Nouvelle-Calédonie : le FLNKS contre-attaque et va à l’ONU

mardi 7 octobre 2014

Après avoir pratiqué la politique de la chaise vide au Comité des signataires, le FLNKS met les bouchées doubles. Devant le comité de décolonisation de l’ONU la nuit prochaine. Et par l’envoi d’une délégation de l’UC à Paris, en fin de semaine.

« La suite logique de la démarche de tenir l’ONU informée du processus de décolonisation et d’émancipation » en cours. Ainsi Gérard Reignier présente-t-il le sens de l’intervention des trois délégués du FLNKS à New York, la nuit prochaine. En fait d’intervention, seulement deux des trois représentants indépendantistes prendront la parole : Roch Wamytan et Daniel Goa. Mais pas Mickaël Forrest, en charge des relations internationales du mouvement, et qui s’était exprimé au nom du mouvement fin juin.
Devant la même instance, Roch Wamytan avait livré un plaidoyer musclé contre un système accusé de ne pas laisser « une seule lueur d’espoir et de liberté d’avenir à la jeunesse kanak ». En désaccord sur les sujets du corps électoral et du transfert des compétences et après avoir boudé le Comité des signataires la semaine dernière, Roch Wamytan puis Daniel Goa, dans cet ordre-là, devraient légitimement donner de la voix sur les bords de l’Hudson River, la nuit prochaine.
 
« Après la visite du comité de décolonisation de l’ONU en Nouvelle-Calédonie au début de l’année, il s’agit pour nous de renforcer les recommandations formulées en conclusion de ses travaux afin qu’elles soient reformulées », dit encore le secrétaire général de l’UC.
Ce retour au micro du mouvement a été précédé hier de la publication d’un long communiqué de l’Union calédonienne, qui s’est laissée le temps de la réflexion pour donner sa lecture du relevé de conclusion du récent Comité des signataires.
Rupture du dialogue de la part de l’État, absence de référence à la citoyenneté calédonienne et à la formation des Calédoniens, non mise en œuvre du transfert des compétences (article 27), échanges sur la stratégie nickel n’ayant « rien donné » : les griefs sont nombreux, et sonnent comme autant de légitimation de la politique de la chaise vide.
En conclusion, le texte demande à l’État d’ »assumer pleinement son engagement à décoloniser la Nouvelle-Calédonie et de ne pas se limiter à une posture d’arbitre (…) ».
 
En fait, le communiqué introduit aussi les éléments du débat qu’une imposante délégation de l’UC va avoir à… Paris à partir de cette fin de semaine avec diverses instances métropolitaines. Un voyage « à l’invitation du Premier ministre », selon Gérard Reignier.
De retour des États-Unis, Roch Wamytan et le président de l’UC Daniel Goa seront reçus par la ministre des Outre-mer, vendredi. Avec le renfort de Néko Hnepeune, Gilbert Tyuienon, Caroline Machoro-Reignier, Mathias Waneux ou encore Henriette Hmae, des entretiens sont annoncés avec les représentants des cabinets du Premier ministre comme du président de la République.
« Nous sommes toujours pour le dialogue, avance le secrétaire général du mouvement indépendantiste. Encore faut-il entendre et prendre en compte ce que disent les partenaires. »
Interrogé sur le fait de savoir s’il n’eut pas été plus simple d’avancer le voyage d’une semaine afin de débattre en direct avec les autres parties prenantes au dossier, Gérard Reignier estime qu’il « aurait fallu crier » pour être entendu. « Nous avons été invités pour un face-à-face », conclut-il.

Les Nouvelles calédoniennes

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