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NOUVELLE-CALÉDONIE – L’accord de Matignon : Il y a trente ans, l’accord historique de paix

mardi 26 juin 2018

“Courageux” et “visionnaires”, Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou échangent une poignée de main. Un geste inimaginable quelques mois plus tôt. (Photo : Les Nouvelles calédoniennes)

“Courageux” et “visionnaires”, Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou échangent une poignée de main. Un geste inimaginable quelques mois plus tôt. (Photo : Les Nouvelles calédoniennes)


Le 26 juin 1988, il y a tout juste trente ans, deux hommes d’exception, le loyaliste Jacques Lafleur et l’indépendantiste Jean-Marie Tjibaou, scellaient la paix dans une Nouvelle-Calédonie ensanglantée, avec l’accord de Matignon. La poignée de main a engagé le pays sur une voie nouvelle.

L’image des deux hommes en costume a autant de poids que les mots. La poignée de main entre le loyaliste Jacques Lafleur et l’indépendantiste Jean-Marie Tjibaou invite à la conciliation et engage un nouvel avenir pour la Nouvelle-Calédonie. La promesse a tenu, avec trente ans de paix dans les villes et villages. Le 26 juin 1988, l’accord de Matignon était signé, à Paris.

Michel Rocard aimait indiquer que cet événement né dans la douleur était l’un des plus beaux souvenirs de sa vie politique. Le Premier ministre d’alors a toujours salué le “courage” et la “responsabilité” des deux chefs de camp réunis autour de la même table. L’odeur du sang émane de la première phrase de la déclaration commune adoptée au terme des négociations menées durant la nuit. “Les communautés de Nouvelle-Calédonie ont trop souffert, dans leur dignité collective, dans l’intégrité des personnes et des biens, de plusieurs décennies d’incompréhension et de violence.” Le paroxysme de la période dite des Événements est atteint le 22 avril 1988 à la gendarmerie de Fayaoué à Ouvéa et le 5 mai avec l’assaut de la grotte.

Bilan total très lourd : dix-neuf indépendantistes, quatre gendarmes et deux autres militaires tués. Alors que François Mitterrand goûte aux premiers jours de sa réélection à la présidence de la République, Michel Rocard envoie en Nouvelle-Calédonie une délégation oecuménique, la “mission du dialogue”, dirigée par Christian Blanc.

 

 

“Ensemble” et “impopularité”

 

Complexe et délicate, l’ambition, affichée par ces préfets, représentants catholiques, protestants, et francs-maçons, est de faire circuler à nouveau la parole dans une Calédonie plongée dans le deuil et les tensions. La situation de quasi-guerre civile doit cesser. Les deux groupes ennemis, le FLNKS et le RPCR, se retrouvent à Matignon, et entament des négociations sous l’égide du Premier ministre Michel Rocard. Ces discussions tripartites et nocturnes aboutissent à la signature d’un accord le 26 juin, complété par un nouvel accord, dénommé Oudinot, le 20 août. Le pas est considérable.

Outre la reprise de l’autorité administrative directe de l’État français sur le territoire, pour une année, la création de trois provinces, Sud, Nord et Îles, est prévue. Tout comme une politique de rééquilibrage. L’organisation d’un scrutin d’autodétermination en Nouvelle-Calédonie dans les dix ans, en 1998, est admise.

Vote ouvert aux électeurs résidant en Nouvelle-Calédonie depuis au moins dix ans en continu. L’amnistie totale est discutée, puis instaurée. “Si on est d’accord pour faire le pari de construire ensemble maintenant, j’insiste sur le “construire ensemble maintenant”, c’est aussi un pari pour construire ensemble après”, observait Jean-Marie Tjibaou, dans la capitale. “Lorsqu’on a la chance d’entrapercevoir la possibilité de recréer des conditions de dialogue et de paix, on ne les laisse pas passer, fut-ce au prix d’une impopularité, peut-être passagère ou définitive, mais dont on sait, dont on a la conviction personnelle que c’est la seule solution”, soulignait à son tour Jacques Lafleur, alors député, en 1988, peu avant le référendum sur les accords de Matignon-Oudinot et la loi inhérente.

Ce 6 novembre, à l’issue d’un scrutin national, les dispositions sont adoptées par 80 % des votants en Métropole. En Nouvelle-Calédonie, le “Oui” est beaucoup moins massif : 57 %. Les communes indépendantistes ont salué la poignée de main, tandis qu’à Nouméa, terre loyaliste, le
“Non” domine nettement, et que dans les Îles, l’abstention st forte. Le pays vient de tourner la page des violences, et entre dans une nouvelle ère.

 

Les Nouvelles calédoniennes

 

 

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