Nouvelle-Calédonie : le FLNKS en appelle à l’arbitrage de l’ONU

    jeudi 9 octobre 2014

    C’est un point de désaccord sur lequel ils sont bien d’accord. La question du corps électoral – des corps électoraux, en réalité – s’annonce vraiment centrale dans la suite du processus de sortie de l’accord de Nouméa. La « marche tâtonnante mais irréversible de notre peuple vers son indépendance » (Daniel Goa) et la « citoyenneté calédonienne » qui « ne peut pas, ne doit pas se construire sur l’exclusion d’une partie de ses enfants » (Cynthia Ligeard), pour reprendre deux des formules entendues dans l’enceinte de l’ONU l’autre soir, passent l’une comme l’autre par ce que Roch Wamytan a qualifié de « mère des batailles ». Glissant, gelé ? Plus que jamais, les deux camps ont tenu leur position, devant les membres de la quatrième commission des Nations unies en charge de la décolonisation, mercredi à New York (dans la nuit calédonienne, en raison du décalage horaire). Au nom des non-indépendantistes, Philippe Dunoyer a rappelé que le corps électoral provincial était gelé depuis 2007, « ce que nous condamnons ». « Malgré cela (…), l’Union Calédonienne a exigé une nouvelle restriction lors des dernières élections provinciales en demandant l’exclusion de milliers de personnes arrivées avant novembre 1998 », s’est indigné le membre de Calédonie ensemble, dont c’était le tour de prendre la parole à l’ONU en vertu du Contrat de gouvernance solidaire.
    Daniel Goa et Roch Wamytan ont développé une argumentation symétriquement inverse. « Un problème scandaleux », une « fraude électorale » pour le président de l’UC, visant à accompagner « une politique d’immigration massive » menant à la « marginalisation du peuple kanak ». « La réunion du dernier Comité des signataires (…) a décidé de reporter encore le problème, a argumenté Roch Wamytan. Nous sommes désormais dans une impasse. » Pour en sortir, les deux indépendantistes en ont appelé à l’arbitrage de l’ONU, en particulier du comité des 24, avec la France. « Cette médiation pourrait (…) débuter dans les trois mois si rien n’est entrepris par la puissance administrante pour régler ce problème du corps électoral », a avancé Roch Wamytan. Un argumentaire que lui et Daniel Goa auront l’occasion de développer devant la ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin, qu’ils rencontrent à Paris ce vendredi matin. Avec une semaine de décalage sur le Comité des signataires, une forte délégation de l’UC est en effet dans la capitale pour traiter avec les représentants de la France « à l’invitation du Premier ministre ».

    Les Nouvelles calédoniennes

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