centre-ville. On envisage également la proposition de circuits touristiques piétons. » Des « professionnels de l’accueil » pourraient également bientôt déambuler aux côtés des croisiéristes. Bref, la réflexion est engagée.
 
LNC

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